NEURASTHÉNIE. TOPOALGIES. ALGIES CENTRALES. DOULEURS D'HABITUDE
sur la peau et des manifestations d'hypéresthésie semblables à celles que provoquent les dermato-névroses qu'on observe chez les rhumatisants et les goutteux.
Type CLI. — La neurasthénie. Les topoalgies, les algies centrales et les douleurs d'habitude.
Les neurasthéniques accusent aussi des douleurs d'une autre nature qui se localisent dans certains territoires organiques dont la topographie, au point de vue des nerfs et des muscles, ne ressemble pas à celle qui est décrite dans tous les précis d'anatomie. Le Dr Blocq les appelle des topoalgies; et le Dr Huchard des algies centrales. Le professeur Brissaud qui, dans ces derniers temps, les a analysées avec une étonnante perspicacité, a eu l'idée de les diviser en plusieurs groupes au milieu desquels figure celui où se trouvent ces perversions sensitives qu'il a désignées par le nom très expressif de douleurs d'habitude. Ces souffrances qui se développent à une heure prévue d'avance et auxquelles le malade n'a pas la force de se soustraire ont, comme les topoalgies et les algies centrales, une origine mentale. Elles se révèlent de préférence chez beaucoup de névropathes et en particulier chez les neurasthéniques dont la sensibilitépsychique accuse des inversions singulières ou des exagérations non motivées.
Type CL1I. — Influence des douleurs morales sur les neurasthéniques.
Il me reste à dire quelques mots de l'influence qu'unt les douleurs morales sur les neurasthéniques et à signaler en même temps les réactions que ces douleurs exercent sur les symptômes de la maladie de Beard. Le médecin doit toujours savoir comment ces névropathes les expriment et comment ils les supportent. Ce renseignement sera pour liii une indication thérapeutique précieuse quand on lui demandera de calmer ou d'anéantir leur fâcheuse, influence. Evoluant chez des névrosés, ces douleurs sont le plus souvent liées à des troubles psychiques ousomatiques dont la manifestation extérieure correspond assez exactement à la nature intime du sujet intéressé et à son degré de résistance.
Les neurasthéniques donnent aux douleurs qu'ils éprouvent une expression qui révèle presque toujours les particularités de leur caractère et les tendances de leur tempérament.
Les apathiques ne sont jamais bouleversés par les souffrances morales. Enveloppés dans leur indifférence, ils évitent les efforts péni-