‹ La Neurasthénie: épuisement nerveuxChapitre 33 sur 55 · I. HYSTÎBRIie TBAUMATIQUE LOCALE · texte numérisé non relu

I. HYSTÎBRIie TBAUMATIQUE LOCALE

Le trouble fonctionnel d'origine traumatique est ici très limité. C'est une paralysie, une contracture, une algie, intéressant seulement un membre ou le segment d'un membre. Les symptômes cardinaux, les stigmates de l'hystérie, font tout à fait défaut. Suivant l'expression de M. Charcot, l'hystérie est ici monosymptomatique. Comme le fait judicieusement observer M. Rendu*, les cas de ce genre ont une allure clinique assez spéciale, et, bien que dépendant de l'hystérie, ils peuvent être au premier abord

4 Rendu, Archives de neurologie^ 1887, n« 41.

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facilement méconnus, tant la névrose qui leur donne naissance est peu évidente. Cependant le trouble fonctionnel, paralysie ou contractuçe, paralysie le plus souvent, présente nettement les caractères propres aux manifestations hystériques, si bien qu'un clinicien exercé ne peut guère s'y tromper.

Les phénomènes du choc nerveux local nous donnent une image atténuée, une esquisse, de ce que sera Thystêrie locale. Ils représentent le germe duquel, étant donné certaines conditions favorables, vont éclore les troubles fonctionnels dont il est ici question. Ce choc nerveux local a été bien étudié par M. Berger *, M. Fischer *, M. Grœningen 3 et aussi par M. Charcot* qui a montré le rôle qu'il joue dans le développement des symptômes de rhyslérie locale d'origine traumatique. A la suite d'un choc de quelque intensité, on peut observer, dans la partie frappôe, de Tanesthésie, de l'engourdissement, de l'impotence rriotrice* M. Billroth a sur lui-même étudié ces phénomènes du choc local, n s'était par mégarde donné un coup sur le dos de la main. Pendant trois minutes, cette main fut insensible et les doigts en étaient paralysés. M. Billroth attribut? ces troubles sensitifis et moteurs à une sorte de vibration qui peut ahéantir le fonctionnement des nerfs d'une façon durable ou seulement passagère. Chez l'homme dont le S} stènie nerveux est iien équilibré, les phénomèmes du choc local s'évanouissent rapidement et ne laissent aucune trace. Il n'en est plus de même s'il s'agit d'un individu en puissance d'hystérie, ou bien encore si, au moment du traumatisme.

* Berger," Berliner klin, Wochens., iSli.

* Fischer, Volkmam's Sammlung klin, Vort., 1»* série, 10* 3 Grœniogen, Neurol, CentrcUblatt, i8S5.

* Charcot, Œuvres complètes, t. III, p. 404.

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le patient éprouve une émotion morale profonde. Dans ces conditions, le cerveau est propre à recevoir et à conserver les suggestions, celles en particulier qui lui viennent du membre blessé. Les sensations d'engourdissement, d'impuissance motrice, d*absenc6 de ce membre sont, comme le fait remarquer M. Charcot, l'origine de cette autosuggestion, que le cerveau accepte sans contrôle et grâce à laquelle la paralysie rudimentaire provoquée par le choc se réalise et se développe au plus haut degré.

Troubles Bensitifs. — Dans quelques cas, les troubles de la sensibilité existent seuls ou dominent tout à fait le tableau clinique * . L'affection chirurgicale, entorse ou contusion, est guérie; l'exploration la plus attentive du membre blessé n'y révèle rien d'anormal. Cependant la pression en certains points et les mouvements communiqués provoquent de vives douleurs. Le membre prend une certaine attitude, entretenue par une raideur des muscles sans contracture véritable. L'hyperesthésie peut être superficielle ou profonde, ou bien encore intéresser tout à la fois la peau et les parties sous-jacentes, surtout les articulations. Les douleurs, provoquées ou spontanées, sont fixes, localisées aux mêmes points ; elles n'ont pas le caractère des douleurs névralgiques et ne correspondent pas exactement à la distribution d'un tronc nerveux.

