‹ La nef désemparée: poémesChapitre 17 sur 35 · NAUFRAGE · texte numérisé non relu

NAUFRAGE

Quelles tempêtes

Ont ébranlé, la nuit, le rêve de ma vie ?

La proue hésite et dévie.

Que resplendisse un littoral de fêtes,

Là-bas, à l'horizon des mers, vers l'Orient,

Que s'ouvrent, parfums des gemmes, la claire joie

Et tout l'amour qui flamboie

Et palpite éperdu d'extase et souriant :

mon Rêve I en Tafib^ de l'heure

Le beau mirage est-il un leurre ?

Mais tu n'auras pas fui la ville et les rivages

En vain, les yeux sur le lever des astres ;

LA NEF DésSMPAR]&B 131

Reste dressé contre l'assaut et le sauvage

E£Fort du vent et de l'orage,

Reste 1 Qu'importe aussi? Des floraisons splendides

Émerveillent de leurs fraîcheurs le fond des mers,

Des frissons d'or, d'écaillé blonde et de perles

Allument aux flots vos chevelures, Néréides I

Et les paroles que vos lèvres murmurent

Tombent fleur après fleur plus pures

Qu'un doux frémissement des eaux au bord des bois .

Ah ! déjà que de fois,

Mon Rêve I tu connus leurs caresses d'ailes,

£t toutes, si blanches et fidèles.

Tu les aimais, et voulais vivre entouré d'elles :

Naufrages !

Vers elles je crie au bout des étendues.

Naufrages I ô naufrages

Qui fleurirez de leur baiser l'âme perdue

Dans la forêt des eaux grondantes et touffues I

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