‹ La neige, ou, Le nouvel éginard: opéra-comique en quatre actesChapitre 23 sur 64 · LE PRINCE, WILHEM · texte numérisé non relu

LE PRINCE, WILHEM

LE PRINCE, à Willicm.

Écoule ce que je vais te dire; tu remettras à chacune des dames d'honneur de la princesse un de ces bouquets pour le bal de ce soir ; et celui-ci, cette touffe de roses (Cachanl la lettre entre les fleurs.) sera pour la princesse , tu m'entends bien?

WILHEM

Oui, monseigneur. Dirai-je de quelle part?

LE PRINCE

Eh non ! (Montrant la lettre en souriant.) elle le verra bien. D'ailleurs , quel autre que moi oserail?...

WILHEM

Et y aura-t-il réponse?

LE PRINCE

Réponse?... je n'en sais rien .. Eh mais ! je n'y avais pas pensé... Il faut savoir ce que je demande... (Rouvrant la lettre.) Voyons... Hum! hum! Il me semblait d'abord qu'il y en avait plus long (Lisant.) « Grâce, grâce , madame ; si M vous saviez combien je vous aime , et combien » je suis malheureux de vous avoir déplu... » De vous avoir déplu... Voilà de ces phrases que je craignais, et dont je lui parlais tout à l'heure, ça ne dit rien , et ça ne va pas au fait. (Continuant.) « Si je ne vous suis pas le plus indifl'érent des » hommes, si noire union ne vous est pas odieuse, » daignez m'accorder après le bal un instant » d'entretien... » (Il s'arrête étonné.) Hein! moi qui lui reprochais d'être trop respectueux! il me semble au contraire qu'il me fait aller un peu vite. (Continuant. )« Si vous accueillez ma demande, » laissez tomber tantôt votre bouquet devant moi, »etje comprendrai que Louise me pardonne.»

Allons, allons, voilà qui est plus galant ; parce qu'au fait, ce bouquet qui servira do réponse... C'est assez hardi, mais ce n'est pas mal, ef je suis content de mon secrétaire. Après tout , qu'est-ce que je risque? La princesse m'avait demandé un entretien; c'est celui-là que je lui indique; et si on me refuse ; si, comme je le crois bien, le bouquet reste en place , nous serons aussi avancés qu'auparavant, nous en serons quittes pour continuer la guerre d'observation. (^Kemetlanl la lettre dans le bouquet, et le donnant à W^illiem.) Le sort en est jeté!... Tu attendras ici la princesse sur son passage, et tu lui remettras ce bouquet sans rien dire.

WILHEM

Oui, monseigneur.

LE PRINCE

Et il n'y a pas de réponse.

WILHEM

Non, monseigneur... Et tenez, je crojons que v'ià son altesse qui veniont de côté.

LE PRINCE

Eh ! mon Dieu, déjà ! El le grand-duc quim'al tend; courons le rejoindre.

(Il sort par la porte à droite du spectateur.)

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