INFLUENCE UES DOULEURS MORALES SUR LES NEURASTHÉNIQUE
blés, prennent volontiers une attitude résignée et se mettent aisément à l'abri de tout souci. Ces malades, toujours protégés par leur persévérant égoïsme, ne demandent aux médecins qu'une faible assistance.
Les exaltés laissent le cbamp libre à leur émotivité morbide. Ils ont presque toujours les larmes aux yeux, se lamentent sans cesse et donnent au récit de leurs souffrances un grand accent de tristesse qui fait naître souvent autour d'eux une compassion pleine de bienveillance. Le médecin doit surveiller attentivement les manifestations de cette excitation spéciale. Pour les atténuer il lui faudra d'abord recourir à l'intervention des agents physiques qu'il sait capables de provoquer une sédation matérielle et donner ensuite à ces malades les conseils qu'exigent les désordres de leur vacillante mentalité.
A côté de ces neurasthéniques dont les plaintes offrent tant de contrastes, il en est d'autres qui donnent à leurs doléances l'aspect d'un véritable sentimentalisme. Parmi ces derniers ceux qui croient aux influences providentielles et qui ont au fond de leur àme une foi ardente et sincère trouvent dans les pratiques de la religion un secours incontestable. D'autres névropathes cherchent l'apaisement de leur chagrin dans l'affectueux rayonnement des relations amicales. Certains d'entr'eux trop sensibles aux évocations surnaturelles, n'hésitent pas à s'adresser à ces personnages mystérieux qu'ils prennent pour des initiés ou pour d'étranges voyants auxquels leur esprit attribue naïvement le don de connaître les épisodes du passé, de deviner les secrets de l'avenir et même de faire parler des voix à jamais éteintes. Ces sentimentaux, trop souvent déconcertés par de bizarres chimères, ont besoin d'être dirigés par un médecin bien avisé.
Enfin je mentionnerai ces neurasthéniques sur lesquels la religion et les distractions mondiales n'ont aucun empire et qui ne comptent que sur le temps pour atténuer leur douleur morale. Ce sont les plus éprouvés, les plus malheureux et les plus intéressants. Le médecin chargé de les secourir doit être un thérapeutiste expérimenté et un profond moraliste. Pour restaurer leur organisme qui est toujours très débilité et calmer leurs nerfs perpétuellement menacés par des agitations redoutables, il pourra en toute sécurité recourir à l'intervention des agents physiques dont j'ai souvent signalé les merveilleux effets. Après avoir institué cette partie matérielle de sa cure, il lui faudra surveiller l'état psychique de son malade et s'efforcer de rendre à son àme désemparée l'espérance qu'elle a per-