L'anestbésie est commune dans le membre blessé. Elle peut être aussi superficielle et profonde. Plus ou moins prononcée, elle intéresse tous les modes de la sensibilité. Elle est généralement plus marquée au point même frappé par le traumatisme ; de là, elle peut s'étendre dans le reste du membre, dont généralement elle ne dépasse pas les

* Strûmpell, loc. cit.

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limites. L'anestbésie ne correspond pas non plus à la distribution d'un nerf périphérique ; elle procède par segments de membre, et la limite des parties sensibles et insensibles est une ligne circulaire, perpendiculaire ou plus ou ïiioins oblique à Taxe du membre.

Ces troubles de la sensibilité sont le plus souvettt a^so ciês à des contractures ou a des paralysies.

Contraotores. — Les contractures intéressent .surtout les muscles moteurs d'une articulation et semblent entre tenues par l'hyperesthésie des nerfs articulaires. La thèse de M. Berbez contient plusieurs cas de ce genre. — Telle ebt l'observation XVII, empruntée h M. Hurckanit. 11 s'agit d'une jeune scrofuleuse de douze ans qui n'a ]»as d'antécédents nerveux et qui ne présente aucun des stigmates de l'iystérie. Elle tombe sur le genou droit, et Ton diagnostique une synovite traumatique. Au boul de vingtcinq jours, elle paraît guérie. Mais bientôt la nmrche v^l impossible, le genou est raidi en demi-flexion par b contracture. La patiente est endormie, et l'on s'assure qu'il n y a aucune lésion de l'articulation. Mais il existe une très vive hyperesthésie superficielle et profonde et qui s étend au-dessus et au-dessous du genou. La contracture porte surtout sur les fléchisseurs. Au bout de quatorze jours, la guérison était complète. A quelque temps de là, cette jeune fille eut le bras pris dans une porte pendant quelques minutes. Elle revint à l'hôpital avec une paralysie des muscles du bras et de l'épaule et une anesthésii^ complète jusqu'au poignet. Cette fois, il s'agissait d'une paralysie hystérique. — Dans l'observation XIV de M. Berbez » cest une jeune femme de la campagne, forte, vigoureuse, également indemne de tout autre symptôme hystérique, qui tombe de sa hauteur sur la hanche droite, et qui prosente

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une viye douleur de cette hanche avec forte contracture des muscles pelvi-trochantériens. Le membre inférieur droit est en flexion, abduction et rotation en dehors. Pendant Tanesthésie, on constate l'absence de toute lésion de Tarticulation et des parties voisines. Après le réveil, le membre reprend la même attitude vicieuse. Au bout de dix jours, la contracture avait presque entièrement disparu.

Dans tous ces cas de contracture locale, ce qui imprime à Taffection nerveuse un caractère propre et permet d'en reconnaître la véritable nature, c'est précisément l'intensité de la douleur et surtout des contractures développées dans les muscles moteurs de l'articulation, symptômes tout à fait hors de proportion avec le peu de gravité du traumatisme articulaire.

Paralysies. — Les paralysies sont souvent d'une fnterprétation plus difficile que les contractures. En effet, si les troubles sensitifs et moteurs ne sont pas étudiés avec soin, on peut assez aisément méconnaître la nature de ces paralysies et conclure à une névrite périphérique. Voici lo résumé de trois observations qui donneront une image très exacte de ces paralysies partielles, très limitées, qui Tie s'accompagnent d'aucun autre symptôme hystérique et qui, mieux encore que les contractures, sont des types aclie^ es de ce qu'il faut entendre par hystérie traumatique locale.

Ji* citerai, en premier lieu, une observation très curieuse pttrès bien étudiée de M. P. Sérieux*. Comme le fait remarquer l'auteur lui-même, cette paralysie de la main, qui n'a duré que deux jours, sert en quelque sorte de transition

* 8«rieux, Archives de neurologie, septembre 1890.

