A JOSE-MARIA DE HEREDIA
La dalle de la tombe au détour du chemin Est celle d'où mon âme éveillée à l'aurore Vit vers elle jadis ta tige svelte éclore, Lys ! et s'épanouir en pâleurs de carmin.
Tige brisée et fleurs d'orgueil sans lendemain L'ouragan outrageux passe et vous décolore ; Et me voici, plus triste et taciturne, encore Interroger la tombe, un lys mort dans la main.
Nul soleil ni l'espoir d'une étoile éphémère
Ne suscite le vol d'une ardente chimère
Vers l'éveil de ton rêve, ô Rêve, où tu t'endors
La promesse des temps s'élude et se dénie ; Les cendres ont terni l'astre d'épiphanie ; L'Enfant ne naîtra pas ; les Rois-Mages sont morts.