SCÈNE X
M"« DE WEDEL, LA PRINCESSE, M. DE LINSBERG.
TRIO
LA PRINCJ SSE et M. DE [lINSBERG, allant k Mil' de Wedel.
0 loi! notre ange tutélaire, Nous devons tout à tes bienfaits.
M. DE LINSBERG.
Tu me rends celle qui m'est chère.
Tu romps un hymen que je hais.
M"« de WEDEL.
Soyez heureux, je le suis à jamais.
LA PRINCESSE, à Linsberg.
Mais craignons, par une imprudence, De détruire notre espérance.
M. DE LINSBERG.
Quoi! déjà s'éloigner?...
LA PRINCESSE et m'^** DE WEDEL.
Oui, partez; il le faut.
M. DE LINSBERG.
'A demain.
LA PRINCESSE et M"^ DE WEDEL.
'..A demain. Oui, nous nous verrons bientôt.
ENSEMBLE
Que l'amour favorise Notre entreprise; Qu'il soit avec nous de moitié!
Oui , prenons pour devise :
L'amour et l'amitié.
LA PRINCESSE va ouvrir la fenôlre du milieu. Ml'' de Wedel ouvre en môme temps la première fenêtre à gauche. L'on aperçoit les arbres qui sont chargés de neige et le lac qui s'étend à perte vue.
Grand Dieu ! que le ciel nous protège ! Le jardin et le lac , tout est couvert de neige. M. DE LINSBERG , voulant partir.
Qu'importe!
LA PRINCESSE, l'arrêtant.
Eh ! vous n'y songez pas, Mes femmes et moi seule habitons celle enceinte ; El si l'on voit demain la trace de vos pas, Tout est perdu.
M. DE LINSBERG.
Je conçois voire crainte ; Mais que faire?... Essayons pourtant.
Je courrai si légèrement '...
LA iM:iGE.
m"* de >VEDEL , mettant son pied à côté de celai de
M. de Linsberg.
Oui, voyez en effet comme on peut s'y méprendre.
^Allant à la porte par laquelle le prince de Neubourg est sorti. ^
Peut-être ce soldat dorl-il encore. 0 ciel !
Nous sommes enfermés !
TOCS TROIS.
O eontre-lemps cruel !
LA Pni?(CESSE.
Que résoudre et quel parti prendre ?
Amour daigne nous seconder :
Toi seul ici peux nous guider.
ENSEMBLE
Tendre amour, favorise Notre entreprise !
De nous le sort aura pitié, Car nous avons pour devise :
L'amour cl l'amitié.
m"* de WEDEL , qui a été ouvrir la dernière croisée. Que vois-je sous celle fenêtre?
Un traîneau que l'on a laissé :
C'est un de ceux qui, ce malin peut-être. Sillonnaient le lac glacé.
Quelle idée il m'inspire!
(A la princesse.) Comme moi vous allez souscrire
A ce joli projet.
M. DE LINSBERG et LA PRINCESSE.
Mais quel est-il?
m"« de wedel.
C'est mon secret ;
Mais à l'espoir mon coeur se livre.
Vite une écharpe...
M. DE LINSBERG, cherchant dans sa poche et en tirant un large ruban bleu.
Non... c'est l'ordre de Ncubourg !
m'"* de \NEDEL , prenant une écharpe qui est sur la toilette de la princesse.
Voilà qui me sulfit. Bientôt, par son secours, D'esclavage je vous délivre...
M. DE LINSBERG et LA PRINCFSSE.
Mais quels sont vos projets?
Vous les saurez après :
(Les entraînant.) Il faut d'abord me suivre.
Venez, venez!
ENSE]MBLE.
Que l'amour favorise Notre entreprise ; Qu'il soit avec nous de moitié!
Marchons, marchons sous la devise De l'amour et de l'amitié.
(Pendant la ritournelle de ce morceau, ils descendent par la porte vitrée du fond , et un instant après, par cette porte et les deux croisées qui sont restées ouvertes, on aperçoit dans le lointain M. de Linsberg enveloppé de son manteau et assis dans un traîneau. M"' de AVedel est devant qui le traîne par Pécharpe qu'elle y a attachée. La princesse est derrière, appuyée sur le traîneau qu'elle semble pousser. Ils marchent avec précaution et d'un air craintif pendant que l'orchestre reprend en sourdine le motif de l'air précédent. La toile tombe.)