‹ La Neurasthénie: épuisement nerveuxChapitre 34 sur 55 · II. HYSTÉRIE TRAUMATIQCE LOCALE ET GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

II. HYSTÉRIE TRAUMATIQCE LOCALE ET GÉNÉRALE

Les cas de cette deuxième catégorie ont d'abord paru être les plus nombreux. En réalité, ils sont très probablement moins fréquents que les cas d'hystéro-neurasthénie qui constituent la quatrième catégorie. Les blessés pré- «tentés à la Société médicale des hôpitaux de Paris en 1^85, ainsi que ceux qui ont fait le sujet des premières lerons de M. Cbarcot, sont presque tous atteints d'hystérie locale et générale. Aussi, celte forme a-t-elle été très complètement étudiée.

Elle se distingue par deux caractères : il existe un In^uble fonctionnel local, paralysie, contracture ou ar- Un algie, généralement plus étendu que dans la première forme, et ce trouble fonctionnel local est accompagné des symptômes cardinaux, des stigmates deThystérie.

Nature du traumatisme. — En général, le traumatisme ïj'est pas des plus intenses ; il n'est pas toujours de ceux r|iii impriment une violente secousse au corps tout entier. Ik* plus, le choc est surtout local, et c'est dans la partie fn^ppée que va se développer la paralysie ou la contraclure. Un malade de M. Troisier* tombe de son siège de

* Troisier, Société de chirurgie, 29 mai 1885.

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cocher et se fait une contusion de Tépaulè; un autre de M. Merklen est tamponné à Tépaule entre un wagon et une locomotive ; l'un et Tautre ont une monoplégie brachiale du côté blessé. Si le coup a frappé un des côtés de la tète, c'est de ce même côté que se montrera la paralysie des membres. Le traumatisme peut être très modéré ; c'est un coup, un choc, une compression du bras, de l'épaule, de la jambe. Tel est le cas bien connu de cette femme observée par M. Charcot * ; elle donne un soufflet à son enfant, et la main qui a frappé est atteinte de paralysie. Le traumatisme était bien médiocre, mais la colère de cette femme était violente. L'état mental du patient joue le grand rôle dans le développement du trouble fonctionnel local.

Mode de début. — Le début est immédiat ou bien plus ou moins tardif. Dans le premier cas, la paralysie succède tout de suite au traumatisme. A peine est-il revenu de son émotion, que le patient constate l'impotence de sa main, de son bras ou de sa jambe. Dans le second cas, au contraire, entre le coup et la paralysie s'écoule un certain temps, cinq ou six jours ou même davantage; c'est une sorte de période d'incubation. Suivant l'expression de M. Charcot, on dirait que le patient prépare et médite sa paralysie. Il y aurait un grand intérêt à scruter l'état mental du blessé pendant cette période préparatoire. Il existe encore des cas à début très retardé et dans lesquels l'influence décisive du traumatisme paraît cependant bien probable. C'est plusieurs mois, un an ou même davantage après l'accident, que se manifeste la paralysie. M. Guinona rapporté plusieurs faits de ce genre (obs. VII, LXXVIII). Il cite encore des observations de deux auteurs allemands,

< Charcot, Lettons du mardis 1887-88.

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MM. Petersau et Borstel, dans lesquelles, sous le nom de paralysie traumaiique secondaire, sont décrites des paralysies hystériques survenues plusieurs années après des blessures de guerre.

Le trouble fonctionnel occasionné par le traumatisme peut être une paralysie flasque, une paralysie avec contracture, une arlhralgie.

