‹ La Neurasthénie: épuisement nerveuxChapitre 31 sur 55 · HYSTÉRIE, NEURASTHÉNIE ET HYSTÉRO-NEURASTHÉNIE TRAUMATIQUES · texte numérisé non relu

HYSTÉRIE, NEURASTHÉNIE ET HYSTÉRO-NEURASTHÉNIE TRAUMATIQUES

Le traumatisme peut provoquer un grand nombre d'affections du système nerveux, non seulement des névroses*, mais même des affections organiques, dont la plus commune paraît être la sclérose en plaques *. Dans ce groupe des maladies nerveuses d'origine traumatique, il faut faire une place à part à certains troubles fonctionnels, désignés en Allemagne sous le nom de névrose traumatique^ et pour lesquels M. Charcot a proposé les termes plus exacts d'hystérie et à* hystéro- neurasthénie traumatiques. Ces désordres du système nerveux engendrés par le traumatisme peuvent être d'intensité fort variable, tantô très limités, tantôt très étendus, mais ils présentent toujours deux caractères communs : l'absence des signes auxquels nous sommes habitués à reconnaître les lésions organiques, l'identité des symptômes observés avec ceux

4 Charcot, Leçons du mardi ^ 1888-89, p» 30. — Bataille, Trauma^ tisme et nevropcUhie, thèse de Paris, 1887.

« Wichmann, Berlin hlin. Woch,, n« 2t\ 18S9t

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de riiystérie et de la neurasthénie spontanées. Sans douta on a cité des cas pour lesquels cette définition ne semhlo pas exacte. Ils se sont progressivement aggravés depuis h début, et la mort est survenue un an ou quelques luois seulement après le traumatisme. Ce sont des cas coiiipk^5Cf*H, A côté de troubles purement fonctionnels existaient do véritables lésions organiques, et ce sont ces lésions qui ont entraîné la terminaison fatale rapide. Il faut recon naître d'ailleurs que, du moins en pratique, ces cas L-omplexes présentent parfois de réelles difficultés d'interprétation.

Historique. — Il est bien certain t[ue les troubles morveux de rhystérie et de Thystéro- neurasthénie traunialiquc^s ne sont pas de date récente; ils ont existé de tout tr*ïiips, mais ils étaient exclusivement attribués à la commotion des centres nerveux. M. Guinbn * a fait sur ce point quelques recherches historiques, et il a trouvé dans les chinirgicTis antérieurs à la période contemporaine, plusieurs pnssages qui témoignent bien que quelques-uns de ces chirurgien. s avaient été frappés de la singularité de ces phénomènes nerveux consécutifs aux traumatismes. Peu de temps aiirès rétablissement des premières voies ferrées, un aiilcur français, F. -A. Duchesne*, signalait déjà l'influerice des accidents de chemin de fer sur le développement des mala dies nerveuses. Quelques-unes des observations qu'il rapporte peuvent être aujourd'hui considérées comme dns exemples d'hystéro- neurasthénie traumatique. — C'est un chirurgien anglais, Brodie, qui, le premier, a mis tm lumière le rôle que peut jouer l'hystérie dans les affections

i Guition, I^s Agents provocateurs de Vhystérieiiiièsede PavI^, [^ï^t * Duchesae, Des chemins de fer et de leur influence »iir f'T sant** des mécaniciens et des chauffeurs, Paris, 1857.

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chirurgicales. En 1837, il fit connaître les arthralgies et surtout la coxalgie hystériques. Duchenne de Boulogne peut être également compté parmi ces précurseurs. Dès les premières éditions de son Électrisation localisée^ il a décrit une contracture réflexe ascendante d'origine articulaire, très comparable à la contracture hystéro-traumatique des auteurs contemporains.

La fréquence des accidents sur les premières voies ferrées fournit ample matière à l'observation. Aussi, les premiers travaux sont-ils dûs à des médecins anglais et américains. De 1864 à 1866, en moins de deux ans, parurent les mémoires de Lidell, d'Erichsen, de Syme, de Morris, de Savory *. Ils proposèrent le terme de raUwayspine pour désigner les troubles nerveux qu'ils avaient observés. De ces publications, la plus connue est celle d'Erichsen. Il a donné une excellente description des troubles spinaux. Il les interprète en admettant une inflammation superficielle et chronique de la moelle épinière. L'afiection débuterait par les enveloppes de la moelle et pourrait ensuite gagner celles du cerveau. Erichsen a fait une autopsie dans laquelle il a trouvé « des traces d'inflammation chronique de Tarachnoïde et de la substance corticale du cerveau ». — Déjà, en Angleterre, Eraid avait signalé, dans sa NeurypnologiSy l'influence considérable de certains états de l'esprit sur les manifestations extérieures de l'activité cérébrale. Il est le vrai précurseur de l'hypnotisme contemporain. En 1869, un autre auteur anglais, Russel Reynolds, exprima nettement cette opinion que certains phénomènes morbides, paralysies

