ONZIEME SOMMAIRE
217 Relations de la neurasthénie avec certaines altérations organiques ou fonctionnelles siégeant dans l'appareil génito-urinaire de la femme.
La découverte de ces relations est due aux progrès qu'a fait la gynécologie dans ces dernières années. — Il faut attribuer ces résultats heureux à l'intluence qu'ont eu sur la connaissance des maladies génitales de la femme les travaux judicieusement combinés de la médecine et de la chirurgie. — L'association de ces deux grandes spécialités de l'art de guérir est nécessaire pour rendre cette étude fertile.
Les altérations histologiques ou fonctionnelles du système nerveux provoquent de noméreux désordres dans l'appareil sexuel de la femme. En revanche les affections de cet appareil ont une grande répercussion sur l'organisme de la femme et déterminent notamment des psychoses et des névroses au milieu desquelles peut apparaître la neurasthénie.
Dans ces cas particuliers la neurasthénie perd son essentialité et devient symplomalique des maladies génitales. — Elle peut aussi trouver son point de départ dans une irritation sexuelle et se présenter sous la forme d'une neurasthénie d'origine périphérique ou réflexe. — Témoignage des faits venant à l'appui de cette interprétation et donnant les indications que doit suivre le traitement , hydrothérapique pour s'adapter aux particularités variables de ces états nerveux.
Type LXXV1I. — C'est l'observation d'une jeune femme arthritique et nerveuse atteinte, à la suite d'une série d'excès, d'un engorgement utérin compliqué de poussées congestives et de phénomènes douloureux localisés dans le bassin — Sans cause conque survient un véritable accès de neurasthénie qui fut attribué à l'affection génitale. — Guérison de la malade survenue après un traitetement hydrothérapique dirigé en même temps contre l'affection utérine et la neurasthénie.
XVI EXPOSE DES SOMMAIRES
Type LXXVIII. — C'est le cas d'une jeune femme délicate et nerveuse qui, àla suite de cinq grossesses rapprochées et d'une fausse couche, a été atteinte d'une affection congestive de la matrice compliquée après laquelle est survenue un accès de neurasthénie. — Les douches tempérées ont calmé l'agitation nerveuse, sans faire disparaître les accidents neurasthéniques. — Un chirurgien appelé en consultation constate une forte rétro-flexion et un prolapsus de la matrice. — Congestion, engorgement du col. infiltration de liquides. ■ — Le redressement manuel de l'organe malade et un traitement approprié améliorent la maladie locale et atténuent la neurasthénie. — Guérison complétée par la douche froide, le hain de siège à eau courante, la douche bypogastrique. — Ces procédés hvdrothérapiques relèvent les forces de la malade, régularisent la circulation abdominale et font disparaître tous les accidents neurasthéniques. — Mention de quelques cas rebelles à cette médication.
Type LXX1X. — Il s'agit ici d'une femme très nerveuse qui a eu plusieurs avortemenls et consécutivement des métrites à répétition après lesquelles est survenu un prolapsus resté longtemps irréductible. — Ces diverses pertubations utérines ont favorisé le développement d'une neurasthénie. — Les applications sédatives et reconstituantes de l'hydrothérapie n'ont produit que des résultats à peu près insignifiants sur celte névrose qui a été considérée comme symptomatique de l'affection utérine. — Le traitement spécial de l'affection utérine ■ le vient indispensable. — On a recours sans succès à l'emploi de divers pessaires, à l'introduction de la tige intra-utérine, au massage interne et externe, à l'hyslérophore, à l'électricité, et même au raccourcissement des ligaments ronds qui paraissaient trop relâchés. — Seule l'hysteropexie pratiquée par la voie abdomniale produit des résultats très satisfaisants. — L'hydrothérapie, reprise quelque temps après l'opération, fait disparaître la neurasthénie et complète la guérison de la malade.