Paralysies. — La monoplégie brachiale est le type le plus étudié de la paralysie flasque hystéro-trauraatique. L'impotence motrice est plus ou moins prononcée. Quand elle est complète et porte sur tous les groupes musculaires du membre, le bras pend inerte, comme ^entraîné par un poids, et le moignon do l'épaule est aplati. La paralysie peut être tout à fait flasque ; le membre soulevé retombe lourdement, à la façon du bras d'un hémiplégique plongé dans le coma. Les muscles conservent leur volume normal, il n'y a pas d'atrophie ; les réactions électriques ne sont pas modifiéeset la réaction de dégénérescence fait toujours défaut. Cependant, M. Oppenhein a observé dans quelques cas uue légère diminution de l'excitabilité électrique. Les réflext^s tendineux du poignet, du biceps, du triceps ont les mèuies caractères que sur un membre sain.

La paralysie de la sensibilité accompagne celle de la maîilité ; elle donne à cette monoplégie brachiale un cachet 1res pnrliculier et qui permet aisément de la distinguer de la monoplégie due à une lésion des centres corticaux moteurs du cerveau. Tous les modes de la sensibilité sont intéressés. Dans le territoire cutané anesthésique, le patient ne se ht ni le contact ni la douleur, il ne distingue pas des différonces considérables de température. La sensibilité articulaire est abolie ; on peut presser, distendre les jointures, leur imprimer des mouvements forcés, sans provoquer de

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la douleur. La notion déposition des membres est perdue. Si le patient a les yeux fermés, il ne reconnaît pas les diverses attitudes qu'on peut donner aux articulations de son membre paralysé. La sensibilité électro-musculaire a disparu. Dans la région insensible, il y a un accroissement notable de la résistance au passage du courant électrique.

La distribution de cette anesthésie en est un des caractères les plus importants pour le diagnostic. Elle ne correspond pas au territoire connu d'une branche du plexus brachial. La limite supérieure est une ligne circulaire, oblique ou perpendiculaire à l'axe du membre. Elle rappelle les lignes d'amputation ou de désarticulation. Quand Tanesthésie occupe tout le bras, cette ligne de délimitation passe le plus souvent à l'union du tiers externe avec les deux tiers internes de la clavicule, contourne le creux de l'aisselle et suit en arrière le bord axillaire de l'omoplate pour regagner la clavicule (Berbez). Si l'anesthésie est moins étendue, la ligne circulaire se trouve au bras, au coude, à l'avantbras ou encore un peu au dessus ou au niveau du poignet. En général , la sensibilité est perdue jusqu'au bout des doigts. Dans quelques cas, elle est conservée sur la partie inférieure des doigts ou de la main. Alors la limite inférieure de la zone anesthésique est représentée par une autre ligne circulaire qui passe dans la main, ou par plusieurs lignes qui font le tour des doigts à la manière de véritables bagues. — Parfois, au milieu de la région qui ne sent pas, se trouvent quelques plaques dont la sensibilité n'a pas entièrement disparu. — M. Charcot a beaucoup insisté sur cette topographie des troubles sensitifs. Il se sort souvent de ces expressions imagées d'anesthésies en gant, en manchette, en manche de veste.

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La paralysie du membre inférieur présente les mêmes caractères que celle du bras. Quand il marche avec deux béquilles, le patient traîne sa jambe derrière lui. Au lit, il ne peut lui imprimer aucun mouvement volontaire, et, s'il ferme les yeux, il ne sait dire quelle position on lui a donnée. Les réflexes tendineux sont conservés, quelquefois un peu diminués (Berbez). La délimitation de la zone ânesthésique n'est pas moins nette qu'au membre supérieur. En haut, la limite est le plus souvent une ligne qui passe par le pli de l'aine, la crête iliaque, le pli fessier, le raphé du périnée, et laisse les organes génitaux en dehors de la zone anesthésique. Si la paralysie est moins étendue, cette limite supérieure de l'anesthésie descend sur la cuisse ou sur la jambe, toujours représentée par une ligne circulaire et plus ou moins perpendiculaire à l'axe du membre.

