LA PARESSE
Pour une eau-forte en couleurs de H. Detouche.
Tant d'espoirs doux parmi la lassitude nés
Pour des yeux demi-clos s'écoulent comme un fleuve ;
L'immobile et la multiple volupté neuve
Se disperse en miroitements inopinés.
Accoude à du songe ton beau front pur. Éprise De mieux qu'elle, que veut la Vie et tout son bruit Ravir à ton extase sereine, où ne luit Qu'un clair soleil jailli du regard qu'il irise ?
Si la spirale couve un sommeil morne et lent, Ta pensée a tissé, comme un fil l'araignée, Le manteau d'oubli lourd dont tu sais, résignée, Tristement dorloter l'effroi d'un hiver blanc
Jusqu'au printemps nouveau dont la verdeur redresse Même la tige de tes rêves, ô Paresse !