‹ La nef désemparée: poémesChapitre 1 sur 35 · DEUX PETITS POEMES EN MANIÈRE DE DEDICACE · texte numérisé non relu

DEUX PETITS POEMES EN MANIÈRE DE DEDICACE

Éveille- toi 1

C'est parmi l'heure hivernale une joie De plonger à la vitre toute fleurie de givre, Vois : les pétales qui scintillent et flamboient Nous ouvrent une allée où nos songes vont vivre.

Éveille-toi. Le matin pur éclate et rit, C'est l'heure de l'extase où vivre au soleil calme, Et rien, sinon en rêve, au jardin clair, nul bruit Qu'un lent frémissement imaginaire, ô palmes I

Autrefois, disais-tu en paroles plaintives, J'aimais l'ombre frissonnante des grands arbres Qui inclinent leurs frondaisons sur les rives Du ruisseau au clair murmure entre les pierres ; J'aimais 1 j'aimais la paix dormeuse, où le village Au long des jours, au long des heures, Parmi le pacifique oubli de la vie, S'étire inconscient même de son bonheur; Autrefois, nous allions, rêveurs, par les prairies. Tranquilles comme les bêtes et les herbes.

Les doigts mêlés, et mes yeux achevant tes pensées. Tous deux, seule à seul, triomphants et superbes, Isolés, et d'autant plus superbes I

Si le soleily demain, se lève et luit

Sur notre espoir, parmi la foule et la cité

Où fermente et bruit

Confusément, foison étrangle, la beauté

Universelle de la vie.

Mors I l'homme frémissant, telle une feuille,

S* t veille à saluer Taurore, et accueille

Comme un frère de sa g^loire le rêve :

Rêve,

Rêve que nous verrons poindre avec l'aube demain...

Oublions le passé, rêvons, donne tes mains.

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