Lf^ même patient peut avoir les deux jambes paralysées, mais cette paraplégie est en réalité composée de l'assoûîatton de deux monoplégies crurales (obs. XXIV de M. Berbez). L'anesthésie se limite en haut de la même façon que dans le cas d'une monoplègie crurale simple; elle a, suivant l'expression de M. Charcot, la forme d'un double gigot. Il peut arriver que la paralysie frappe successivenmnt les deux membres inférieurs, ou bien encore quitte l'un pour envahir l'autre.

Il y a une forme hémiplégique de la paralysie hystérotT"iumatique. Elle résulte de l'association d'une monoplègie cnirale et d'une monoplègie brachiale (obs. XXIII de M. Berbez). Les troubles moteurs et sensitifs ont, dans cliaque membre, les mêmes caractères et la même distribulion que si ce membre était seul paralysé. S'agit-il d'un Iraumatisme du crâne, l'hémiplégie est toujours du même coté que la blessure de la tête. Comme dans l'hémiplégie

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hystérique vulgaire, la face est respectée. Parfois le facial inférieur parait être intéressé, et, de même que dans l'hémiplégie de cause organique, la langue peut être déviée du côté paralysé. Mais en réalité le facial inférieur n'est pas paralysé ; il s'agit de ce spasme glosso -labié sur lequel M. Charcot * a récemment appelé l'attention. Tantôt l'hémiplégie est constituée d'emblée, les deux monoplégies brachiale et crurale apparaissent simultanément ; tantôt l'un des membres n'est pris que secondairement, et le premier membre paralysé est celui qui a subi le traumatisme. Si l'impotence motrice n'est pas complète, le membre inférieur est souvent plus faible que le membre supérieur. C'est le contraire qu'on observe dans l'hémiplégie organique, . où le bras est généralement plus fortement et plus longtemps paralysé que la jambe.

Quelques malades ont des paralysies très limitées qui n'intéressent pas le membre tout entier, mais seulement une partie de ce membre, comme la main seule, ou la main et l'avant-bras. Ces paralysies segmentaires peuvent parfois se succéder, s'ajouter les unes aux autres, jusqu'à constituer une monoplégie complète. De telle façon que, ainsi que le fait observer M. Charcot, la monoplégie est composée d'une série de paralysies segmentaires. Le centre d'une paralysie de ce genre parait être une articulation, et les muscles moteurs de cette jointure sont tout particulièrement frappés d'impotence motrice. Ainsi sont constituées les paralysies du poignet, du coude, de l'épaule, et ce sont des paralysies de cette nature, isolées ou plus ou moins combinées, que provoquerait le traumatisme. La constatation de ce fait clinique est d'un grand intérêt au point de

1 Charcot, Semaine médicale, fé\Tier 1887.

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vue de la pathogénie, car, si l'impuissance motrice est le produit d'une autosuggestion, on s'explique bien qu'elle intéresse de préférence les muscles associés pour un mouvement intentionnel déterminé.

Il me reste à signaler quelques caractères accessoires ou accidentels de l'hystéro-paralysie. — Les muscles sont flasques, cependant ils répondent vivement aux excitations mécaniques et semblent être parfois en imminence de contracture. Dans ce cas, la constriction du membre par un lien circulaire et la percussion répétée des tendons ou des muscles eux-mêmes, réussissent à développer un état passager de rigidité musculaire. — L'anesthésie s'accompagne quelquefois de troubles vaso-moteurs ; la peau prend une teinte violacée et la température locale est plus basse que du côté sain. M. Oppenheim a même observé de l'œdème des extrémités paralysées. — M. Charcot * et M. Babinski* ont signalé l'atrophie musculaire dans quelques cas de paralysie hystérique. Cette atrophie peut se montrer aussi dans l'hystéro-paralysie traumatique (obs, VIdeM. Berbez). Elle se distingue de l'atrophie due à la simple inactivité par un développement beaucoup plus rapide. Les muscles atrophiés ne présentent pas de contractions ^fibrillaires; l'excitabilité électrique peut y être diminuée, mais la réaction de dégénérescence fait défaut. Parla l'atrophie musculaire hystérique se^distinguede celle que provoque la névrite périphérique. M. Oppenheim ^ a examiné des fragments de ces muscles atrophiés ; il a constaté une [diminution de la striation transversale , une inégalité de volume des fibres

* Charcot, Progrès médical, 1888, n« IG.