1 Voy. Leyden, Traité des maladies de la moeUe épinière^ traduction française, Paris, 1879, p. 425.

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motrices, contractures, troubles de la sensibilité, sont sous la dépendance exclusive d'un état mental particulier, <K dépendent on idea. » Cette vue originale du médecin anglais devait être plus tard reprise et fécondée par M. Charcot. Il en a tiré sa théorie des paralysies et des contractures de Thystéro-neurasthénie traumatique.

Les premières publications des médecins allemands ont subi l'influence du travail d'Erichsen*. En 1878, M. Westphal* fit connaître quelques cas de maladies nerveuses consécutives à des accidents de chemin de fer. 11 conclut qu'il s'agit d'une lésion organique et que cette lésion consiste en petits foyers disséminés de myélite et d'encéphalite. Cependant M. Moeli^ publiait, en 1881, la relation de quatre cas nouveaux et insistait sur le rôle prépondérant de rémotion morale, de la frayeur, dans le développement des accidents consécutifs. A la même époque, M. Riegler observait des troubles nerveux analogues chez des mécaniciens et des chaufieurs de locomotives, menacés d'un accident qui n'avait pas eu lieu. Ces cas mettaient bien en évidence la valeur étiologique de l'émotion, du shock nerveux. M. Leyden, dans son Traité des maladies de la moelle épinière, acceptait néanmoins les conclusions d'Erichsen et de Westplial ; il décrivait les troubles nerveux consécutifs aux accidents de chemin de fer dans le chapitre de la commotion de la moelle épinière.

Deux médecins américains, M. Walton* et M. Putnam^,

* V. des passages du livre d'Krichsen, m Vibert, Étude médico-légale sur les blessures produites par les accidents de chemins de fer, Jaris, 1888.

* Westphal, Charité- A nYialen^ t. V.

3 Moeli, Berliner klin. Wochens,^ 1881, n*» 6.

* Waltoo, Bostonmedic, andsurgic. Journal^ 1884.

5 Putnara, Americ, Journal of neurology and psych,^ août 1884.

BouvBRBT lit Neurasthénie. 16

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frappés de la ressemblance extrême que présentent certains troubles nerveux d'origine traumatique avec les symptômes de Thystérie, posèrent nettement cette conclusion, à savoir que ces troubles nerveux sont de nature hystérique et que le traumatisme peut être mis au rang des agents provocateurs de l'hystérie. M. Walton fit remarquer que les troubles cérébraux sont fréquents à la suite des accidents de chemin de fer, plus fréquents même que les troubles spinaux ; aussi proposa-t-il le terme de railtcaybrairiy préférable, dans bien des cas, à celui de railwayspine, employé par les auteurs anglais. Les travaux de M. Walton et de M. Putnam sont de 1881. Ce n'était pas cependant la première fois qu'il était question des rapports du traumatisme et de l'hystérie. Déjà, en 1878, M. Charcot* avait montré l'influence du traumatisme sur le développement des phénomènes de l'hystérie locale. Il est vrai qu'il ne s'agit point là, comme dans les cas de M. Walton et de M. Putnam, de l'hystérie créée par le traumatisme. C'est en 1884-85, avec les premières publications de MM. Oppenheim et Thomsen*, que prit naissance, en Allemagne, la doctrine de la névrose traumaliqUe. Ces deux observateurs n'acceptent pas l'interprétation de M. Walton et de M. Putnam. Ces troubles nerveux d'origine traumatique n'appartiennent pas à l'hystérie ; ils en diffèrent par la fixité, la ténacité, et aussi par Tadjonction commune d'un état mental particulier, inconnu chez les hystériques, et qui est voisin de l'hypocondrie et de la mélancolie. Et M. Westphal concluait nettement que la carac-

4 Charcotj Progrès médical^ 1878.

» Thomsen, Archiv fur Psynhk und NertenkrankhBîtent t» XV, 1884. - Ibid, t. XVL 1885»

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téristique de la névrose traumatique, c'est précisément de ne répondre à aucune des affections connues du système nerveux. Il s'agirait donc d'une affection spéciale, nouvelle, qu'il convient dénommer névrose traumatique pour rappeler l'importance de la cause provocatrice. Cette doc trine de la névrose traumatique eut un grand succès en Allemagne, et, bien qu'elle y perde du terrain, elle y est encore très généralement acceptée.

