‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 44 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

II. i-.<i",G(Hinlc

S«e LA nÉERLANUE

successeurs du roi qu'elle avait chassé, où elle résistait & toutes les forces de la France et de la Grande-Bretagne coalisées contre son coin de terre, où la Tamise vit les bâtiments de guerre hollandais entrer daîis ses eaux bannière au vent et voiles déployées. Quand,maintenant on réfléchit aux cauGes d'une élévation-d rapide et si incroyable, on reconnaît avec étoanement que toute cette grandeur historique a son ori^^ dans une barque de pécheurs.

La péohe a été dans les Pays-Bas le berceau de la navigation et du commerce. Comme'dans le corps bumain un oi^ane a besoin du secours des autres organes pour vivre et pour fonctionner, de même chaque contrée dans le monde a besoin, pour prospérer, des produits que donnent les contrées étrangères. Les richesses qui manquent à un pays se trouvent représentées dans ce pays même par le stiperfludes richesses naturelles qui s'y engendrent : c'est cette loi de répartition des denrées qui ouvre aux sociétés la voie féconde des échanges^ La Néerlande manquait de beaucoup de choses nécess^res à la vie, mais elle a trouva dans les mers voisines une lai^e compensation à la stérilité de ses terres labourables. La pèche lui fournissait le poisson en abondance : en répandant sur les autres contrées le produit de ses filets, qui excédait de beaucoup ses besoins, elle obtint du grain et des bois de construction, première origine de son commerce et fondement de la grandeur de ses villes. Son génie industrieux changea et tnins-

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Torma les substances premières par le miracle de l'échange ; c'est ainsi qu'elle fit du p^n, de l'or, du diamaot avec la chair des poissons.

La mer a été pour toutes les sociétés modernes, mais plus particulièrement pour la Hollande, un grand théâtre de développement moral. L'influence que cette masse d'eau a exercée sur la civilisationa été jusqu'ici trop peu remarquée: sans elle l'homme n'eût point acquis pleinement le sentiment de ses forces, il n'eût point tourné les yeux vers le ciel avec une persévérance intrépide pour observer les mouvements des astres; les sciences physiques, l'industrie, les arts utiles, n'eussent point franchi d'un pas si assuré les limites du moyen âge religieux. La Hollande est fille de l'Océan, et, compte le fantôme biblique, elle a marché sur les eaux pour aller à la conquête des richesses.

Il est inutile de' remontée aux textes plus ou moins obscurs qui révèlent l'origine très-ancienne de la pêche maritime sur les côtes de la Néerlande. L'alimentation des races s'est calquée, au début de l'état social, sur les moyens d'existence que leur av£ùt ménagés la nature. he voisinage des forêts et des plaines a fait les peuples chasseurs; le voisinage des lacs, des fleuves et de la mer a fait les peuples pêcheurs. Une grande partie de la population batave vivait donc depuis des siècles du produit de ses filets. Les habitants de la Hollande avaient greffé en outre diverses branches de commerce sur industrie de la pèche bien avant laguerre de l'indépendance. La

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réformatioD n'a pas créé les Pays-Bas; mais si lespéchéries bollandaiseB existaient sans le moindre doute avant la révolution politique et religieuse qui dégagea les Provinces-UnieSj il est vrai de dire que cette industrie, comme d'ailleurs tous les éléments de la fortune publique, puisa dans la liberté une sève et une force nouvelles. C'est alors seulement que le pays se sentit vivre dans sa plénitude, et qu'il commença, selon la parole d'un bistorien, à a jouir des mers. * Aujourd'hui, quoique certaines pêcheries hollandaises soient en décadence, l'importance de cette industrie demeure encore considérable ; on le verra par les cbifires que nous empruntons aux documents officiels- A cet art utile se rattache d'ailleurs un intérêt de grandeur politique et d'indépendance pour les Pays-Bas. Les pêcheries ^bollandaises contribuent Rassurer les moyens d'existence aux classes laborieuses ; .elles forment une pépinière d'intrépides marins, elles donnent naissance à un commerce international qui n'attend que l'abaissement du tarif des douanes pour reprendra un éclat obscurci depuis plus d'un siècle.

Selon la nature des poissons qui se trouvent dans la merduNord,la pèche néerlandaise se divise en plusieurs branches ; mais il est un produit tout national qui peut nous servir de type pour déterminer le caractère des différentes pêcheries locales : c'est le hareng. On suppose que le hareng fut inconnu des anciens; il ne s'est pas trouvé jusqu'ici dans la Méditerranée. Ce fruit de l'Océan

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a été pour les Pays-Bas un élément de grnndeur e de prospérité. Le hareng introduit dans des tonnes a changé les destinées historiques de la Hollande, et par suite les destinées du inonde au seizième et au dix-septième diëcle. Une industrie qui a exercé une si grande influence sur la révolution des Provinces-Unies et sur les événements qui la Biûvirent n'est pas indigne de notre attention (1). Aus« longtemps que la ptebe hollandaise fournira annuellement plus de KO millions de harengs, elle - comptera encore parmi les grandes pèches maritimes de l'Europe.

Les Hollandais distinguent trois espèces de harengs: 1* le hareng pec ou caqiié, nommé en hollandais ^AaoJt^t haring, qui se pèche au nord de l'Ecosse pendant 1' a* le steur-haring, qu'on pèche en automne sur les côtes de Yarmoutb, qu'on sale d'ahord pour le fumer plus tard; et qui, fiiméj prend alors le nom de bokking ; 3° le panharihg, sorte de hareng frais qu'on pèche dans le Zuyderzée, et qui sert de nourriture aux classes pauvres. Depuisun temps immémorial^ les pécheurs de hareng eaqué {gekaakte haring) ont établi le siège de la cor* poration à Vlaardingen et à Maasluis. — Les cètes de la Hollande sont bordées par des villages dont les habitants, coinme ceux de Scbeveningeu et de Katwijk, [déparent le hareng saur {bokking haring). — Enfin les

(I) Le hareng, considéré comme animal utile, a été le enjet d'une étude pleine d'Intérft dans la Revue dei Deux Monde». Voj. la IWraitonda l" janvier 1849.

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