‹ La Nef désemparéeChapitre 28 sur 46 · TEMPETE · texte numérisé non relu

TEMPETE

J'ai côtoyé l'abîme; j'ai vu,

En me penchant, l'ouragan en démence

Au creux des écueils déchirés et tordus,

Échevelé rugir sous l'aube qui commence

A palpiter candide entre les noirs nuages.

La tempête se rue en rafale aux rivages,

Mord sous les flots les pierres arrachées

De fureur aux trous des falaises qu'elle creuse,

Fracasse à coups d'audace les lourds rochers,

Bondit, s'écroule, fuit et jaillit, pour lécher

Toutes les plaies d'une écume amoureuse :

Chocs tumultueux, brutaux ! haleines sauvages

Des fonds lointains de l'horizon,

La frénésie augmente et se propage.

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