« iJabinsky, Archives de neurologie, i886, n« 34 et 35.

î» Oppenheim, Die traumatischen yeurosen, Berlin, 188^, p. IH.

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musculaires et même la multiplication des noj'aux du sarcolemme.

Contraotnres. — Tous les observateurs ont remarqué que, dansThystérie traumatique, la paralysie avec contracture est plus rare que la paralysie flasque. La contracture envahit aussi les muscles moteurs d'une ou de plusieurs articulations, et Tattitude du membre est déterminée par la prédominance de la rigidité musculaire dans le groupe des fléchisseurs ou dans celui des extenseurs. Cette contracture est généralement plus prononcée au pied et à la main que dans les autres jointures. Le début est rapide ; la rigidité des muscles est plus forte et la déformation du membre plus marquée que dans les cas où la contracture est due à une lésion organique. Les mouvements volontaires sont nuls ou très faibles, et la résistance des muscles est telle, qu'il faut de grands efforts pour obtenir quelque déplacement des os de la jointure immobilisée. Si la contracture n'est pas extrême, on constate une exagération des réflexes pouvant aller jusqu'à la trépidation spinale. Les troubles de la sensibilité sont analogues à ceux qui accompagnent la paralysie flasque.

Arthralgies. — Le type le plus connu et le plus fréquent des arthralgies hystéro-traumatiques est la contracture douloureuse de la hanche, la coxalgie. Le patient tombe sur la hanche, et, soit immédiatement, soit quelques jours après la chute, il présente une attitude comparable à celle de la coxalgie par lésion osseuse. L'exploration la plus attentive ne révèle qu'une lésion insignifiante, et, pendant l'anesthésie, l'articulation est mobile dans tous les sens. La contracture est plus prononcée que dans la coxalgie vulgaire. Elle est surtout douloureusa. L'adjonction d'une douleur très vive distingue cette arthralgie de la paralysie

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avec contracture. La douleur existe même au repos ; eHe est exaspérée par les mouvements communiqués, par la pression, par le choc du genou et du grand trochanter. La peau de la hanche est le siège d'une très vive hyperesthésie, même au contact superficiel, et cette hyperesthésie a les mêmes limites supérieures que Tanesthésie d'une paralysie hystéro-traumatique de tout le membre inférieur. Chez un malade de M. Berbez (obs. XV), cette zone hyperesthésique de la hanche était en même temps une zone hystérogène. Des arthralgies de ce genre peuvent intéresser la plupart des articulations, le pied, le genou, le poignet, le coude, répaule. Mais la hanche en est le siège de prédilection.

Quelques observations témoignent bien de l'origine et de la pathogénie communes des deux manifestations principales de rhystéro-traumatisme,la paralysie et la contrac ture. On y voit ces deux phénomènes alterner ou se succéder. Il en est ainsi dans un cas de M. ChauflFard *. Le malade tombe sur la paume de la main gauche, du haut d'une échasse. Il éprouve une vive douleur, d'abord dans la main etTavant-bras, puis dans l'épaule. Le bras devient de plus en plus lourd. Au bout de huit jours, le membre était contracture et cette contracture s'accompagnait d une vive hyperesthésie de la peau. Cet état dure pendant un an. Un jour, à la suite d'une application de courants continus, la contracture disparaît brusquement et fait place à une paralysie flasque du bras. Cette période parahtique se prolonge pendant deux ans. Puis la paralysie disparaît à son tour, sous l'influence du massage des muscles paralysés.

