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autre, en présence des scolastiques de Carthage. C’était une auge formée de grandes dalles, en
Fig. 36. Vache en terre cuite.
partie envahie par la terre d’infiltration amenée par l’eau des pluies. Ce tombeau, parallèle à la mer, mesurait intérieurement !2m06 de longueur, 0m59 de largeur et un mètre de hauteur. Le corps y avait été déposé avec les pieds du côté des anciens ports et la tête du côté du cap Carthage ou Sidi Bou-Saïd. A gauche du squelette, à 0m31 du fond de l’auge et à 0m2!2i au-dessous des dalles
formant plafond, existait une niche mesurant 0m21 sur 0m26 d’ouverture avec Om/IO seulement de profondeur. A la première inspection de cette tombe on voit émerger, sur la droite du squelette, une urne à double oreillon. Elle a son couvercle, mais il est renversé et elle conserve des traces d’ossements comme si le corps avait été placé par-dessus. Une fois ôtée et débarrassée de son couvercle, elle laisse voir sur ses parois intérieures les traces blanchâtres du liquide qu’elle contenait au moment de l’inhumation. C’est contre cette urne que se trouvaient les deux petites fioles qui étaient de terre brune. La lampe et sa patère, de terre rouge, avaient été déposées près du jarret droit. Enfin, vers la tète, on recueillit la hachette de bronze. En tamisant la terre on ne trouva qu’un grain de collier et deux scarabées à hiéroglyphes, renfermant chacun un cartouche.
Le 20 avril, dans un tombeau qui renferme des objets de parure et de toilette en or, en argent et en bronze, des amulettes, des scarabées et des morceaux d’œufs d’autruche, on trouve une fibule de bronze (fig. 37) et un gobelet de terre rouge, tout à fait semblable de forme aux godets du curieux lampadaire ou vase à offrandes décrit plus haut.
Le 24 avril, on découvre une simple fosse fermée de grandes dalles. Mais une de ces dalles offre cette particularité qu’elle est percée d’un trou carré de 0m1 5 de côté, peut-être destiné à
communiquer avec le mort dans son tombeau.
Fig. 37. Fibule et épingle.
On y trouve, avec les poteries ordinaires, des morceaux d’œufs d’autruche portant les traits peints d’un visage, un globule d’or de collier et une quantité d’autres grains et amulettes.
Le 25 avril, dans un autre tombeau contenant un pendant d’or, des grains de collier, des amulettes et des poteries noires, on trouve un sup-
port de vase, un poids en plomb pesant 1 3 gr. 41 et une petite tête égyptienne en pierre blanche, haute de 0m05 et demi (fig. 38).
Enfin le mois d’avril se termine par la découverte, dans les déblais en dehors des tombeaux, d’un fond de patère grecque portant des graffites et une curieuse tête sculptée. Cette tête, haute de 0m^4, est de pierre blanche tendre. C’est une sorte de masque dont le revers est plat et se prolonge sous forme de cube long de 0myl 3. Ce visage était destiné à être appliqué contre une surface plane dans laquelle pénétrait la partie cubique.
1. Voy. dans le Cosmos, 22 mai 1897, p. 661 et 663, une double série de poids carthaginois en plomb.
Fig. 38. Tête en pierre blanche.
Une mortaise creusée pour recevoir une clavette servait à fixer cette pièce de sculpture.
L’expression de cette tête est douce et placide. La chevelure formée de mèches semblables à des flammes est séparée au milieu du front et disposée avec symétrie. Il en est de même de la barbe, dont les mèches sont cependant moins effilées. La moustache peu fournie au-dessus de la lèvre s’épaissit largement des deux côtés de la bouche. Celle-ci est légèrement ouverte.
De plus, cette tête à expression si singulière était cornue : les cornes qui sont brisées, mais dont on reconnaît parfaitement la place, devaient être courtes comme des cornes naissantes. Nous avons peut-être là une image du Baâl cornu, analogue à l’ Astarothcarnciim de la Bible, .qui était honoré au sommet du Djebel Kornîn, la montagne à deux cornes, qui se dresse d’une façon si pittoresque au fond du golfe, vis-à-vis de Carthage.