‹ La nef désemparée: poémesChapitre 21 sur 35 · GÊNES · texte numérisé non relu

GÊNES

L^aube fraîche d'avril a souri sur les monts

Et scintille en saphirs aux crêtes de la neig;e ;

Le glacier frémissant avec fracas s'allège

D*eauz qui brisent aux rocs leur essor et leurs bonds.

Vois, la route dévale entre deux bois profonds Dont l'épaisseur nocturne environne et protège Les toits épars contre le vent qui les assiège, Vers les cités qu'on rêve et les jardins féconds.

144 LA NBr DÉSBHPAXiB

Déjà souffle au soleil une plus molle haleine, Le Printenips étincelle, et roici, dans la plaine. Que les arbres fruitiers sont tout roses de flenra ;

Enfin l'âpre ravin succède aux terres grasses. Et, sur la mer en fête où flambent tes couleurs, Gênes voluptueuse étage ses terrasses.

LA NBF DÉSEMPARÉE HS

Du fond des Océans, des havres et des rades, Pacifiques hérauts d'harmonieux desseins, Les vaisseaux ont empli le port et les bassins, Où déjà les marins préparent leurs aiguades.

Vers la ville de marbre et les roses façades, Au gré des regrets lourds qui soulèvent leurs seins. Ils invoquent les dieux, les héros et les saints Dressés dans les grands parcs au bord des balustrades*

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146 LA NBF vASBMPAXkB

La voilure légère est arrondie au vent,

lU ont appareillé, sont au large^ rêvant

De souvenirs qui font leurs tâches plus cruelles ;

Et toujours Us revoient, étranges pavillons.

Frémir, oripeaux d'or ou sordides haillons, Les linges suspendus dans d'obscures ruelles.

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