Symptômes sensitifs
Ici encore augmentation d'excitabilité des nerfs telle, que la réaction, au lieu de se localiser dans le domaine psychique sous forme de perceptions, donne des réactions sensitives multiples.
Nerfs du tact. — Certaines sensations de contact, qui n'exercent aucune influence extraordinaire sur l'homme normal, produisent sur le nerveux une sensation considérable, le plus souvent désagréable, par exemple le contact de la fourrure, de la soie, de la laine, de la peau de chagrin, de tissus très secs, etc.
Nerfs thermiques. — Le contact d'une main humide et froide, d'une grenouille, d'un crapaud, d'un cataplasme, leur cause une impression très pénible.
Nerfs sensitifs. — C'est un signe très particulier de nervosité que le fait que beaucoup d'enfants, pour une cause minime, souffrent de céphalalgies ou de névralgies.
Céphalées. — Pour avoir été au soleil, pour avoir
étudié, couru, pour un réveil trop rapide, une simple constipation, une surprise agréable, une attente un peu longue, en un mot pour des causes de si peu d'importance qu'elles paraissent inaperçues chez un enfant normal, on voit chez les nerveux se développer des céphalées violentes qui peuvent durer bien des jours.
On n'est que trop tenté de voir, dans cette douleur qui peut disparaître subitement, une douleur exagérée ou même imaginaire. Il n'en est rien. Cette douleur existe, est bien réelle et n'est que la réaction nervoso-sensible des causes que nous avons énumérées.
Cette céphalée est souvent unilatérale avec pâleur de la face et présente tous les caractères de la migraine angiospastique.
Dans d'autres cas, il s'agit de douleurs sourdes, ou térébrantes ou lancinantes, qui se trouvent soit dans les tempes, soit sur les yeux, soit au vertex, soit enfin à l'occiput avec raideur de la nuque.
Ces douleurs sont quelquefois d'une violence extrême, à tel point que les enfants ne peuvent ouvrir les yeux, qu'ils refusent de manger et de boire et qu'ils restent étendus sur leur lit sans oser faire un seul mouvement.
Névralgies. — L'enfant nerveux peut ressentir d'autres douleurs vagues ou névralgiques à localisations variables : dans le dos (rachialgie), dans le côté (pleurodynie), sous le sein gauche, au gros orteil, etc.
Chez un de mes petits malades, l'orteil était atteint d'une douleur très faible et continue, mais qui augmentait subitement comme un éclair à la moindre contrariété. D'autres ont des douleurs irradiantes dans les jambes, dans les sciatiques, etc., etc.
Il en est de même des névralgies internes : gastralgies, entéralgies qui se produisent souvent pour les mêmes causes.
Certaines sensations viscérales, telles que la faim et la constipation, peuvent provoquer des réactions exagérées chez les nerveux.
La faim, que l'enfant normal sent, mais supporte sans difficulté, devient chez l'enfant nerveux une sensation si impérieuse qu'elle le porte à avaler de la terre, de la craie, des pommes de terre crues, de la ficelle, du papier, de la laine, etc.
La constipation peut devenir si pénible qu'elle provoque chez eux, probablement par auto-intoxication, des céphalées violentes et même des convulsions.