‹ La nécropole de MyrinaChapitre 6 sur 488 · Tête de taureau. Très expressive. II. 0m · texte numérisé non relu

Tête de taureau. Très expressive. II. 0m

10. Masque comique d’un joli travail. Coloration brune, cheveux blancs, yeux bleus. H. du visage, 0m,09; de l’ensemble, 0m,12.

» M. Baltazzi m’a fait cadeau de quelques objets que j’ai cédés au Musée de Berlin dans l’été de 1876. Ce sont : un groupe représentant un homme et une femme assis sur une kliné, avec deux petits personnages debout de chaque côté et dont l’un parait tenir une torche funéraire renversée; un Éros dont la tête manque et qui porte les armes d’Hercule; enfin deux boucles d’oreilles en or sans ornements. Je possède encore une Léda sans tête, deux figures féminines nues dans l’attitude assise, quelques têtes, quelques pieds, de jolis fragments de statuettes féminines drapées et le fragment d’une lyre. »

Trois statuettes de Myrina furent encore données au Musée de Berlin en 1880, par M. Épaminondas de Baltazzi. Elles sont brièvement décrites dans Y Archœologische Zeitung de la même année b C’est vers 1876 que les statuettes d’Asie-Mineure, désignées sous le nom général et erroné de terres cuites d’Éphèse, commencèrent à se répandre en Occident. La véritable provenance de ces objets, ignorée de ceux mêmes qui en faisaient le commerce, était Smyrne, Myrina, Cymé ou Pergame. A un moment où les terres cuites de Tanagre étaient recherchées avec passion et où l’industrie d’habiles faussaires s’appliquait déjà à les imiter, les nouvelles venues furent accueillies avec défiance. On ne connaissait encore qu’un petit nombre de terres cuites asiatiques, à savoir les fragments de Tarse, découverts par Barker en 1845 et Langlois en 1852 et conservés dans les collections de Londres et de Paris 1 2, quelques

1. Voyez Archœologische Zeitung, 1880, p. 39 : « Terres cuites d'Asie- Mineure. Figure de femme drapée marchant à gauche. Vieille femme conduisant une jeune fille par la main. Danseuse avec crotale. Provenance de Myrina en Éolide (présents de M. E. Baltazzi). » Le même rapport sur les acquisitions de VAntiquarium mentionne une statuette d’Éros provenant de Cymé en Éolide.

2. Ainsworth et Barker, Lares and Penates, or Cilicia and its governors, Londres, 1853 * Heuzey, les Fragments de Tarse au Musée du Louvre, dans la Gazette des Beaux-Arts, novembre 1876. Cf. Froehner, Terres cuites d’Asie-Mineure, 1881, p. 15 et suiv.

figurines recueillies dans les environs de Smyrne par Borrell et Cadalvène, qui avaient été signalées depuis longtemps par AVelcker ’, et des spécimens de la fabrique de Smyrne, décrits par F. Lenormant dans le catalogue d'une vente publique sous le nom de terres cuites de Sardes 2. Les premières terres cuites dites cl'Ephèse qui arrivèrent en Occident furent acquises par le Musée de Berlin 3 ou se répandirent dans des collections particulières; les amateurs français en exposèrent un certain nombre en 1878, dans la galerie rétrospective du Trocadéro.

11 est curieux de recueillir, dans les revues archéologiques de l'époque, l’écho des controverses que l’authenticité et la valeur artistique des terres cuites d’Asie suscitèrent alors dans le monde des connaisseurs. Au mois de septembre 1878, F. Lenormant, publiant un groupe en terre cuite représentant Bros et Psyché et attribué à l'Asie-Mineur-e, s’exprimait en ces termes 4 :

« Ce joli groupe appartient à la classe des terres cuites dites d’Ephèsc, dénomination dont l'existence est contestée par quelques-uns de ceux qui connaissent ie mieux les provenances les plus habituelles des contrées grecques. Ce qui est du moins certain, c’est que les figurines de cette classe, que la coupable industrie des faussaires commence à imiter sur une large échelle, ont pour origine une des localités de PAsie-Mineure. «

