NEURASTHÉNIE. — ASTHME. — CHORÉE. — TICS DE LA FACE
Type CXIII. — Neurasthénie. — Asthme. — Chorée. — Tics de la face.
Ce type renferme l'histoire pathologique d'une malade qui mérite d'être contée. Cette malade est la fille d'un de mes anciens clients qui a suivi pendant longtemps la cure hydrothérapique pour se débarrasser de troubles neuro-musculaires (spasmes, contractures, épuisement) survenus à la suite de quelques accès de goutte.
Elle a eu dans son enfance des crises d'asthme se terminant presque toujours par une hypersécrétion pulmonaire d'aspect mousseux ou par une émission d'urine abondante et très claire. A la suite d'une de ces crises, alors que la poitrine semblait comjplètement libérée de son agression, la jeune malade devint très nerveuse. Moralement impressionnée par de vives contrariétés dont il fut impossible d'apprécier la nature, elle fut subitement atteinte de spasmes fonctionnels qui, en se localisant sur les paupières et sur les joues, troublèrent la parfaite régularité de ses traits. Ces tics, non douloureux du reste, disparurent assez promptement et furent presque aussitôt remplacés par des accidents choréiques particulièrement accentués dans les membres supérieurs. Ces mouvements désordonnés l'attristèrent et la rendirent inquiète. Sous l'influence de ce chagrin elle éprouva une dépression psychique très intense bientôt accompagnée d'une céphalée constrictive, de douleurs lombaires assez vives et d'une atonie stomacale très manifeste à laquelle s'ajoutèrent les symptômes d'une véritable auto-intoxication. La jeune fille devint irritable et rechercha la solitude avec un empressement qui affligea tous les siens. Un jour, à son grand étonneraient, les mouvements choréiques cessèrent. Mais après leur disparition elle se sentit physiquement et moralement anéantie. Par intervalle elle avait une excitabilité nerveuse dont il était difficile de connaître la portée et le caractère.
Les médecins consultés admirent, sans hésitation, l'existence d'une vraie neurasthénie. Ils l'attribuèrent à la fois, à l'héritage arthritique de la jeune malade, au chagrin profond qu'elle avait éprouvé en voyant ses traits déformés par les spasmes fonctionnels dont son visage était le siège, à ses troubles dyspeptiques et à l'auto intoxication consécutive, et, peut-être aussi à la vive émotion qu'elle avait ressentie sans se plaindre et dont les médecins ne purent jamais bien préciser l'origine.
On lui conseilla de suivre un traitement hydrothérapique. Elle prit dès le début une série de douches sédatives auxquelles succédèrent