En Angleterre, M. Page* publiait, cette même ariuée 1885, un travail important, basé sur un grand Jiombre d'observations. Revenant sur l'opinion d'Erichsen, il conclut que les cas considérés comme des exemples de corn mution de la moelle, ne présentent pas les signes certai ai^ d'une lésion, et que d'ailleurs les maladies organiques de la niuelle épinière ne sont presque jamais obsen^ées à la suite ries accidents de chemin de fer. Il met en cause la neurasthénie et constate également l'analogie de certaines paralysies? d'origine traumatiques avec les paralysies développées dans l'hypnotisme. Pour expliquer les douleurs et l'aUitude particulière que présentent souvent les victimes (îes traumatismes, il invoque la contusion et l'entorse des articulations de la colonne vertébrale.

C'est en 1885 que M. Charcot * entra dans le débat. Il devait y apporter une vive lumière et donner une solution qui, aujourd'hui, peut bien paraître définitive. Il démontra l'exactitude de la comparaison de M. Walton et de M. Put* nam. A l'aide de nombreuses observations, recueillies avf*c le plus grand soin, et mises en parallèle avec les ca^^ dhys-

* Page, Injuries of the spine and spinal cord without apparent mechanical lesioni and nervous shock, Londres, 1885.

* Charcot, Progrès médical^ 1885. — Leçons sur les maifidits du système nerveux^ t* III.

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térie qui abondent à la Salpetrière, il proava que certains des troables nerveux constatés à la suite des traumatisnies, paralysies, contractures» anesthésies, crises convulsives, sont éyidemment de nature hjstérique et tout à fait analogues aux manifestations bien connues de la grande hystérie. 11 fit voir, en outre, que des symptômes neurasthéniques s'ajoutent fort souvent aux symptômes hystériques et proposa le terme d'h3'stéro-neurasthénie pour désigner l'ensemble de ces troubles névrosiques mixtes consécutifs aux traumatismes *. Faisant une nouvelle application de sa méthode des comparaisons, M. Charcot établit l'analogie de ces troubles nerveux d'origine traumatique avec ceux que peut développer la suggestion chez les hystériques hypnolisables. Il fut ainsi amené à conclure que les paralysies et les contractures de Thystéro-neurasthénie traumatique rentrent dans la catégorie des phénomènes nerveux qui, suivant l'expression de Russell Reynolds, sont sous la dépendance d'une idée. Ces deux troubles nerveux d'origine traumatique, la paralysie et la contracture, sont le produit d'une autosuggestion, favorisée par l'état mental très spécial du patient au moment du traumatisme.

L'enseignement de M. Charcot inspira de nombreux travaux à ses élèves, parmi lesquels il faut citer particulièrement la thèse de M. Berbez * et celle de M. G. Guinon. Pendant la même année, en 1885, la Société médicale des hôpitaux de Paris revenait à plusieurs reprises sur la question de l'iiystérie traumatique. Plus de dix malades lui étaient présentés. L'histoire de ces malades servit à fixer les caractères de la paralj'sie hystéro -traumatique, ainsi nommée par M. Joffroy.

* Charcot, Leçons du mardi, 1887-88, 1888-89.

* Berbez, Hystérie et traumatisme^ thèse de Paris, 1887.

