DEDICACES
A HBNRI DB REGNIBR
De la vigile des grèves
En ce fol automne mort
La Licorne vole au Nord
Vers un ciel de plus doux rêves.
Las des scènes et du site Parmi les fleurs de mensonge Pour l'avoir suivie un songe Naît encore et nous incite
A marcher au crépuscule, Et, quandl'aube au ciel paraît, S'éblouit, pour noua forêt Dont la cime d'or recule
Le bosquet tendre où caché Pleure toD espoir. Psyché.
A PIERRE QUILLABD
Des ombres de nuit surgie
Une île écl6t fleur des
Sous l'aile éparse d'ois Dont l'esBor s'y réfugie
Et sur la dune élargie Quand s'approchent le:
Voici parmi les roseau La douce et claire effig
LA imr DésBMPAaiB
D'une reine aux cheveux blonds D'une reine d' Avalons Et d'AUantidea ea son^ :
Irres d'espoir insensé
Tel tn noua saisis, mensonge
D'Ogygie ou de Circé I
LA NEF DéSBMPABia 97
A A.-FBRDINAND HBROLD
Les gammes et les ivoires Et les éclairs chrysobéryls Mêlent d'éclairs puérils Le deuil des tulipes noires.
Fleurs lourdes du jardin triste Où pleure un jet d*eau lointain Le sourire du matin Vous vêt d'or et d'améthyste.
LA HBF DisBHPARéU
Aux fêtea Beatimen taies S'attardent dans les balllers Un à un les chevaliers Auprès des princesses pâles
Dont les doigts las sont des fleurs Qui apaisent leurs douleurs.
l NBF DÉSBHFAH^
Do toi seul ûls et l'aïeul Na!t aux portiques du Râv Le guerrier de qui le glaiv< Soit le simple et clair glaït
Eu ses doi^s tige qu'isole D'uQ geste las sou dédata, Il t'a prise à quel jardia De Spolète ou de Fiesole,
Pour, le héros paéril Surgi d'un lointain de l'âme, Abdiquer la fleur de flamme Aux futurs poorpris d'avril
Oà des roses seront fières D'£tre des rosea-trëmiàres.
POUR STEPHANE MAI
Eq l'église, où ne s'allui Qu'une étoile taciturne, La myrrhe fume de l'ui Et, sous l'angoissante b:
Surgit du sol qu'elle ér Tel, secret et pur, s'élèi Vers le Ciel perdu le rê D'un sacrilège lévite.
LA NSr DiaiHPABfa
Joie et désir do mon songa É^ris d'air loin tain et d'astres, Hou or^^eil fuit maints désastres Pour dm nuits oà se prolonge
Le rayon d'extase vers Le bel azor de vos vers I
lA NEF DÉSBHPAKéE
L'eau plus lente s'écoule autour dej touffes frSles Et, naïve, elle vire et a'étire, 6 jeux vaina,
Jusqu'aux portes d'un rêve où se riec' A suivre aux tiges naître, frais baiseï
L'arôme astral d'or mûr ruisselle en < Au fleuve, et filtre aux fleurs ivres de C'est, où vivre parmi les hêtres clairi Et l'argent de leurs troncs s'allonge <
loi LA NEF D^EUPAR^
I^rive s'humilie en prairie et s'étend JuMja'à l*azur, et brûle au soleil palpitant, Millier extasié d'herbe où vibre une étoile ;
Mais la proue a mordu vers l'arche un fluvial Remous, et s'éparpille en frisson lilial Tout l'air léger et net, qu'illumine la Voile.
•4ism
LA NEF DésEMPARiB 105
SBPTBMBRB 1898
désastre morne issu vers l'aube en cet automne
Par le vent dont en^^dre afl^He grêloiH^*^
Assaillit Pair parmi le calme du vallon.
Nul heurt sinistre autour des grands hêtres ne tonne.
En l'heure encore claire meurt l'azur atone Qui n'a jetô qu'un cri d'horreur perçant et long Entre les fleurs et l'herbe où rôde un seul frelon Tandis qu'au loin le spectre avec le doigt tâtonne.
108 LA NBF DÂSBMPAlléB
De regrets ou de pleurs issus par le trépas ; J'interroge la voix qui ne se dément pas Même parmi l'horreur dont la terre frissonne : Mon solitaire appel n*a suscité personne, Et j'oublie aux jardins de cet étrange été Que la présence morne, où nul n'aurait été Pour les bras de ma joie ou la eoufiErance pure La noble, précieuse et durable figure, S^allumb pair l'aurore et plonge dans la nuit.
Lève aux branches tes mains innocentes : le fruit Sous le feuillage est mûr, ou la fleur étincelle ; Cueille-les. Un parfum de sève chaude scelle Leur pulpe et la beauté du silence serein.
Des cris ne viendront pas secouer vôtre airain, Parois dures où rêve un labeur pacifique ; Et le paisible et haut désastre ne trafiqué Ni d'un hochet bruyant ni d'aucun geste vain. Tu tiens celui que nous aimâmes, et qui vint Pour nous montrer du doigt les cimes magnanimes ; Son œil sûr éclairait l'espace ; et nous unîmes
LA NEF DÉSEMPARÉS lOd
Tant de fois nos regards dans l'abime ancien En quête des clartés dont sMUustrait le sien, Qu'aujourd'hui le sursaut de palmes illusoires Évoque en notre esprit comme un frisson leurs gloires Éteintes à jamais, et que nul vent n'émeut.
Qu'importe le soleil de la terre, s'il pleut
A des rives ses feux, ou si l'ouragan corne
Pour ceux dont la pensée exacte et fraîche s'orne
Du feuillage limpide et sacré de ses vers?
Les eaux calmes d'un lac reflètent l'univers ;
Puis, ô séjours qui furent chers ! la voile neuve
D'éclatante blancheur illumine le fleuve ;
C'est l'heure, l'air frémit, et la sourde forêt
A banni la ténèbre avec qui disparait
Le fantôme haï des blasphèmes nocturnes :
Pâles enfants brûlés de désirs taciturnes.
Ton destin que ta voix tentait de définir
Nous lui vouons de l'ombre un fervent souvenir :
Il est en nous* Tu vis en nous, je te sens vivre,
Tu vis I Ta main se tend vers nous, et nous délivre
1 10 LA. NEF D^BMPABéB
De la mort; tu souris, ô triomphe seul beau ! Et c'est nous qui sortons de cet obscur tombeau.