Gazette archéologique, 1878, p. 201 et suiv
2. Traduit d’un article de Lenormant dans la Contemporary Review, 1878, p. 858 et suiv.
nom générique de « terres cuites d’Éphèse »... On a vu à Berlin certaines statuettes dites « d’Éphèse » acquises d’abord par le Musée comme excellentes, puis rejetées. A Paris, quelques-uns des maîtres qui font autorité en matière d’archéologie 1 tiennent en suspicion la classe presque entière des terres cuites d’Asie-Mineure, tandis que des appréciateurs très fins et très érudits, comme M. 0. Rayet, en acceptent, au contraire, la majeure partie pour antique et font valoir de sérieuses raisons en faveur de leur authenticité... La question est d’autant plus délicate qu’aucun des adversaires les plus décidés de cette catégorie de monuments ne nie qu’il y en ait d’excellents, et qu’aucun de leurs défenseurs, non plus, ne conteste l’existence de falsifications... Ce qui importe, c’est d’arriver à posséder un certain nombre de types d’une authenticité et d’une provenance également incontestables, qui puissent servir de hases solides à la critique de la foule des figurines dont l’aspect est douteux et dont l’origine précise demeurera toujours inconnue... Les terres cuites de l’Asie- Mineure ne prendront définitivement droit de bourgeoisie dans la science que lorsqu’on aura pu parvenir à la certitude dans la détermination de leur antiquité et de leur source de fabrication 2. »
M. Olivier Rayet, dont Lenormant invoque plusieurs fois le témoignage, et qui devait à ses longs séjours en Orient une autorité particulière en matière de terres cuites, a décrit avec quelque détail les figurines d’Asie-Mineure exposées en 1878 au Trocadéro 3. Il indique successivement les fabriques de Smyrne, de Magnésie, de Méandre, de Pergame, de Milet, de Mylasa, de Tarse, et s’inscrit en faux contre la dénomination impropre de terres cuites dEphèse , sans mentionner les nécropoles de Cymé et de Myrina, dont la seconde lui était encore inconnue. Dans le catalogue de sa collection particulière publié en 1879 4, M. Rayet a consacré une page très intéressante à la question des terres cuites d’Asie-Mineure. Gomme le catalogue où elle a été imprimée est devenu fort rare, nous croyons devoir la reproduire ici, pour bien marquer l’état du problème au moment où les fouilles de Myrina allaient commencer :
« Les figurines d’Asie-Mineure proviennent de plusieurs fabriques. Celles