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La question en est là. Il paraît toujours de nombreux travaux, dont beaucoup renferment des observa tious bien étudiées, mais non des interprétations nouvelles. Cependant M. Grasset *, à propos d'un cas de paralysie hyâtéro-lraumatique, définit l'hystéro-traumatisme : une névrose générale et plus spécialement cérébrale, appartenant à la famille des hystéries. M. Vibert a publié, en 1888, dans une étîide sur les blessures produites par les accî'ir'^îls de chemin de fer, de très bonnes observations et fort intôressantés au point de vue médico-légal. M. Vibert parait se ranger à l'opinion d'Erichsen. — En Allemagne, on peut actuellement constater un mouvement marqué en faveur de la doctrine de Thystéro-neurasthénie traïunaliqun, M. Striimpell* distingue deux formes de la névrtx^i' trau matique, Tune générale, l'autre locale. 11 admet iijJentité de celle-ci avec Thystêrie. Tout récemment, en tSS9, M. Oppenheim^ vient d'écrire une monographie de;? névroses traumaliques. 11 n'a pas abandonné sa théorie delà névrose traumatiqué, mais il reconnaît cependant que quelques-uiis des troubles nerveux qu'il décrit sont de nature hystérique, et même il n'est pas éloigné d'admettre, pour expliquer certains états paralytiques, l'interprétation proposée par M. Qiarcot.

Ganses. — Le traumatisme peut varier beaucoup, depuis une simple chute, sur le sol pendant lama rt.lio, jusqu'aux ébranlements les plus violents auxquels Ir patient puisse survivre. Tous les auteurs ont fait cette remarque ' l'intensité et la nature du traumatisme importent peu ; l'efi'et produit n'est pas en rapport avec la cause,

* GmxseX^ Leçons sur Vhystéro-traumatisme, MontpellierH I.^Si),

« Strùmpell, ngrlin. hlin. Woohens,, 1888.

3 Oppenheiu, Die traumatisohen Neurosen, Berlin, 1889.

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Il a été surtout question de rhystéro-neurasthénie consécutive aux accidents de chemin de fer. Cependant ces accidents ne sont pas la cause la plus commune de la névrose. Sur six observations personnelles, je n'ai pas un cas de ce genre. M. Thomsen a fait la même remarque. 11 est vrai que ces accidents sont plus rares aujourd'hui qu'autrefois. Du reste, les symptômes, nerveux constatés chez les victimes de ces accidents ne présentent rien de spécial. Le plus souvent, il s'agit d'une collision produisant l'arrêt brusque de deux trains lancés à grande vitesse. M. Vibert et M. Onimus* ont vu que les voyageurs les plus maltraités sont ceux qui tournent le dos à la locomotive. Ceux-là ont surtout des symptômes spinaux; ils sont, en eflfet, plus exposés à la commotion de la moelle épinière. Aussi, la remarque n'est-elle exacte qu'en ce qui concerne les cas avec lésions organiques. — Erichsen avait signalé déjà l'immunité des voyageurs ivres ou plongés dans un profond sommeil au moment de l'accident. Il en est probablement de même des jeunes enfants. Ces victimes peuvent être frappées de lésions matérielles, mais elles échappent ordinairement à l'hystéro-neurasthénie traumatique. Cette observation ne manque pas d'intérêt au point de vue de la pathogénie de la névrose. Elle montre toute l'importance de Témotion morale, de la frayeur, du shock nerveux. D'ailleurs, dans certains cas, l'émotion existe seule, à l'exclusion de tout ébranlement physique des centres nerveux. Des chauffeurs et des mécaniciens placés sur la locomotive, aperçoivent tout à coup le péril qui les menace; pendant quelques minutes, quelques secondes, ils ont la vision très claire d'une mort inévitable;

* Onimus, Union médicale, 6 juin 1886.

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ils font des efforts inouïs pour éviter l'accident imminent ; ils y réussissent, et le train s'arrête avant qu'aucune collision ne se soit produite. Or ces chauffeurs et ces mécaniciens peuvent bien présenter immédiatement, ou au bout de quelques jours, les symptômes caractéristiques de Tliyslêro-neurasthénie traumatique *.

Beaucoup de traumatismes professionnels peuvent engendrer la névrose. C'est un forgeron dont la main est frappée d'un coup de marteau, un employé de cliemin de fer qui est tamponné par un wagon, un meunier qui reçoit un sac de farine sur le bras, un maçon qui tombt* de son échafaudage, un ouvrier d'usine qui est atteinL par une manivelle.

La cause est souvent une chute d'un lieu plus ou moins élevé; quelquefois le patient est seulement tombi^ de sa hauteur sur un sol horizontal. Il faut encore citer les éboulements de terrain, l'enfouissement subit dans le mh les explosions de gaz dans les mines. M. Charcot* a récemment montré que certains des troubles nerveux const^cu tifs aux tremblements de terre et au choc de la foudre appartiennent aussi à l'hystérie et à la neurasthénie traiimatiques. La cause des acccidents ners-eux peut être encore une brûlure, la morsure d'un chien, ou même un traumatisme chirurgical (obs. VIII de M. G. Guinon).

