GUERNESEY
Le souffle âpre des mers mugit, et la tempête Jette, en heurtant le roc, sa bave dans la nuit, Gouffres d'ombre totale où l'écume ne luit Qu'en brefs flocons jaillis et brisés vers le faîte.
Un silence a creusé sa ténèbre. La bête Sournoisement peut-être a guetté ce qui fuit ? Mais non ! la vague cède à l'aube et ne poursuit Qu'un rythme éparpillé par frissons sur sa crête.
86 LA NEF DÉSEMPAKÉE
Tu te lèves. Tes yeux contemplent au lointain
La joie étinceler au jardin du matin,
Ton fier exil frémit, ta voix vibrante espère ;
L'île résonne. Ta voix pleure, ta voix rit ! Et nous, enfants émus du vent de ton esprit, Nous vénérons en Toi, Phoïbos-Hugol le Père.