XI. TROUBLES DES SÉCRÉTIONS
Le plus singulier de ces troubles sécrétoires est une diminution notable de la sécrétion des synoviales. Il en résulte un état de sécheresse habituel des surfaces articulaires, et les mouvements des jointures s'accompagnent de bruits de craquement. Ces bruits se produisent surtout à la nuque pendant les mouvements de la tête et du cou. Beaucoup de neurasthéniques s'en plaignent spontanément, en même temps que de céphalée occipitale.
La sécrétion des glandes salivaires est fréquemment troublée. Elle est parfois très diminuée, la mastication et la déglutition sont difficiles, et les malades se plaignent d'une sensation très pénible de sécheresse dans la bouche. Ailleurs il se produit de véritables accès de salivation, soit avant, soit plutôt après les repas, accès auxquels sont souvent associées des sensations gustatives désagréables.
Chez quelques neurasthéniques, le ralentissement des sécrétions est général. Ils ont un état habituel de sécheresse des jointures, delà peau, des muqueuses, des pieds, des maiûs, des yeux, des oreilles et du cuir chevelu. L'inactitité des glandes annexées aux bulbes pileux entraîne la chute précoce des cheveux.
148 SYMPrOMtS DE LA NEURASTHÉNIE
Un de mes malades, jeune homme de vingt-quatre ans, est souvent pris d'un abondant écoulement de larmes, dès qu'il parle devant une personne étrangère, et sans que son esprit soit en aucune façon préoccupé d'une pensée triste.
La sécrétion sudorale peut être exagérée à un degré vraiment pathologique ; de là les sueurs profuses des mains et des pieds, les hyperhydroses localisées à la face, à un membre ou même à Tune des deux moitiés du corps. Ces hyperhj'droses sont généralement intermittentes et surviennent à l'occasion d'une émotion, d'une fatigue intellectuelle, ou même spontanément. Assez souvent une vive rougeur de la peau est associée au flux sudoral.