LA MOUETTE
Une mouette au ciel passe.
J'entends son morne cri Dans mon âme lente et lasse, A son coup d'ailes l'espace Frissonne, et, rêve vivace,
Mon âme a refleuri, Une mouette au ciel passe ;
J'entends son morne cri.
Une mouette s'envole Par delà les écueils ;
La mer bondit et s'affole :
Dans mon âme que désole Le deuil d'un espoir frivole
Ont frémi mes orgueils.
Une mouette s'envole Par delà les écueiis.
La mer rugueuse et mauvaise Qui s'acharne aux brisants, Goule, ici, calme, et s'apaise, Et j'attends, sur la falaise, Qu'en mon âme aussi se taise, Sous les cieux complaisants La mer rugueuse et mauvaise Qui s'acharne aux brisants.
La mouette s'est posée
Et va selon les flots ; Mon âme désabusée S'ouvre à cueillir la rosée ;
Sur la mer l'heure apaisée Est propice au repos :
La mouette s'est posée Et va selon les flots.