‹ La nef désemparée: poémesChapitre 8 sur 35 · GUIRLANDES · texte numérisé non relu

GUIRLANDES

GVIRhANDES

Nul lobil ni l'espoir d'une étoile éphémàre

Ne ■usoite le roi d'une ardente chimère

Vers l'ëveil de ton rére, à Rive, où tu t'endors :

h» promesse des temps s'élude et se dénie ; Les cendres ont terni l'astre d'épiphauie ; L'Enfant ne naîtra pas ; les Rois-Mages sont morts.

LA NEF DlSsBMPARjiB 85

QUBRNBSBT

Le souffle ftpre des mers mugit, et la tempête Jette, en heurtant le roc, sa bave dans la nuit, Groufires d'ombre totale où réunie ne luit « Qu'en brefs flocons jaillis et brisés vers le faîte.

Un silence a creusé sa ténèbre. La bête

*vv44i

Sourncns^ent peut-être a guetté ce qui fuit ? Mais non I la vague cède à Paube et ne poursuit Qu^un rythme éparpillé par frissons sur sa crête.

86 LA NEF DlSsEMPARiéB

Tu te lèves. Tes yeux contemplent au lointain

La joie étinceler au jardin du matin,

Ton fier exil frémit, ta voix vibrante espère ;

L*ile résonne. Ta voix pleure, ta voix rit I Et nous, enfants émus du vent de ton esprit, Nous vénérons en Toi, Phoïbos-Hugol le Père,

LB NEF DlâSEMPABéB 87

IN MBMORIAM

(Juillet 189$)

La tombe est close.

Je me souviens de la colline du cimetière

A l'ombre du clocher de ton village.. •

La tombe est close

Sur ta vie, ô mon Ami I Ame fîère,

Ame claire, âme sage I

La tombe est close

Sur toi, sur le naïf orgueil des souvenirs.

Et toute la douceur de notre vie unie :

Ab 1 ca bonheur d'une vie iafinie

Quels rtres mauvais l'ont si tdt fait finir 7

Quel odieux riva

Quand plus tu ne t'éveillas de notre réveil,

Toi dont le rêve ft présent s'achève

En la lumière éblouissante du soleil I

^ NEF DÉSBltPASiB

A BPHBAIH UIKHAEL

La brume cloae a utop r de l'Image d'un rêve A fondu, mur de suie et mauTsise tourmente, C'est, avec le sourire en qui s'offre l'amante, Une ezalUe aurore et Ba floraison brève.

Tout le viei^ regret au reflux de la grève Que le frisson nouveau de naitre diamante, Je le cueille en les flots d'une mer écumante, Pulpe mûre qu'un jet de soleil pourpre crève.

La faiiillig« torai qui asigea tout l'automne Traîne tar l'horizoa son voile monotone, La ténèbre persiste où le marbre est réel.

Pieusement j'élève à l'entoorde ta stèle,

MikhaSl, rers toi qui t'endors, Mîkbaël,

liC cri Tain de mes vers que ton aube coottelie.

LA NEF DéSBMPAaéE 91

l'hierodoulb

L'hiérodoule au cœur d'étemel diamant Dans la suprême nuit contemple éperdument L'hiver du ciel blanchi par le givre des astres.

Celui qui chante est un enfant, et sa chanson. Rose clémente éclose douce en la mémoire, Grandit, grave d'amour, vers l'aurore illusoire D'où les prétresses d'or sourient dans un frisson.

Et toi, n'écoute plus les fifres de l'automne , Les sanglots de la nuit ou les dolents midis S'éteindre vers l'hiver en les chênes raidis Parmi l'oubli des fleurs dont la terre s'étonne.

02 LA KSF piaBMPASiB

saÎBons I c'est de vivre et d'aimer le seul prix ; La voix hardie entr'ouvre un jardin de délices 0& tu Tiennes parmi les parfums, et remplisses Tout ton tivt de joie et de printemps fleuris.

Laisse la vie. Ami, qui s'agite méchante Et qu'emportent les vents vers d'obscurs lendemains : Un exil tendre offre à ton songe des chemins D'extase, et l'hiver mâme, écoute I la voix chante ;

Regarde, et quand tes yeux se pâmeront d'amour, Tu verras s'avancer la belle hiérodoule Dont la marche aux sentiers que sa sandale foule Parsème tout le ciel des corolles du jour.

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