‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 68 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

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sur tous les marchés de l'ancien et du nouveau monde contre les autres nations qui protégeaient la pécbe. C'est même dans l'intérêt de leurs baleiniers que les États- Unis ont cherché dernièrement, par des trûtés de commerce, à tronver des abris sur les cdtes du Japon.

J'ai entendu en Hollande des économistes estimables nier que la pèche de la baleine put se soutenir dans les autres pays. Ha conviction, contraire à la leur, s'appuie sur des faits et sur des chilTres. Jamais cette pêche n'avait atteint en Angleterre le degré de prospérité inouïe auquel elle parvint durant les quinze pren^ères années de ce siècle (1). Fautai) faire honneurde cet heureux résultat à (fi prime, qui s'éleva* il est vrai, depuis 1750 jusqu'en 1824, au cbifTre énorme de deux millions et demi de livres sterling ? Je ne le pense pas. La source du développement que reçut alors cetle branche d'industrie est dans un ensemble de circonstances heureuses pour la Grande-Bretagne. L'empire français, en fermant les mers et en occupant la Hollande, avwt éteint dans la flotte des baleiniers néerlandais une rivalité puissante

(I) Dantlei Esquisses dMCap de Bonne-Espérance, de M. A. W. Gole, ouTrage publié 11 j a peu d'aonéea à Londres, ontrouTeuD chapitre Inléressant £ur les péclierles des cAtee 'de cette coloaie anglaise, oùfëlcmeot hollandais est encore bien vlvace. Dans la baie d'Algoa, Il ï a un établissement Qie pour lu pèche de la baleine : un, seul de ces monstres marins donne SDO livres Eterllng de bénéDce à l'établisBemeDt anglais. ParFols on en prend une trentaine dans une année: mais la encore la baleine a l'inilinct de s'éloigner des votes habitée». Una gardé au Cap une coutunie toute bollandatge; on plante les grandes mAcboJres et lea oa des baleines le long des roules en guise de bornes mUIiaires.

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pour la flotte des baleiniers brilanaiqaes. Les événements politiques contribuèrent alors, beaucoup plus qa'uu encouragement artiâciél, à consolider la fortune de la pêche anglaise. La guerre ayant annihilé les forces et les ressources des pécheurs hollandais, le gouvernement de la Grande-Bretagne offrit toutes les immunités dont jouissent les citoyens anglais aux baleiniers néerlandais qui voudraient venir se fixer en Angleterre.

Plusieurs d'entre eux profitèrent de cette invitation. Ils apportèrent avec eux leur capital, leur industrie et leur expérience. Gr&ce à cette accession de forces nouvelles, la pécbe anglaise de la baleine fut poursuivie dorant quelques années avec un succès qui ne,fut égalé à aucune autre époque. A la chute de l'empire, en 1815, il y avait en Angleterre cent cinquante excellents navires et environ six mille marins occupés à la pèche de la baleine dans les mers du Nord. Il est vrai que cette industrie ne se maintint point à un état de prospérité qui était en partie l'ouvrage des circonstances. Ju lis néanmoins dansdes documents officiels que de 1813 & 1818 il fiit importé en Angletene et en Ecosse 68,940 tonnes d'huile et 13,420 tonnes de baleines, ce qui, en évaluant l'huile à 36 livres 10 shellings et les baleines ii 96 livres la tonne> donne, avec les peaux, un total de 2,834,110 livres sterling, ou 566,823 livres par année. En 1834, la prime fut abolie. Je ne trouve point que la pécbe ait beaucoup souffert de cette mesure législative, car en 1825 cent dix navires, sans autre encouragementque

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leur propre intérêt, rapportèrent en Angleterre 500 baleines doatontira 6,310 tonneaux d'huile à raison de36ii> vres sterling la tonne, et 350 tonneaux de batetnes as prix de â50 à 300 livres. Il y sut cette année-là cinq navires perdus. On voit par ces chiffres que la pèche de la baleine, pratiquée alternativement dans les mers du Grënland et au détroit de Davis, n'avait point alors senùblement fléchi ni sur l'un ni sur l'autre de ces deux théâtres. Elle se maintint jusqu'en 1830, date fatale dans les annales de la pèche. A mesure que, par suite des nouvelles découvertes, le rempart des glaces reculait pour ainû dire vers le pAle arctique, les baleines reculaient avec lui. Il devenait donc d'année en année plus difficile de les atteindre et de les saisir. Les vaisseaux, engagés toujours plus avant dans la glace, se trouvaient, malgré les progrès de la navigation, exposés à plus de dangers. L'année 1830, si fertile en désastres et en aventures trafiques, ne fit que dessiner sous ce rapport une des faces de la situation : dix-neuf navires anglais firent naufrage, et douze furent fortement endommagés ; ou évalua la perte à lasomme énorme de 142,600 llvr. sterl. Ces événements exercèrent une fâcheuse influence sur la pèche de la baleine, qui suivit depuis cette époque, dans les mers du Nord, une échelle de réductions lentes, mais continues. De 1844 jusqu'à nos jours, vingt-huit oo trente navires n'en prennent pas moins part chaque année à cette industrie, qui lutte résolument contre iaai d'obstacles; plusieurs d'entre eux réalisent d'asseï

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grands bénéfices. Un navire baleinier est rentré dernièrement dans le port de Hull,*avec une des plus riches cargaisons d'huile qui revint jamais des mers arctiques^ La pèche de la baleine a donc subi en Angleterre, dans ces derniers temps, des fortunes diverses ; mais si les statistiques avouent un mouvement de décroissance, elles ne contiennent pourtant rien de tout à fait décourageant.

