‹ La Nef désemparéeChapitre 27 sur 46 · LA PARESSE · texte numérisé non relu

LA PARESSE

Pour une eau-forte en couleurs de H. Detouche.

Tant d'espoirs doux parmi la lassitude nés

Pour des yeux demi-clos s'écoulent comme un fleuve ;

L'immobile et la multiple volupté neuve

Se disperse en miroitements inopinés.

Accoude à du songe ton beau front pur. Éprise De mieux qu'elle, que veut la Vie et tout son bruit Ravir à ton extase sereine, où ne luit Qu'un clair soleil jailli du regard qu'il irise ?

Si la spirale couve un sommeil morne et lent, Ta pensée a tissé, comme un fil l'araignée, Le manteau d'oubli lourd dont tu sais, résignée, Tristement dorloter l'effroi d'un hiver blanc

Jusqu'au printemps nouveau dont la verdeur redresse Même la tige de tes rêves, ô Paresse !

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