Type LXXX. — Neurasthénie survenant à la suite d'une congestion utéro-ovarienne. — Suivant l'allure de cette congestion et selon les particularités du tempérament des malades la neurasthénie peut être symptomatique ou appartenir au groupe des neurasthénies d'origine périphérique ou réflexe. — Cette neurasthénie ne disparaît qu'après la guérison île la congestion et après la modification de l'état constitutionnel de la malade. — Contre cet état morbide le traitement hydrothérapique est fort utile. Pour rendre son action curative complète il faut, selon les circonstances, recourir à ses effets sédatifs, à ses effets analgésiques, à ses effets révulsifs ou résolutifs et à ses effets reconstituants. — La vaginite, la métrite avec hémorrhagie, catarrhe, hypertrophie ou hyperplasie, l'endométrite ou la paramétrite, la salpingite, l'ovarite, la pelvi-péritonile. les tumeurs simples ou malignes, les collections sanguines, purulentes ou séreuses aglomérées dans la cavité du bassin peuvent occasionner des désordres nerveux qui appartiennent à l'hystérie et à certaines psychoses ou qui prennent parfois la forme des accidents neurasthéniques. — La névrose de Beard peut être heureusement traitée par l'hydrothérapie, vantée avec raison par la plupart des gynécologislstes — Mais on ne doit recourir à cette méthode que lorsque les poussées inflammatoires sont complètement éteintes et que les récidives ne sont plus à craindre. Alors seulement son intervention est correcte il salutaire. — ICI le peut faire disparaître les troubles nerveux provoqués par les alfections génitales précitées et quelquefois par les opérations sanglantes
EXPOSE DES SOMMAIRES. XVII
qu'elles nécessitent. — Elle peut aussi favoriser la résorption des liquides et îles principaux reliquats inflammatoires restés dans la trame des tissus, modifier les diathèses et notamment la diatbèse arthritique qui impriment à l'organisme de la malade des prédispositions morbides toujours lâcheuses.
Type LXXXI. — C'est le cas d'une jeune femme atteinte d'un blcnnorrliagie promptement répandue dans l'urèthre, la matrice et les ovaires. — Cette phlogose virulente a duré fort longtemps ; en disparaissant elle a laissé la malade dans un état de dépérissement. — La neurasthénie est venue se greffer sur cet état d'atonie générale. Elle a été guérie par les applications reconstituantes de l'hydrothérapie. Quelques médecins ont timidement attribué cette neurasthénie à l'inflammation virulente des organes génitaux, d'autres lui ont donné pour point de départ l'épuisement de l'organisme produit par cette interminable inflammation.
Type LXXXI I. — Ce type est celui d'une jeune femme neuro-arthritique par hérédité. — A la suite d'une métro-ovarite passée promptement à l'état chronique et qui dura fort longtemps, elle fut atteinte d'un accès de neurasthénie qu'on attribua à la fois à la métro-ovarite, à l'épuisement nerveux que cette maladie avait causé, et aux prédispositions héréditaires de la jeune patiente. — L'hydrothérapie fit disparaître la neurasthénie, modifia l'état constitutionnel de la malade et compléta la guérison de l'affection génitale déjà améliorée par un traitement spécial suivi depuis quelque mois.
Type LXXX1II. — Jeune femme atteinte d'une mélrite fongueuse compliquée d'hémorrhagies intermittentes et d'atrésie du col utérin. Elle fut traitée et guérie par la dilatation du col de la matrice et par un curetage du corps. A la suite de cette double opération la malade fut très affaiblie et devint neurasthénique. Un traitement hydrothérapique approprié à son état lui rendit les forces qu'elle avait perdues et rétablit l'harmonie dans le fonctionnement de son système nerveux.
Type LXXXIV. — Cas d'une jeune névropathe atteinte d'une phlegmatia albadolens qui a duré fort longtemps. A la suite d'une fausse couche, apparition de quelques signes révélateurs d'une salpingo-ovarite et d'une pelvi-péritonite d'origine annexielle laissant soupçonner la formation de collections purulentes. -- Guérison obtenue par un drainage sévère facilité par une large incision vaginale. — Neurasthénie manifestement liée à ces altérations de l'appareil génital et traitée avec succès par certaines applications de l'hydrothérapie.
Type LXXXV. — Il représente l'observation d'une jeune arthritique très nerveuse ayant eu dans les premières années de sa vie des crises hystériques qui disparurent après un mariage contracté selon ses goûts. — Deux'grossesses assez pénibles. Après la dernière, développement de poussées inflammatoires dans la matrice et les ovaires, graves altérations des organes contenus dans le bassin.