1 WYlcker, Aile Denkmaler, 186i, Y, p. 483 : <■ Den Gebrauch gemalle Vasen denTodtenin die Grùber beizugeben scheint in Kleinasien nicht stattgelunden zu haben. Wenigstens hat i i 1 1 1 bidier keinc gefunden. Diess darf ich als beglaubigt anselien durcli die Aussage Herren llon-i II in Smyrna und Cadalvene in Conslanlinopel, die, der eine in Smyrna seit 23, der h < 1 r • ■ i 1 1 1 Orient seit 20 Jahren sicli aut'hiellen und beide unausgesetzt auf aile Arien von A 1 ' i*i-i lit'imcrn dire Aufmerksamkeil richteten. Bei Iirn Borrell sah ich in einer durcir vielerlei I. • 1 1 1 ■ 1 1 s wert lie Aller lliümcr ausgezeichneten Sammlung nur zwei kleine gemalte Vasen von Milu und l'in grosses Gefass mit groben Verzierungen aus Tenedos. Dagegen sindin Kleinasien i. i /, (inïbcrn zuweilen sehône kleine Thonfiguren gefunden worden, deren Itr Borrell eine zicm- I 1 1. ■ Anzahl, ganz oder in Bruchstücken, besitzt. Aus einem Grabe wurden vier der schôns- 1 i wi iiiliclieu Gewandfiguren die man sehen kann gezogen, wovon zwei vôllig erhalten bei IP" > ulalvene sind, Seitenslucke nach der hochst geschmackvollen Bekleidung und durch den (. n/.ilz des Gesicbtsausdrucks, der bei der einen, die das Kopf mit dem l'eplos gedeckt li ■> 1 . trnnrig, b d der andern, die bekrantz ist, heiler ist. Die beiden andern, die zerslückt \ i'"i. -ind an llrn Borrell gekommen. Die Hùbe ist ungefa.br ein Palm. »

2 1 . I."ii"i mant, Catalogue île la Collection de M. Eugène P[iot), Paris, 1870, nos 228-221.

\ .ir l'ouvrage intitulé Griechische Tcrracotten aus Tanagraund Ephesos im Berliner Mutr-um, Berlin, 1878.

\ IC vue archéologique, 1878, 11, p. 137 et pl. XIX.

HISTOIRE DES FOUILLES

Et dans deux autres articles publiés la même année :

« Notons que M. 0. Rayet conteste l’exactitude de la désignation de terres cuites d’Éphèse. Il a de fortes raisons de penser que tous les monuments authentiques de cette espèce, qui sont arrivés depuis deux ans en Occident, sortent d’une même trouvaille, faite à Smyrne auprès des bords du Mêlés... Je dis tous les monuments authentiques, car en ce moment la terre cuite dite d’Éphèse est l’objet d’une exploitation fort étendue de la part des faussaires... Dans celles qui arrivent journellement de l’Orient dans le commerce, nous avons même eu l’occasion de voir des réductions de Thorwaldsen et de Yogelberg dont on avait fait des terres cuites d’Éphèse... Excellentes dans les premiers envois, les terres cuites d’Éphèse ne doivent plus être achetées qu’à bon escient et après un examen très soigneux l. » — « Pour ma part, j’ai peine à comprendre l’engouement dont les amateurs se sont pris pour ces monuments. Même en admettant leur antiquité positive, les meilleures de ces statuettes sont très inférieures aux terres cuites de la Grande Grèce, dont aujourd’hui les collectionneurs ne veulent plus entendre parler. Elles sont insipides, vulgaires, sans signification et sans grâce; leur modelé est rond et mou, malgré une certaine finesse. Si elles procèdent d'une école de l’art ancien, c’est de celle des sculpteurs éclectiques de la fin de la République romaine et du commencement de l’Empire. Mais elles en exagèrent les défauts et le manque de caractère jusqu’à adopter les formes veules, étiolées et vides chères à Canova et à son école 2. »

Les mêmes doutes, bien que déjà mitigés, se retrouvent, en 1879, sous la plume de F. Lenormant :

« Une des plus bridantes et des plus délicates questions d’archéologie pratique qui soient soulevées en ce moment, est celle des terres cuites de l’Asie- Mineure éolienne et ionienne, car les produits de la fabrique de Tarse, très nettement caractérisés et depuis longtemps connus, sont en dehors du débat. Celles dont nous voulons parler sont d’abord venues en Europe à l’état de fragments isolés, principalement de têtes, que le commerce apportait sans préciser exactement leur provenance... C’est seulement depuis deux ou trois ans, depuis l’épuisement de la nécropole de Tanagre, que les marchands grecs ont transporté leurs opérations en Asie-Mineure. Adroitement conduites, les fouilles ont bientôt amené la découverte de nombreuses figurines, les unes intactes, les autres faciles à restaurer, présentées dans le commerce sous le

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