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entre les conséquences fugitives du choc local et les troubles fonctionnels, parfois très longs, de Thystéro-traumatisme. — Une jeune infirmière de vingt-cinq ans reçoit, sur la face dorsale de la main droite, un coup d'épingle à cheveux. Elle n'a point d'antécédents nerveux, elle ne présente aucun symptôme d'hystérie. Sa blessure est insignifiante, mais elle éprouve cependant une vive émotion, car elle a vu récemment une blessure analogue, chez une de ses compagnes, nécessiter l'amputation du doigt. Une heure après l'accident, on note une hyperesthésie vive de la plaie et l'anesthésie des faces palmaire et dorsale de la main. Le territoire anesthésié est limité en haut par une ligne circulaire passant au niveau des apophyses styloïdes du radius et du cubitus, en bas par d'autres lignes circulaires en forme de bagues, situées à la partie supérieure des phalanges. Tous les modes de la sensibilité sont également intéressés. La main est affaiblie. Le lendemain, la malade se plaint d'engourdissement dans tout le bras, elle ne sent plus sa main. L'anesthésie est maintenant plus étendue, die remonte au pli du coude où elle est limitée par une ligne circulaire. Au dynamomètre, la main droite donne 3 et la gauche 30 kilogrammes. Deux jours après l'accident, la sensibQité est redevenue normale, et il ne reste plus qu'un peu de faiblesse de la main droite. Soigneusement examinée, la' malade ne présente aucun symptôme, aucun stigmate hystérique. Deux mois plus tard, un nouvel examen donne encore un résultat entièrement négatif. — La résistance aux sensations suggestives venues de la main blessée était assurément diminuée dans le cerveau de cette femme, vivement émue par la crainte d'une complication et d'une opération chirurgicale. Elle fut pendant deux jours en imminence d*une forme durable de la

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paralysie hy^sléro-traiiiiiatiqiie. Mais la réststanœ du œr- Teaa n'avait cédé qae momentanêmeDi, le contrôle cérébral s'est rétabli et la paralysie a dispara.

J^empninte la deuxième obserration à an trarail de M. Rendu '. — A l'âge de treize ans, ane jeane fille tombe et se fait une contusion du poignet droit. La douleur est assez vive, et elle garde la main en écharpe pendant dix jours. L'accident est insignifiant. Peu à peu cependant, les mouvements du poignet deviennent difficiles et douloureux. Trois ans après l'accident, la fatigue musculaire est telle, que la jeune fille est, à plusieurs reprises, obligée de renoncer à jouer du piano. Les douleurs locales et la faiblesse de la main ont encore augmenté, au moment où M. Rendu mi appelé a voir la malade. — Au premier abord, la main d roi le parait tout à fait normale. Les troubles de la sensibilité et de la motilité y sont cependant très marqués Au dynamomètre, cette main droite donne 4 kilogrammes ïeuloment, tandis que la gauche donne facilement 40 kUogrammes. Du reste, instinctivement, la malade se sert de la main gauche pour tous les mouvements qui nécessitent une certaine force. La sensibilité au toucher est émoussée, non complètement abolie ; celles à la douleur et à la temp*;rature ont presque complètement disparu. La malade B est brûlé un doigt avec de Teau chaude sans ressentir la brûlure. La sensibilité articulaire est également altérée ; les mouvements forcés des jointures des doigts ne déterminent pas de douleur. Le sens musculaire est très amoindri. Toute la main est ainsi anesthésiée, et la limite de cette aneiithésie se trouve à 8 ou 9 centimètres au-dessus de 1 interligne articulaire du poignet, marquée par une ligne

* Hendu, Archives de neurologie , septembre 1887.

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circulaire très nette. Dans les muscles parésiés, les réactions électriques sont tout à fait normales. Le passage du courant est beaucoup moins bien senti dans la main droite que dans la main gauche. Il semble qu'il y ait un léger degré d'atrophie de l'éminence thénar. Il n'existe ni troubles trophiques, ni troubles vaso-moteurs de la peau. La jeune fille n'est pas hystérique ; il est impossible, chez elle, de découvrir aucun des stigmates de l'hystérie. Elle est un peu anémique. Il y a, dans sa famille, quelques antécédents nerveux et arthritiques. M. Rendu conseille des frictions, la faradisation, l'huile de foie de morue et l'hydrothérapie. — Au bout de six semaines de ce traitement, l'état "général s'était amélioré, mais la main restait toujours paralysée. M. Charcot consulté confirme le diagnostic de paralysie hystérique. Il conseille b la malade d'appliquer un aimant, pendant la nuit, perpendiculairement à Taxe de la main, et de s'exercer plusieurs fois par jour à serrer le dynamomètre, de façon à réveiller, dans les centres psycho-moteurs, l'image des mouvements du poignet. — Un mois après, les troubles de la sensibilité ont disparu, et la main droite donne 30 kilogrammes au dynamomètre. L'avant -bras est le siège de fourmillements et de crampes assez pénibles. Il semble qu'un certain degré d'hyperesthésie ait succédé à l'abolition du sens musculaire. Un peu plus tard, cette hyperesthésie avait ellemême disparu, et la malade pouvait être considérée comme entièrement guérie.

