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AUTRE CAS DE NEURASTHÉNIE DUE AU NEURO-ARTHRITISME

Cette dénutrition finit peu à peu par atteindre ses centres nerveux qui, privés de leurs éléments réparateurs, subissent à la longue une dépression inquiétante autour de laquelle viennent successivement se ranger tous les symptômes fondamentaux de la maladie de Beard.

Son médecin lui conseille de se soumettre souvent à l'usage des pratiques hydrothérapiques pour combattre cette neurasthénie qu'il attribue à l'hérédité névropathique, à l'auto-intoxication et aux troubles de nutrition localisés dans les centres nerveux.

L'évolution de cette neurasthénie absolument essentielle dans sa forme a été fort lente et exempte de toute complication. Pour obtenir sa guérison, il a fallu recourir pendant près d'une année à une douche reconstituante quolidienne qu'on était parfois obligé de varier dans sa durée, dans sa force de projection et dans sa température, pour l'adapter exactement aux exigences journalières de ce névropathe enraciné.

Type CIX. — Neurasthénie et neuro-arthritisme.

Cette observation se distingue par les irrégularités qu'elle présente. Il s'agit ici d'un malade sujet à de nombreux troubles névropathiques et circulatoires et dont l'aspect est celui d'un homme qu'on croit toujours menacé d'une congestion cérébrale.

Ce malade est constamment absorbé par des travaux financiers assez délicats. Il n'a jamais le temps de se promener; mais en revanche il fait tous les soirs de copieux repas que son médecin l'engage à rendre plus modestes afin d'entraver la marche d'une autointoxication dont il a déjà constaté le prélude.

Un jour, sous l'influence d'une violente commotion, il éprouva des accidents nerveux qu'on attribua à un accès de neurasthénie. Il put prendre immédiatement des douches tempérées, très légères qui réparèrent ces désordres nerveux. Le malade ne voulant pas interrompre son travail et ses habitudes gastronomiques, fut surpris un jour par une sorte d'ictus qui donna quelques inquiétudes à son entourage. Un traitement approprié et la rude constitution du patient contribuèrent à améliorer cet état morbide mal défini. Peut-on attribuer cet état à de simples poussées congestives lancées par intervalle vers le cerveau, à un commencement d'artério-sclérose, ou à des altérations irritativcs provoquées dans les enveloppes ou dans la substance même de cet organe. Je ne puis le dire. Mais en revanche je puis affirmer que chez cet homme incontestablement blessé qui a presque l'allure d'un sujet bien portant, la neurasthénie s'est montrée quelquefois avant et

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même pendant l'apparition de symptômes encéphaliques plus redoutables. Il vint spontanément prendre quelques douches tempérées qui apaisèrent l'acuité de cette neurasthénie qu'on eut raison, je crois, de considérer comme une neurasthénie prodomique ou symptomatique.

Type GX. — Neurasthénie et neuro-arthritisme héréditaire.

Dans ce type se trouve l'histoire de deux sœurs issues de parents arthritiques et névropathes, ayant chacune des troubles nerveux se traduisant chez l'une d'elles par des accidents d'hystérie mondaine et chez l'autre par un nervosisme mal accentué qui, sous l'influence d'une pénible émotion, se transforma en une véritable neurasthénie. Elles ont souvent des crises de migraine, de l'acné et des poussées eczémateuses fort désagréables dès que les premières chaleurs font leur apparition.

Elevées dans un milieu austère elles avaient dès leur enfance pris l'habitude de concentrer au fond de leur âme les joyeuses pensées que la jeunesse fait éclore. Docilement soumises aux volontés de leurs parents, elles étaient toujours présentes aux soirées familiales qu'ils offraient à des invités de choix pour qui les charmes de la conservation possédaient plus d'attraits que les jeux d'agrément. Elles assistaient aussi cà des réunions plus sévères consacrées à des conférences contradictoires qu'organisait de temps en temps le maître de la maison et dans lesquelles on avait le plaisir d'entendre des personnages très renommés. Ces jeunes filles s'intéressaient, comme tous les assistants, à ces joutes oratoires, mais je crois qu'elles auraient été enchantées de remplacer les beaux discours par un entraînant tour de valse.

On confia leur éducation à une institutrice intelligente et sérieuse qui développa chez elles une culture littéraire et artistique très savamment ornementée.

Ces jeunes personnes avaient un goût passionné pour la musique; la plus impressionnable d'entre elles éprouvait presque toujours un grand trouble en entendant ou en exécutant les œuvres de Gounod ; l'autre, moins agitée nerveusement, adorait les douces et suaves mélodies de Massenet. Chacune d'elles accusait ainsi des préférences musicales qui semblaient bien adaptées aux caractères de leur tempérament respectif. Ces coïncidences ne sont pas rares, et, beaucoup de neurologistes trouvent dans les manifestations artistiques de leurs

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