D'ailleurs, — et c'est ici le côté important de la question, — l'Angleterre même, en abandonnant les mers arctiques, n'abandonnerait point pour cela la baleine : elle ne ferait que déplacer leterrain de la chasse. Il n'en est point de même de la Hollande, qui est restée étrangère à la pèche de la baleine dans les mers du Sud. Les Anglais chassent sur ces nouvelles eaux trois espèces de grands animaux : la baleine spermaceti, la baleine noire OD commune, et l'éléphant de mer. La baleine spermaceti habite les régions tropicales, les'cfttes de la Nouvelle-Zélande et les piers voisines. La durée ordinaire du voyage pour un navire de poche qui part d'un des ports de l'Angleterre à larecherche de ces grands et productifs animaux est de trois années. La baleine commune des mers du Sud se rencontre dans plusieurs parages, mais principalement sur les cAtes du Brésil et dans les baies de l'Afrique. Les éléphants marins des mers du Sud sont des animaux intermédiaires qui forment l'anneau de transition entre le morse des mers arctiques et le phoque. On les trouve surtout dans les

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mers qui entourent les Iles de la Désolation, dans tes Shetlands du Sud et près des côtes de la Californie. Chaque année, les pécheurs anglais en prennent un nombre considérable, des bâtiments entiers reviennent chargés de ce butin, et le morse fournit, dit-on, plus d'huile que la baleine commune du Sud. Les navires se livrent ainsi indifféremment à l'une ou à l'autre pèche, suivant que les circonstances le permettent. Le terme du voyage entrepris à la recherche de la baleine commune ou du morse est de douze à dix-huit mois. La Grande- Bretagne a tiré et tire encore de cette industrie mimtime des avantages ynmenses. En 1842, cinquante-neuf navires mirentà la voile ; le produit de la campagne s'éleva à 364,680 livres sterling.Le succès de cette nouvelle pèche a réagi puissamment contre l'ancienne pèche de la baleine dans les mers polaires : celle-ci en a souffert, mais elle n'est pas anéantie.

La France, comme la Hollande, ne figurent plus au même rang qu'autrefois dans les solitudes arctiques. £n 1839, trente et un bâtiments français, montés par mille pécheurs, firent voile encore pour le Groenland ; maison 1811 quatre navires seulement se rendirent dans les mers de glace. Le gouvernement crut pourtant devoir témoigner sa sollicitude envers cette pèche fameuse, en la favorisant de prîmes dont le total s'éleva dans certaines années à une somme considérable.

"" Est-il vrai maintenant que le pavillon néerlandais se fioit effacé pour jamais dans les imers du Nord, où,

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à ia fin du dernier siècle, il s'élevait encore à triotnphimt t Nous ne le croyons pas , noos ne voalons pas le croire. La pédie de la baleine est peut-être la seule qui soit fondée à Téclamer la protection du gouvernement h cause des risques infinis qui l'accompagnent, et qui souvent la rendent improductive ou même ruineuse. Cette protection n'a pourtant pas réussi à la relever. On peut tirer d'une telle impuissance un nouvel argument en faveur de la liberté de la pèche. Ce qu'il faudrait, ce serait moins invoquer la main de l'État que réveiller l'ardeur entreprenante de la nation. La Hollande a eade beaux jours dans l'bistoire; mais l'^nsdu succès a peut>^tre affaibli le succès même. A mesure qu'elle s'est enrichie, les capitaux sont devenus plus timides et les hommes moins confiants dans les hasards de la mer. L'écfHiomiste ne saurait envisager sans tristesse la pert« d'une telle ressource nationale. La pécbe de la baleine, en dehcffs des profits qui y étaient attachés, communiquait une grande impulsion atout le commerce intérieur. Avec cette branche d'industrie a disparu ' un élément notable de la prospérité publique. Poqr la relever, il suffirait de circonstances qui viendraient réchauffer le zèle d'une population demeurée toujours laborieuse et forte. Il est permis de croire que la liberté du commerce et de la pêche, en ranimant l'esprit d'entreprise, aura cette heureuse conséquence. En attendant, le devoir de ceux qui aiment la Hollande est de provoquer, par le contraste des faits, le réveil d'une nation qui n'a besoin

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que de redevenir elle-inéme pour reprendre un rang honorable dans Içs mers arctiques, et pour ressaisir les avantages qu'elle a perdus. Si même les mers de glace doivent être abandonnées, rien n'empêcherait les Hollandais de chercher, comme les Anglais, sur les mers du Sud (1) une compensation h la pêche du Nord, et le moyen de reconquérir une célébrité qui ne doit poitil tomber à l'état de souvenir historique.

{i) \.e» Américains, qulont héKté de l'actlvilé 3urpr«naqie des Batavea H des ÂDglo-Saions, 'ont plus de sept cents vaisseaux baleiniers dans ces mers; les Hollandais n'en ont pas un seul aujourd'hui.

vm DU PREHIEH VOLUHE.

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