— Sécrétion muco-purulente très abondante. — Souffrances très vives. — Crises d'hystérie semblables à celles des premières années. — Laparatomie. — Enlèvement de la matrice, des ovaires et des tissus altérés du voisinage. — Nettoyage.— Drainage. — Suture appropriée. — Sommeil profond après l'opération
— Au réveil attaque violent <■ d'hystérie qui disloqua le pansement. — La nuit qui suivit cette crise désordonnée fut calme. Dès le lendemain la malade raconta à ses amis et aux siens qu'elle avais eu un rêve dans lequel un personnage lui annonça qu'elle allait être débarrassée de tous ses maux. — Cet heureux présage se réalisa en partie et la malade connut pendant quelques
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années les douceurs d'une accalmie complète. — Malheureusement elle se laissa envahir par des idées de tristesse que faisait naître dans son esprit la perte de ses altrihuts féminims. — Elle eut un accès de neurasthénie qu'où attribua à son affection génitale à son tempérament.arthritique et nerveux et à de cruelles déceptions. — Le traitement hydrothérapique améliora son état nerveux; et, pour éviter les accidents d'une nouvelle rechute, la malade se décida à vivre à la campagne. — Cette détermination fut pour elle très salutaire.
Connexité qui existe entre la neurasthénie et les troubles delà menstruation. — La neurasthénie peut se développer à l'âge de la nubilité et à celui de la ménopause. — Elle peut aussi se développer sous l'influence de l'aménorrhée, de la ménorrhagie et de la dysménorrhée. — L'hydrothérapie est un, des traitements les plus efficaces contre cette neurasthénie spéciale.
Enumération et mode d'emploi des applications hydrothérapiques qui conviennent aux femmes devenues neurasthéniques à l'âge de nubilité, à l'âge critique ou à la suite d'une aménorrhée, d'une ménorrhagie essentielle ou d'une dysménorrhée.
Neurasthénie survenant pendant la grossesse. Quelles sont les applications hydrothérapiques qu'il faut employer contre cette névrose chez les femmes enceintes? — Quelles sont les règles qui doivent, dans ce cas spécial, présider à la mise en œuvre de ces applications? 236
DOUXIEME SOMMAIRE
237 Influence exercée sur la neurasthénie par les maladies de la nutrition. — Maladies infectieuses ou microbiennes prenant la forme aiguë comme dans la fièvre typhoïde, la grippe, etc., ou la forme chronique comme dans la tuberculose, la syphilis, l'impaludisme. etc. — Les intoxications proprement dites ou exogènes, les intoxications endogènes ou auto-intoxications, la diathèse arthritique et ses principales manifestations, les dystrophiliées à la chlorose, aux chloro-brightisme, aux croissances défectueuses, les altérations histologiques ou fonctionnelles localisées dans les principaux appareils de l'organisme surtout quand elles sont aggravées par des tares héréditaires et par les irrégularités d'une hygiène mal conçue, jouent un rôle important dans les manifestations de la neurasthénie. — Ces divers états morbides en "troublant la régularité des fonctions digestives. en altérant le sang dans sa progression et dans ses éléments constitutifs et en perturbant les tissus ou les fonctions du système nerveux, favorisent l'explosion de la plupart des névroses et particulièrement delà neurasthénie. — Cette névrose a quelquefois pour point de départ des troubles sensitifs et prend la forme d'une neurasthénie d'origine périphérique ou réflexe. — Elle peut être simplement symptomatique et n'avoir qu'une importance secondaire. — Dans certains cas la névrose de Beard conserve, même au milieu des grands désordres toxi-infectieux. l'allure d'une neurasthénie essentielle. — On ne constate cette expression distinclive que chez les malades prédisposés aux névropathies ou chez ceux qui ont subi l'influence dépressive d'un grand choc
EXPOSE DES SOMMAIRES. XIX
moral, d'un violent traumatisme matériel ou d'un surmenage intellectuel el
physique extrêmement désordonné.
Relation de la neurasthénie avec les défectuosités de la croissance.
Type LXXXVI. — Jeune homme de 1 \ ans éprouvé par une croissance irrégulière et rapide. — Son état fut amélioré par le traitement que. dans ces rieconstances spéciales, conseille le l>r Springer. — Entré en pleine convalescence, ce malade fut ébranlé par une émotion très violente et eut un véritable accès de neurasthénie qui disparut sous l'influence des applications sédatives et reconstituantes de l'hydrothérapie, — Cette neurasthénie fut attribuée par quelques médecins à la commotion nerveuse éprouvée par le malade et par d'autres à la trop grande déperdition des phosphates occasionnée par les défectuosités d'une croissance incorrecte. — Réflexions inspirées par cette interprétation dualiste.
