S. GIMIGNANO
Thou hast a word of that one land of ours, And of the fair towncalled of the Fair Towers. Algernon G. Swinburnb.
Les cris d'outrage se sont croisés. La menace Cingle et brûle au visage, et l'orgueil suscité Fou se dresse, bondit, s'acharne. La cité Succombe aux lourds assauts d'une haine rapace.
Qu'ils s'entretuent et se dévorent, le temps passe, L'oubli morne a plané partout : qu'est-il resté D'eux-mêmes ? Leur pays, qu'ils avaient dévasté Depuis lors refleurit plus clair et plus vivace.
C'est à peine à présent si l'écho sait leur nom Maudit. Rien ne survit de leur gloire, sinon Des pierres, d'où l'on voit, au fond de la bruine,
Monter dans un chaos de palais convulsifs, Tels des phares surgis aux rochers des récifs, Les treize tours debout sur la ville en ruine.
Le souffle dur du vent soudain s'est amolli,
Une brise légère a dissipé la brume,
Et, vivante au soleil, la ville ancienne exhume
Ses orgueilleux remparts qu'assiège en vain l'oubli.
Dante, Ghirlandajo, Benozzo Gozzoli, Ceux-ci tendres rêveurs, et lui fou d'amertume, Ont illustré son nom d'une gloire posthume, Parleur haut souvenir à jamais anobli.
Que le peintre attentif orne le sanctuaire Des songes de Fina couchée en son suaire, Qu'il évoque l'erreur et le réveil d'un Saint,
Dans cette même salle à présent nue et vide Les murs vibrent encor de la Voix qui décide Les Guelfes de Toscane à suivre un fier dessein.