L'intérêt de ce cas réside dans la longue durée de la période d'incubation de l'hystéro -paralysie. Cette période a duré près de quatre ans. Nous verrons tout à l'heure qu'il y a des cas à début tardif. D'ailleurs, il est bien possible que les troubles de la sensibilité aient existé peu de

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temps après le traumatisme, longtemps avant Texamen de M. Rendu. Les anesthésies hystériques peuvent passer inaperçues de la malade elle-même, et il faut souvent les chercher pour les découvrir. L'intensité de l'anesthésie qui intéresse tous les modes de la sensibilité, les parties superficielles comme les parties profondes, et surtout les articulations de la main, la délimitation si caractéristique de la zone anesthésique du tégument par une ligne circulaire et perpendiculaire à Tavanl-bras, l'intégrité des réactions électriques dans les muscles paralysés, la disparition complète des troubles sensitifs et moteurs sous l'influence des aimants et de cette sorte de suggestion provoquée par la manœuvre du dynamomètre, tous ces faits témoignent évidenmient, même en l'absence des stigmates hystériques, de la nature franchement hystérique de cette paralysie de la main droite.

La troisième observation est de M. Nothnagel. M. Guinon 4'a reproduite textuellement. Elle a été publiée en 1880, c'est-à-dire à une époque où la paralysie traumatique hystérique était encore fort mal connue. C'est même ce qui fait, en grande partie, l'intérêt de ce cas. Sans aucune idée préconçue, l'auteur à décrit fort exactement tous les caractères propres à la paralysie hystérique. — Un foi^eron de trente-six ans, solide, bien bâti, d'une santé générale excellente, est admis à la clinique de M. Nothnagel en janvier 1880. Sept ans auparavant, il avait été frappé par un éclair. Il revint à lui après cinq heures de perte de connaissance. Sa main droite était alors complètement insensible, froide et paralysée, incapable d'aucun mouvement. Il remarqua sur la face dorsale de cette main une

* Ouiuon, thèse de Paris 1889 (obs. XII),

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plaque brune de la dimension d'un thaler et qui n'existait pas auparavant. Pendant plusieurs semaines, il est électrisé sans succès. Puis la paralysie disparaît brusquement et le patient peut reprendre son travail. Il reste guéri pendant six ans. Un jour, en octobre 1879, il fait un grand effort pour soulever un marteau et la paralysie de la main droite reparaît soudainement. — Quatre mois après, il est examiné par M. Nolhnagel.Les téguments de la main droite sont un peu pâles. Il existe une atrophie notable des éminences thénar et hypothénar, ainsi que des interosseux. Les fléchisseurs del'avant-bras paraissent un peu affaiblis. La pronation et la supination sont notablement plus faibles à droite. Le bras étendu présente un certain degré de tremblement. Tous les mouvements du poignet sont très faibles, ceux des doigts le sont encore davantage et ceux du pouce sont impossibles. Les réactions électriques paraissent normales dans les muscles paralysés. La sensibilité électro-musculaire est abolie à la main, normale à Tavant-bras. La main droite est complètement anesthésique, et tous les modes de la sensibilité y sont également intéressés. La limite supérieure de la zone anesthésique est figurée par une ligne circulaire qui passe au niveau des apophyses styloïdes des deux os delavant-bras. Le patient, les yeux fermés, est incapable de reconnaître la position donnée à ses doigts. Toutes les fonctions sont indemnes, et il n'y a pas de troubles nerveux, autres que ceux observés dans la main droite. L'électrisation reste encore sans résultat. M. Nothnagel applique alors un aimant sur cette main paralysée. Quelques applications suffisent à dissiper entièrement les troubles de la sensibilité et de la motilité, si bien que, huit jours après le début de ce traitement, le malade, guéri, quitte l'hôpital et reprend son travail.