L'hystéro- neurasthénie traumatique est, en somme, une affection assez rare. Peut-être paraîtrait-elle plus commune si, dans tous les cas de traumatisme, les chirurgiens étudiaient plus complètement les troubles du système nerveux. Il est probable que beaucoup de formes légères

* Riegler, loo, oit. — Vibert, loc. cit, Obs. I. — Bmnu St^tiuflei*, Berlin* klin. Wochens., octobre 1890,

* Charcot, Leçons du wardi, 1888-89, et thèse de Guinon, hc, cit^

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échappent à robservation ou sont mal interprétées. — L*hystérie spontanée est plus commune chez la femme, rhystéro- neurasthénie traumatique est surtout observée chez l'homme. Le fait est dû sans doute à ce que celui-ci est beaucoup plus exposé aux traumatismes, et particulièrement aux traumatismes professionnels. — Presque tous les cas concernent des individus de vingt à cinquante ans, période de la plus grande activité physique.

La plupart des auteurs ont été frappés de l'absence de toute hérédité névropathique dans les antécédents de leurs malades. Ce sont des adultes, forts, vigoureux, des ouvriers, des rustiques, gens qui paraissent bien peu prédisposés aux névroses et surtout à l'hystérie. Pourtant l'observation est loin d'être toujours exacte. Ainsi, dans les tableaux généalogiques qui accompagnent les observations de M. Qiarcot, nous voyons souvent figurer, chez les ascendants, les diverses affections nerveuses de la famille névropathique, seules ou combinées aux manifestations de larthritisme. Lorsque la prédisposition héréditaire est très prononcée, on s'explique très bien qu'un traumatisme fort léger suffise pour provoquer le développement des accidents nerveux. — L'influence du traumatisme est encore plus efficace si le patient était déjà un hystérique. M. Charcot * a montré combien facilement, chez une femme en puissance d'hystérie, nn choc léger, une chute de peu de gravité, réalise la paralysie ou la contracture imminente. — L'alcoolisme est une autre cause prédisposante. M. Oppenheim* fait remarquer que les alcooliques supportent moins bien les traumatismes. Nous savons d'ail-

A Gharcot, loo, cité

2 Oppenheim, Die traumatischen Xeurosen^ Berlin, 1889, p. 189.

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leurs aujourd'hui que Talcoolisrae peut être comiïté parmi les agents provocateurs de Thystérie. Dans uii grand nombre des observations de M. Guinon, Tinflut^uce fâcheuse de l'alcoolisme est combinée à celle d'autres causes et particulièrement du traumatisme. — ^ M. Hiegler a constaté que les employés de chemin de fer sont, en raisc^n de leurs occupations professionnelles, plus exj*osés aux maladies nerveuses. La trépidation des trains en tnarche entretient un état permanent d'excitabilité du us L^ui\s centres nerveux. De là une prédisposition réelle k Tliystéro-neurasthénie traumatique.

Symptômes. — Les cas sont aujourd'hui nombreux et divers; ils se présentent sous des aspects cliuif]ui"s très dissemblables. Depuis des troubles nerveux locaux et très limités, comme une paralysie incomplète de la main, jusqu'à ces états graves dans lesquels les fonctions du cerveau sont profondément atteintes, il y a beaucoup d'états iuteimédiaires, au point de vue de l'intensité et de l'étendue des troubles fonctionnels engendrés parle traumatisme, A.^surément, c'est toujours la même névrose qui est en cause, l'hystérie ou l'hystéro-neurasthénie. Cependant il nVst pas possible de fondre tous ces faits dans une dt^scrijaien commune. Plusieurs auteurs ont senti la néces^sité d'uri certain groupement des faits cliniques M. StriimpelP admet deux formes de la névrose traumatique, Tune locale et l'autre générale, M. Schultze*, élève de M. Strijmpell, établit trois catégories; aux deux formes de son maître, il ajoute une troisième forme, qui comprend les cas graves, dont des exemples sont fournis par la plupart des nbser rations de M. Oppenheim.

* Strûmpel, loc, cit.

y Schuitze, thèse d'Erlangen, 1888.

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J'ai parcoura et comparé un grand nombre d'observations, et j*ai quelques cas personnels. Il me semble que tous ces faits peuvent être très naturellement répartis en quatre catégories :

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