* Chauffard, Gazette hebdomadaire di médecine^ 1886j n<» 21,

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Autres symptômes hystériques. — Dans les cas de cette seconde catégorie, les symptômes cardinaux, les stigmates deThystérie, ne font pas défaut. Non seulement ils existent, mais ils sont généralement nombreux et prononcés. On peut y voir la preuve que les malades de cette cat^oiie sont plus sérieusement touchés par rhystéro-traumatisme. Parmi ces stigmates, les troubles de la sensibilité tieniient la première place; ce sont surtout riiémianesthésiesensilivo-sensorielle et Tanesthésie du pharynx. Certaitis troubles de la vue ont une grande importance : le rétrécissement unilatéral ou bilatéral du champ visuel, ramblja pie, et, avec une fréquence moindre, la dyschromalopsie, les modifications du champ visuel pour les couleurs, la diplopie monoculaire. On trouve fréquemment aussi des points hyperesthésiques ; quelques-uns de ces pointai satit même hystérogènes et la pression en provoque, aoit une crise convulsive complète, soit seulement les phénonK'nes de Taura hystérique.

Parfois, le point hyperesthésique et spasmogène est localisé dans la région frappée par le traumatisme. Une de mes malades avait un point de ce genre sous le sein gauche où elle avait reçu un coup de corne de vache, cause provocatrice de rhystérie. Le malade de M. Grasset avait une zone spasmogène au voisinage du mamelon droit, et c'est là qu'il avait été blessé d'un coup de couteau. La pression y était très douloureuse, et, si elle était prolongée, le itafieiit était pris d'une crise convulsive.

L'ovarie est aussi constatée chez les femmes atteintes d'hystérie traumatique. Enfin les attaques hystériques ellesmêmes, les attaques convulsives le plus souvent, viennent encore s'ajouter aux autres stigmates de la névrose. Il <\st difficile d'en apprécier la fréquence; elles se sont montrées

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assez communément parmi les malades observés par M. Charcot et ses élèves. Elles sont plus rares dans les observations étrangères. Il est probable que les grandes attaques convulsives ont été plus d'une fois considérées comme étant de nature épileptique.

Tels sont les symptômes le plus souvent constatés à côté des troubles fonctionnels locaux, la paralysie, la contracture et l'arthralgie. Ils servent grandement à établir le diagnostic et ils le rendent généralement facile. On a noté la ténacité de ces stigmates de l'hystérie traumatique ; mais, comme Ta fait observer M. Charcot, ce caractère appartient aussi aux symptômes analogues de l'hystérie spontanée.

On peut encore, chez les malades atteints d'hystérotraumatisme, rencontrer d'autres manifestations de la Di^vrose; j'y reviendrai d'ailleurs à propos de l'hystéroneurasthénie traumatique.

La plupart des observateurs ont été frappés de l'état îiieiit^il particulier de leurs malades. Ils sont inquiets, sombres, taciturnes, très préoccupés de leur situation, enclins à l'hypocondrie et à la mélancolie. Ils recherchent la solitude. Comme celui des alcooliques, leur sommeil est troublé par des rêves et des cauchemars. Ils y voient des figures étranges, menaçantes, des bêtes monstrueuses, ou bien ils s'y trouvent menacés d'accidents terribles. Parfois ils ont aussi des visions hypnagogiques. M. Cliarcot a montré que cet état mental est un des caractères de Thystérie masculine, mais qu'on peut aussi le renconter dans rUystérie de la femme. Toutes les femmes hystériques ne sont pas gaies. Cette dépression cérébrale de l'hystérie de Thoinme serait plus commune encore lorsque la névrose se développe à la suite d'un traumatisme. Elle s'accompagne

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parfois d'une céphalée sourde, continue, tenace, et qui s'exaspère dès que le patient veut travailler. Mais déjà ce n'est plus seulement de l'hystérie, et nous entrons dans le domaine de la neurasthénie.

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