‹ La nécropole de MyrinaChapitre 96 sur 488 · V. [dus haut, p. i · texte numérisé non relu

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.'t. V. plus haut, p. 102 et note 4.

LES FIGURINES DE TERRE CUITE

et plus il est difficile, sinon impossible, de la retrouver intacte *.

Les couleurs employées pour peindre les terres cuites ne paraissent pas avoir subi de cuisson; au moins cette cuisson doit-elle être extrêmement légère. Elles sont peu adhérentes à la pâte et se détachent facilement1 2. Cependant on ne les a pas appliquées directement sur l’argile; on a placé d’abord une teinte blanche qui forme un dessous sur lequel les couleurs ont l’avantage de prendre plus d’adhérence et de ressortir avec plus de vivacité : cette teinte blanche est simplement un bain de lait de chaux dans lequel on a fait tremper la face antérieure de la statuette 3. Les couleurs n’ont une vraie solidité que lorsqu’elles sont recouvertes ensuite d’une espèce d’enduit vitreux qui donne à toute la figurine une apparence vernie. Quant aux figurines proprement vernissées, l’usage en est très rare à Myrina : il est plus fréquent à Tarse et peut-être à Cymé et à Smyrne, où l’on a trouvé quelques spécimens remarquables de ce genre de céramique 4. On rencontre même en Grèce des exemples d’une technique analogue 5.

Les couleurs d’ornement qui servent à peindre le visage, les cheveux et les vêtements, sont le rouge et le rose, le bleu, le noir, le

1. Les restaurations modernes portent surtout sur les accessoires qui sont faciles à refaire et qui complètent heureusement une figurine, en rendant le sujet facile à comprendre. En réalité, ils manquent huit fois sur dix dans les statuettes antiques; car les extrémités, en particulier les mains avec les objets qu’elles tenaient, disparaissent en premier. Ce qui se conserve le mieux dans une figurine, c’est naturellement le socle, puisqu’il est plus épais et de forme plate ou ronde. Pourtant, que de statuettes voit-on offertes à haut prix dont un hasard ingénieux a respecté pieusement les figures, les corps et les moindres accessoires, en reportant sur le socle les mutilations légères qui semblent n’ètre là que pour témoigner complaisamment de l’antiquité de l’objet!

2. M. Rayet pense que certaines couleurs peuvent avoir passé au four à une température peu élevée, mais que les teintes délicates n’ont été mises qu’après la cuisson (Gazette des Beaux-Arts, avril 1876, p. 310).

3. C’est cette couleur blanche dont nous avons noté les traces presque sur chaque statuette du Catalogue.

4. Cf. Lenormant, Catalogue de la Collection Raifé, n° 1047 bis. Le Musée du Louvre possède d’importants spécimens de terres cuites vernissées qui ont été rapportés par M.S. Rcinacli de Smyrne. Les uns ont été vendus comme découverts à Smyrne même — indication qu’il y a tout lieu de croire exacte, — les autres comme provenant de Cymé. M. Reinach a trouvé dans la nécropole de cette dernière ville la partie inférieure d’une statuette en terre cuite vernissée qui est aujourd’hui au Musée de Constantinople. Pour l’analyse de ce vernis, cf. Bulletin de Correspondance Hellénique, 1884, t. VII, p. 78.

5. Cf. Rayet, l. c.; Stephani, Compte-rendu de Saint-Pétersbourg p. 1870-71, pl. i; Furtwaengler, Collection Sabouroff, pl. xcv.

jaune, le brun, le vert. La teinte est franche et n’admet pas de nuances variées sur la même figurine. Les différentes teintes du rouge et du bleu sont de beaucoup les plus fréquentes, comme on l’a déjà remarqué souvent b La couleur verte est moins usitée, sans être cependant une exception aussi rare qu’on le suppose généralement 1 2 ; du moins les terres cuites de Myrina en offrent des exemples assez nombreux, surtout sur les ailes. Le jaune est le plus souvent réservé pour servir de support à la dorure; on le remarque sur la tranche des ailes, sur les franges des tuniques, sur tous les accessoires qui devaient être dorés. Lorsque les couleurs sont bien conservées, on constate que la statuette est entièrement peinte et que rien ne devait paraître de l’argile, si ce n’est sur la partie postérieure. Les chevelures sont traitées en brun jaune; les sourcils et les yeux, marqués d’un trait noir; la bouche, d’un trait rouge; les parties nues du visage et du corps portent une teinte unie de brun-rouge, imitant la chair3. Les draperies sont ordinairement bleues ou roses, quelquefois blanches avec des bandes de couleur bleue, jaune, rose ou rouge vermillon 4. La vraisemblance n’est pas toujours observée dans le choix de ces couleurs dont on brossait rapidement au pinceau la statuette : ainsi l’on trouve du bleu sur les feuillages qui couronnent les têtes de certains personnages ou sur la toison d’un bélier; ce sont les marques d’un travail hâtif et machinal 5. Quelquefois des ornements sont tracés au pinceau fin pour imiter des bracelets sur les bras, des cordons de sandale sur les pieds, etc. Il n’est pour ainsi dire pas de statuette sur laquelle on ne saisisse quelque trace de couleur et l’on peut poser comme règle certaine que toutes les statuettes étaient peintes 6. Il

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