Dustaulx, cité par Hipp. Buffenoir, loc. cit
LA >EIRASTHE.ME DE J.-J. ROI SSEAU 10
Cette action darrèt de la part d'une idée, d'une appréhension, s'exerçait chez Rousseau sur nombre d'autres manifestations cérébrales, en particulier sur la mémoire. Voici un fait typique à cet égard. A son arrivée à Genève, au mois de juin 1754, Jean- Jacques, honteux d'être exclu de ses droits de citoyen par sa qualité de catholique, résolut de rentrer dans le culte de ses pères. Il fut admis sans difficulté à la communion. Mais on lui fit savoir qu'on se réjouissait de l'entendre parler devant le consistoire.
Cette attente, dit- il, m'effraya si fort qu'ayant étudié jour et nuit, pendant trois semaines, un petit discours que j'avais préparé, je me troublai lorqu'il fallut le réciter, au point de n'en pouvoir pas dire un seul mot: et je fis dans cette conférence le rôle du plus jeune écolier. Les commissaires parlaient pour moi ; je répondais bêtement oui et non\
Voilà ce que la timidité faisait d'un homme comme l'auteur de V Emile et du Contrat Social.
Il est inutile, pensons-nous, de pousser plus loin les citations et les exemples, et nous pouvons hardiment conclure de ce qui précède que Jean-Jacques Rousseau fut ce qu'on appelle aujourd'hui un neurasthénique.
Nous pouvons ajouter également que sa neurasthénie fut surtout une neurasthénie psychique, avec son état mental et moral, son hyperesthésie émotive, ses obsessions et ses phobies caractéristiques.
Cela ne l'empêcha pas d'être un grand écrivain, au contraire, car, ainsi qu'on l'a déjà remarqué, son génie fut fait en grande partie de ce même excès de sensibilité dont se composa, nous venons de le voir, sa névrose,