Symptômes moteurs
Ici encore nous notons ce même fait que des causes minimes, sensitives ou sensorielles, au lieu de rester localisées dans le domaine psychique où elles sont perçues, retentissent sur les nerfs moteurs, soit sous formes d'hyperesthésies, soit sous forme d'hypoesthésies motrices.
Hyperesthésies motrices. — Ces enfants ne peuvent rester longtemps à la même place, ils se lèvent, marchent, s'asseyent, puis se relèvent encore. Leurs mains sont continuellement en mouvement, ils ferment et ouvrent les doigts, boutonnent ou déboutonnent leur habit, mettent la main dans la poche pour la ressortir aussitôt, ou ont un objet entre les doigts avec lequel ils jouent continuellement, etc.
Les pieds, de même, sont toujours en mouvement : tantôt se reposant sur un pied, tantôt sur l'autre, ils dansent continuellement. Si la cause est très inattendue et quelque peu intense, on observe un tressautement, un tressaillement de tout le corps, un tremblement des mains ; on voit des mouvements fibrillaires dans différents muscles, des tremblements dans les mollets (Napoléon 1er), dans le pied, etc.
Ils ont souvent des tics ou des mouvements nerveux dans le visage, leurs paupières battent, ils clignent des yeux et ont de la peine à fixer leur interlocuteur. C'est le frémissement névrophatiqiie des paupières. Les pupilles sont tantôt larges, tantôt étroites, il existe un léger strabisme qui augmente avec l'émotion de l'énervement, d'où un regard inquiet, fuyant, auquel on a donné le nom de regard névr apathique.
Cette disposition aux mouvements involontaires, aux convulsions localisées, aux tics, au choréisme a reçu de Maudsley le nom de convulsibilité ; elle est très habituelle chez l'enfant nerveux.
Même excitabilité des nerfs internes : on observe chez ces enfants pour des causes minimes des palpitations, des besoins fréquents d'uriner, même de l'incontinence d'urine et de matières fécales.
Hijpoesthésie motrice. — Beaucoup d'enfants nerveux ont pour la moindre émotion les jambes qui leur manquent, «figées au sol », « paralysées », les mains faibles qui laissent échapper les objets. D'autres, dès qu'on les regarde, ne peuvent plus écrire ou écrivent à l'horreur, avec des lettres tremblées et incertaines, en faisant des fautes qu'ils n'auraient pas faites d'habitude. D'autres ne peuvent travailler ni même jouer s'ils se sentent surveillés.
Beaucoup enfin ne peuvent pas parler convenablement quand ils sont émotionnés ; ils balbutient, bégayent ou même ne peuvent dire un mot,
pas même leur nom de baptême. C'est là un fait que le médecin d'enfants doit connaître, car si au lieu de gronder l'enfant il le laisse se calmer et parle d'autre chose, il le verra répondre parfaitement quand son émotion sera calmée.
Enfin, quelques enfants ne peuvent uriner en présence d'un étranger ou même de leurs parents,