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M. Nothnagel ne manque pas d'être frappé de l'analogie de cette singulière paraljsie avec la paralysie hystérique, mais il ne peut se résoudre à admettre que l'hystérie soit en cause chez son robuste forgeron. Aujourd'hui l'hésitation ne serait plus possible. Entre la paralysie de cet ouvrier vigoureux et la paralysie de la jeune fille délicate observée par M. Rendu, il n'y a réellement aucune différence au point de vue clinique. Dans les deux cas, les troubles moteurs etsensitifs présentent, sauf l'intensité, exactement les mêmes caractères. Dans les deux cas encore, c'est un agent esthésiogène, l'aimant, qui, en quelques jours, fait disparaître tous les phénomènes parahtiques. L'hystéro-paralysie traumatique est toujours identique à elle-même et à l'hystérie spontanée, quelle que soit la nature du terrain sur lequel elle vient à se développer. Ce caractère témoigne de l'autonomie et de l'unité de Thystérie; c'est une objection décisive à l'hypothèse de ceux qui dissocient la grande névrose en plusieurs espèces, parmi lesquelles il y aurait une hystérie traumatique, distincte de l'hystérie spontanée. Ainsi, dans ces trois observations, les symptômes cardinaux, les stigmates de l'hystérie, font entièrement défaut. 11 en est de même des symptômes de la neurasthénie. Les troubles locaux de la sensibilité et de la motilité constituent tout le tableau clinique. De là quelques difficultés pour le diagnostic. Telle est la distribution de ces troubles moteurs et senstifs, que l'hypothèse d'une névrite périphérique doit être tout de suite éliminée. Celle d'une lésion organique de la moelle ou du cerveau n'est pas davantage acceptable, en raison surtout des anesthésies articulaire et musculaire, et aussi de la singulière délimitation de la zone anesthésique par une ligne circulaire et plus ou moins perpendiculaire à l'axo du membre. Un

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clinicien exercé pense alors à Thystérie. Il recherche donc les symptômes cardinaux de la névrose. Or, l'absence des stigmates de Tliystérie ne doit pas faire douter de la nature de cette paralysie. Les caractères qu'elle présente, s'ils sont évidents, suffisent pour qu'on puisse affirmer qu'il s'agit bien réellement d'une paralysie hystérique d'origine traumatique.

Dans quelques cas, les stigmates de l'hystérie ne font pas entièrement défaut ; ils existent à un faible degré ou d'une façon passagère. Les cas de ce genre forment une transition naturelle enlre ceux de la première et ceux de la seconde catégorie. — Telle est Tobservation d'un de mes malades. Il est employé de chemin de fer, et c'est un homme grand, très fort, dont le système musculaire est très développé. Il y a un an, il est tombé et s'est fait une contusion du poignet droit. Cette contusion fut promptement guérie. Cependant le patient se plaignait toujours de vives douleurs au poignet, au coude, à l'épaule, et d'une faiblesse du bras telle, qu'il ne pouvait pas travailler. Le chirurgien fit une application de pointes de feu et fut surpris de constater que le malade ne sentait aucune douleur. Je le vis quelques mois après. L'accident datait déjà d'un an. Je constatai uneparésie motrice du bras droit, intéressant surtout les muscles moteurs du poignet et les fléchisseurs des doigts. La main droite ne donnait que 10 kilogrammes au dynamomètre, tandis que la gauche donnait 70 k 80 kilogrammes. L'anesthésie, très prononcée au niveau du poignet, s'étendait de là, mais en diminuant, au bras et à toute la moitié droite du corps. De ce côté, le champ visuel était un peu rétréci. J'ai plusieurs fois examiné cet homme, et je n'ai jamais observé chez lui aucun stigmate hystérique, autre que cette hémianesthésie, tou-

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joars peu prononcée. Depuis six mois son éUt est resté tout à (ait stationnaire. — Ailleurs, à un premier examen, on trouve, as>ociês aux troubles moteurs et sensitiCs locaux, plusieurs des stigmates de l'hTstêrie, rhémianesthésie sensitivo-sensorielle, Tanesthésie du pharynx, un rétrécissement marqué du champ visuel, puis, â un second examen, ces stigmates sont moins évidents, ou bien ils ont même complètement disparu.

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