Type LXXXVII. — Silhouette d'un malade présentant dès sa naissance de graves prédispositions héréditaires. — La première croissance, sérieusement entravée dans sa marche, tll craindre que cet enfant fut un dégénéré ou un candidat à l'infantilisme. — Un traitement énergique et affectueusement dirigé produisit un très heureux résultat — Survint ensuite une chorée qui ne dura pas longtemps et après laquelle le jeune malade grandit démesurément. — Cette nouvelle croissance ne provoqua chez lui aucun désordre : elle augmenta ses forces physiques, développa ses facultés intellectuelles et lai permit de vivre ranime les adolescents de son âge. — Malgré l'amélioration obtenue, il paya un nouveau tribut à son nervosisme ancestral et fut atteint d'une incontinence d'urine que le père eut la singulière idée de guérir par des corrections matérielles assez violentes. — Ce traumatisme intempestif provoqua une neurasthénie qui, probablement préparée d'avance et entretenue par les fâcheuses dispositions constitutionnelles du malade, eut une durée très prolongée. — Cette névrose fut améliorée et finalement guérie par un traitement hydrothérapique suivie pendant longtemps avec une régularité parfaite. — Ce jeune homme occupe aujourd'hui une situation très enviable et jouit d'une santé relativement satisfaisante.
Neurasthénie développée chez des malades atteints de maladies infectieuses aiguës ou chroniques. — Grippe ou influenza. — Fièvre typhoïde. — Diphtérie.
— Tuberculose. — Impaludisme. — Syphilis, etc.
Type LXXXVIH. — Rapports de la neurasthénie avec la grippe ou l'influenza-
— Cette névrose peut apparaître au début ou au déclin de la maladie épidémique. — Dans les deux cas, les phénomènes qui la caractérisent sont identiques et leurs manifestations semblenl obéir aux mêmes influences causales. —
— Aperçu sur la pathogénie de ces accidents neurasthéniques et sur le traitement qui leur convient.
Type LXXX1X. — Relations de la neurasthénie avec la fièvre typhoïde. — En général cette névrose ne l'ait son apparition que lorsque la maladie infectieuse est à peu près guérie. — Selon quelques médecins elle est de nature infectieuse bien que la virulence du bacille provocateur soit très atténuée.— Tout en admettant cette influence causale, il l'aul reconnaître que l'immense perturbation produite par la dothiénenthèrie ainsi qui' les prédispositions névropathiques introduites par l'hérédité dans la constitution du sujet ne sont pas étrangères à l'explosion de la neurasthénie. — Traitemenl qui convient à cette forme de neurasthénie.
XX EXPOSE DES SOMMAIRES
Type LXC. — La neurasthénie et la diphtérie. — Celte névrose n'apparait le plus souvent qu'au déclin de cette maladie infectieuse. — On lui attribue une origine microbienne, mais dans les rares cas observés par moi l'ébranlement produit par l'affection diphtérique, les antécédents des malades, leur hérédité nerveuse m'ont paru jouer un rôle important dans l'avènement de la neurasthénie. — Heureux résultat produit par l'hydrothérapie sur les accidents neurasthéniques qui accompagnent la diphtérie. — Des rapports de la neurasthénie avec certaines maladies infectieuses évoluant sous la forme d'une affection chronique.
Type LIXC. — Delà neurasthénie chez les phtisiques. — D'après certains médecins elle est d'origine microbienne et c'est le bacille de Coclc qui est le grand coupable. — D'autres médecins .se contentent de l'attribuer à l'épuisement nerveux, à la détérioration organique et aux troubles de nutrition que provoque la tuberculose. — Quelques neurologistes ne sont pas éloignés de penser que la sentimentalité des phtisiques l'ait éclore une mélancolie spéciale qui ouvre la porte à la neurasthénie. — Particularités de cette neurasthénie.— Les malades qui en sont atteints doivent respirer un air pur, avoir une alimentation substantielle de digestion facile et prendre des douches reconstituantes.
Relations de la neurasthénie avec l'impaludisme.
Qualques médecins considèrent cette neurasthénie comme une névrose infectieuse due à l'action directe que peut exercer sur les centres nerveux l'hématozoaire découvert par le professeur Laveran ou par les toxines apportées par cet hématozoaire dans certaines régions du cerveau.— D'autres médecins n'acceptent pas cette conception et pensent que la neurasthénie peut être la conséquence de la grande détérioration organique provoquée par l'impaludisme.
