TEMPÊTE
J'ai côtoyé l'abime; j'ai vu, En me penchant, l'ouragan en démence Au creux des écueils déchirés et tordus, Écheyelé rugir sous l'aube qui commence A palpiter candide entre les noirs nuages.
La tempête se rue en rafale aux rivages, Mord sous les flots les pierres arrachées De fureur aux trous des falaises qu'elle creuse, Fracasse à coups d'audace les lourds rochers. Bondit, s'écroule, fuit et jaillit, pour lécher Toutes les plaies d'une écume amoureuse :
Chocs tumultueux, brutaux 1 haleines sauvages Des fonds lointains de l'horizon, La frénésie augmente et se propage.