NAUFRAGE
Quelles tempêtes
Ont ébranlé, la nuit, le rêve de ma vie ?
La proue hésite et dévie.
Que resplendisse un littoral de fêtes,
Là-bas, à l'horizon des mers, vers l'Orient,
Que s'ouvrent, parfums des gemmes, la claire joie
Et tout l'amour qui flamboie
Et palpite éperdu d'extase et souriant :
mon Rêve I en Tafib^ de l'heure
Le beau mirage est-il un leurre ?
Mais tu n'auras pas fui la ville et les rivages
En vain, les yeux sur le lever des astres ;
LA NEF DésSMPAR]&B 131
Reste dressé contre l'assaut et le sauvage
E£Fort du vent et de l'orage,
Reste 1 Qu'importe aussi? Des floraisons splendides
Émerveillent de leurs fraîcheurs le fond des mers,
Des frissons d'or, d'écaillé blonde et de perles
Allument aux flots vos chevelures, Néréides I
Et les paroles que vos lèvres murmurent
Tombent fleur après fleur plus pures
Qu'un doux frémissement des eaux au bord des bois .
Ah ! déjà que de fois,
Mon Rêve I tu connus leurs caresses d'ailes,
£t toutes, si blanches et fidèles.
Tu les aimais, et voulais vivre entouré d'elles :
Naufrages !
Vers elles je crie au bout des étendues.
Naufrages I ô naufrages
Qui fleurirez de leur baiser l'âme perdue
Dans la forêt des eaux grondantes et touffues I