‹ La nervosité de l'enfantChapitre 7 sur 26 · C. Naturel changeant · texte numérisé non relu

C. Naturel changeant

Beaucoup plus nombreux que les précédents, me semble-t-il, ces enfants présentent tantôt des symptômes d'éréthisme et un instant, sans cause appréciables, les voilà retombés dans la torpidité.

Ces enfants à humeur changeante sont charmants, trop charmants, excessifs dans les témoignages d'amitié qu'ils prodiguent, dans les caresses et les baisers dont ils vous couvrent, puis un instant après, sans cause appréciable, vous les voyez indifférents, méchants, blessants, hargneux même.

Tantôt pleins d'enthousiasme pour leurs jeux, pour leur travail, pour leur école, sitôt après apathiques, paresseux, découragés. Tantôt ils causent, racontent, tantôt ils sont moroses et renfermés. Comme le plus souvent ces changements d'humeur se font sans cause appréciable et comme ces manifestations sont en contradiction complète avec ce qui leur arrive, ces enfants passent pour mal équilibrés et comptent peu d'amis.

Quelquefois cependant on voit ces changements se produire sous l'influence de l'état de santé de l'enfant, de la menstruation chez la jeune fille, de la saison, mais malgré cela ces changements d'humeur périodiques ont beaucoup de peine à se faire pardonner.

Pour terminer ce qui a Irait à la vie psychique des enfants nerveux, il nous reste encore à énumérer certaines anomalies psychiques, certaines origiginalités de caractère qui s'observent quelquefois et qui rentrent, d'après Dornblùlh, en partie au moins dans la nervosité.

Anomalies psychiques rares.

Il est bon d'insister sur le fait que les nerveux sont toujours responsables de leurs actes, que les impulsions morbides ne s'observent que dans les névroses et les psychoses et jamais dans la nervosité. Mais il n'en est pas moins vrai qu'une cause minime peut déterminer chez le nerveux une excitation hors de toute proportion avec la cause qui l'a produite. 11 ne doit donc pas être jugé avec la même sévérité que l'enfant normal. Pendant l'accès de colère, par exemple, il est certain que l'enfant nerveux est bien moins maître de ses actions que l'enfant normal et que quelquefois même il ne l'est pas du tout. La responsabilité doit donc être regardée comme étant par ce fait atténuée dans une certaine mesure.

Si l'on veut essayer d'analyser ces anomalies psychiques de certains enfants nerveux, on peut y trouver deux traits principaux, l'un correspondant à l'hyperesthésie, l'autre à l'hypoesthésie.

Dans le premier groupe nous voyons la person-

nalité de l'enfant singulièrement prédominer, c'est r exagération de la sensation du « moi ».

De ce fait découle dans leur conduite vis-à-vis de leurs camarades toute une série de traits caractéristiques (Dornblùth).

Ce sont des égoïstes, des suffisants, pensant à eux-mêmes en première ligne, cherchant à se faire passer avant les autres.

Ce sont des orgueilleux et des vaniteux, des entêtés qui ne veulent jamais céder, jamais avoir tort vis-à-vis des autres, se croyant en tout supérieurs. Ce sont eux les seuls parfaits qui, sous prétexte de franchise, ne trouvent chez les autres que choses "^à blâmer et à corriger et qui s'arrogent le droit de dire à tous, sans tact aucun, leur opinion, en général blessante et méchante. Ce seront des fanatiques lorsqu'ils en auront l'âge (Marat, p. ex.)

Un trait qui s'observe également dans cette forme est une tendance, un penchant au mensonge et surtout à ï exagération. Ce sont de grands parleurs qui s'enthousiasment de tout ce qui leur arrive et qui sans vouloir nuire, mais pour se rendre intéressants, donnent un libre essor à leur fantaisie et en arrivent à broder sur la réalité de façon à la rendre complètement méconnaissable, ou à inventer de toutes pièces des aventures auxquelles ils finissent presque par croire eux-mêmes.

Enfin on peut observer chez eux un plaisir de chicaner, de taquiner leurs camarades et, s'ils sont les plus forts, de leur faire du mal ; ils ont une ten-

dance à la cruauté et un penchant à maltraiter les animaux.

La seconde catégorie présente au contraire un afj'aiblissement de la sensation du « moi » ; leur personnalité ne demande qu'à rester dans l'ombre, ils manquent d'amour-propre.

Ce sont des timides, beaucoup trop peu confiants en eux-mêmes ; ils se gênent partout, sont trop prudents et n'osent jamais prendre de décision. Ils ne sont jamais prêts, aussi ces indécis se voientils dépassés par d'autres qui ne les valent pas, mais qui ont plus de courage, d'énergie et de décision qu'eux.

Ils s'isolent ainsi de plus en plus et en arrivent à se retirer du commerce de leurs camarades et à ne plus communiquer leurs impressions et leurs opinions à ceux qui lesentourent. C'est dansleurs rangs que se recruteront certains vieux garçons et vieilles filles. Très souvent aigris en voyant leurs amis réussir tandis qu'eux-mêmes restent en arrière, ils se croient lésés par tous et sont pleins de méfiance pour les idées et les actions de leurs voisins.

Enfin ils ont un certain penchant vers la pédanterie et ïavarice (Dornblùth). Le pédant n'est si exact que parce que, sans s'en rendre bien compte, il craint de trouver dans un dérangement ou une modification de ses habitudes des difficultés qu'il a peur de ne pas pouvoir vaincre. La pédanterie est donc bien une conséquence du manque de confiance en soi-même.

L'avare qui surveille avec un soin jaloux son avoir, qui collectionne des objets sans valeur et conserve des choses avariées et inutiles montre un trait analogue, c'est-à-dire, l'indécision de l'esprit qui ne sait pas se débarrasser de tout ce qui est inutile.

Il serait certainement très erroné de croire que dans chaque cas de nervosisme on trouvera une ou plusieurs des anomalies psychiques que nous avons énumérées.

Très souvent on n'en trouvera que des traces à peine visibles, que l'enfant cherche même à cacher aux yeux du public. Cependant un enfant nerveux en sera rarement complètement exempt.

Symptômes somatiques.

Vaso-moteurs. — Sensitifs. — Sensoriels. — Moteurs.

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