DEUX PETITS POEMES EN MANIÈRE DE DEDICACE
Éveille- toi 1
C'est parmi l'heure hivernale une joie De plonger à la vitre toute fleurie de givre, Vois : les pétales qui scintillent et flamboient Nous ouvrent une allée où nos songes vont vivre.
Éveille-toi. Le matin pur éclate et rit, C'est l'heure de l'extase où vivre au soleil calme, Et rien, sinon en rêve, au jardin clair, nul bruit Qu'un lent frémissement imaginaire, ô palmes I
Autrefois, disais-tu en paroles plaintives, J'aimais l'ombre frissonnante des grands arbres Qui inclinent leurs frondaisons sur les rives Du ruisseau au clair murmure entre les pierres ; J'aimais 1 j'aimais la paix dormeuse, où le village Au long des jours, au long des heures, Parmi le pacifique oubli de la vie, S'étire inconscient même de son bonheur; Autrefois, nous allions, rêveurs, par les prairies. Tranquilles comme les bêtes et les herbes.
Les doigts mêlés, et mes yeux achevant tes pensées. Tous deux, seule à seul, triomphants et superbes, Isolés, et d'autant plus superbes I
Si le soleily demain, se lève et luit
Sur notre espoir, parmi la foule et la cité
Où fermente et bruit
Confusément, foison étrangle, la beauté
Universelle de la vie.
Mors I l'homme frémissant, telle une feuille,
S* t veille à saluer Taurore, et accueille
Comme un frère de sa g^loire le rêve :
Rêve,
Rêve que nous verrons poindre avec l'aube demain...
Oublions le passé, rêvons, donne tes mains.