Quand la malaria reste dans sa période aiguë ou fébrile, la neurasthénie est très rare. — <>n ne constate réellement sa présence que lorsque la malaria est dans sa période clin inique qui se termine souvent par le développement d'un état cachectique. — On la remarque aussi quand l'empoisonnement palustre prend une forme larvée. — Cel empoisonnement favorise alors l'explosion de nombreux désordres nerveux parmi lesquels les accidents neurasthéniques occupent parfois une place importante.
Type LVII1C. — Neurasthénie développée chez un malade atteint d'impaludisme et constitutionnellement prédisposé aux névroses. — Séjour prolongé dans l'Inde. — Excursions dans les pays marécageux. — Fatigues physiques, préoccupations morales. — Efforts intellectuels incessants.— Explosion de douleurs cérébrales très vives bientôt remplacées par des crises épileptiformes. — A ces crises succède une série de véritables accès de fièvre palustre — A son retour en France, le malade a de nouvelles crises survenues à la suite d'une très grande contrariété. — Ces crises disparaissent après quelques immersions dans la piscine de Lourdes. — Elles sont immédiatement remplacées par des accès de lièvre intermittente. — En revenant chez lui il éprouva la satisfaction de contracter un mariage dont la réalisation avait rencontré des obstacles jusqu'alors insurmontables. — Cette joie dure peu. — 11 perd sa femme et son enfant le même jour. — Immense douleur qui provoque l'explosion d'une véritable neurasthénie. — Cette névrose a été considérée comme une conséquence du paludisme dont le malade était atteint. — Beaucoup de médecins l'ont attribut au grand effondrement nerveux provoqué par les secousses physiques morales
EXPOSE DES SOMMAIRES. XXI
qui ont troublé son existence. — Le traitement hydrothérapique a été fort salutaire pour lui.
Type LVIIG. — La neurasthénie peut être quelquefois exelusemcnt provoquée par rimpaludisme. — On constate ce fait chez des malades n'ayant jamais éprouvé de commotion physique ou morale capable d'expliquer son apparition et qui n'ont ni tares héréditaires ni antécédents morbides capables de provoquer directement des troubles oévropathiques, On est en droit d'attribuer alors le développement de cette névrose à la détérioration organique ou à la cachexie que provoque l'infection paludéenne.
Type LVIG. — La neurasthénie et les fièvres larvées. — Cette névrose n'a certes pas besoin d'être solicitée par l'infection paludéenne pour faire son apparition. — Mais dans certains cas elle subit son influence surtout quand l'impaludisme prend cette forme larvée dont on connaît l'action nocive sur le système nerveux. — Citations de quelques faits qui viennent à l'appui de cette affirmation. — Heureux résultats obtenus dans certains cas par l'intervention du sulfate de quinine associé au traitement hydrothérapique.
Action de la syphilis sur la neurasthénie. — Neurasthénie syphilitique ou para-syphilitique de certains auteurs à laquelle quelques médecins donnent simplement le nom de neurasthénie chez un syphilitique, — La maladie vénérienne, qu'elle se révèle par un chancre ou une blennorrhagie ou par d'autres lésions, produit, au moment de son invasion et pendant toute son évolution, des altérations structurales ou fonctionnelles qui intéressent le système nerveux, le système circulatoire et tous les éléments histologiques de l'organisme. — Elle provoque des perturbations psychiques ou morales qui favorisent l'explosion de certaines psychoses comme l'hypocondrie et la mélancolie ou de certaines névroses comme l'hystérie, la neurasthénie. — On doit donc lui reconnaître une influence sur le développement de la maladie de Beard.
Type LVC. — La neurasthénie peut faire explosion le jour même où les malades apprennent qu'ils sont atteints de la syphilis. — Dans ce cas elle n'est pas due à la vérole mais bien à la commotion morale causée par l'effroi qu'inspire son invasion. Certains neurasthéniques voient leur névrose disparaître quand on leur annonce qu'ils sont définitivement guéris de leur mal. — Dans les deux cas, ces névropathes sont victimes de ce que le professeur A. Fournier a désigné sous le nom de Trauma moral syphilitique et présentent les signes fondamentaux de la neurasthénie essentielle.
La neurasthénie succède quelquefois à la blennorrhagie* à la gonorrhée et à la plupart des congestions sanguines que la syphilis provoque dans les voies génitales. — Ces états tluxionnaires déterminent autour d'eux une irritation que les nerfs sensitifs du voisinage ne tardent pas à transporter dans les centres nerveux correspondants qui, sous l'influence de ces solliciteuses impressions, déterminent une série d'actions réflexes pathologiques auxquels viennent se joindre les phénomènes de la neurasthénie périphérique ou réflexe.
Quand les fluxions sanguines que produit la syphilis sont transportés par les vaisseaux artériels jusque dans les centres nerveux, et, qu'elles arrivent à leur destination sans provoquer trop de tumulte, elles bornent leur intervention au développement d'une neurasthénie qui ressemble à la précédente.
La syphilis est une maladie infectieuse qui, par ses toxines ou par son microbe, appelé spirogète, a le triste privilège d'altérer notre sang, nos
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humeurs et tous les tissus de notre organisme. — Elle a une influence incontestable sur le cerveau et peut déterminer toutes sortes de modifications structurales ou fonctionnelles dans cet organe. — Elle est capable de pervertir l'irritabilité fonctionnelle des centres nerveux, d'amoindrir leur force neuro-motrice, de troubler leurs mutation nutritives et de créer par conséquent la neurasthénie. Celte neurasthénie sympl.omatique diffère par certains points de la neurasthénie essentielle; elle offre dans son expression des traits qui semblent porter la griffe de la syphilis. — Elle ne subit de grandes déformations que lorsque la maladie infectieuse étend" démesurément ses poussées congestives ou ses actes de prolifération. — Chez certains malades elle ajoute ses effets nor-ifs à ceux de l'hérédité, du surmenage et des aptitudes morbides constitutives et détermine alors une neurasthénie dont l'allure particulièrement étrange permet aux neurologistes avisés de deviner qu'elle n'est qu'une démonstration prodromique annonçant l'arrivée plus ou moins prochaine d'une grave psychose d'un tabès cérébral, d'une pseudo paralysie générale et de la paralysie générale elle-même. L'hydrothérapie est difficile à mettre en œuvre, mais elle produit souvent des effets très salutaires.
Relations de la neurasthénie avec leu intoxications.
Intoxications exogènes produites pardes agents provenant du milieu ambiant où nous vivons. — Intoxications dues à l'alcool, à l'opium, au laudanum, à la morphine, à la cocaïne, au haschich, à l'éther, au chloral, à la nicoline, aux fluides sulfo- carbonés, à l'usage abusif du plomb, du mercure de l'arsenic, de l'iode, du phosphore, etc.
Intoxications euxogènes ou auto-inloxications considérées par quelques auteurs pomme des toxi infections. Elles sont dues à une mauvaise élaboration des aliments introduits dans notre corps, à leur qualité défectueuse ou à leur trop grande abondance. Elles sont dues aussi aux toxines que déversent dans les muqueuses les microbes qui sont no^ hôtes habituels, quelques-uns de nos tissus et la p'upnvt de nos organes sécréteurs.
Ces diverses intoxications provoquent dans les centres cérébro-médullaires et dans les ganglions du nerf grand sympathique des phénomènes d'excitation et d'épuisement qui ouvrent la porte à la neurasthénie.
Cette névrose est assez rare chez les malades atteints d'intoxication exogène et surtout chez les alcooliques avérés. Elle n'apparait réellement que chez ceux qui ont une hérédité nerveuse très accentuée ou quand leur constitution a été fortement éprouvée par un grand surmenage ou par de très vives commotions. Uuelquefois la neurasthénie peut être considérée comme un lot héréditaire légué par des ancêtres alcooliques.
Ces névropathes mâtinés sont les hôtes assidus des établissements hydrothérapiques où plusieurs d'entr'eux réparent les désastres qui ont compromis leur santé.
Exposition de quelques faits démonstratifs.
Type LIVC. — Neurasthénie développée chez deux malades au début et sous l'influence d'une intoxication alcoolique non avouée par eux — Cette névrose a présenté les phénomènes d'excitation et d'épuisement qui caractérisent sa forme essentielle. — Elle a été améliorée par le traitement hydrothérapique. — Elle n'a été complètement guérie que le jour où les malades ont renoncé à boire de l'alcool.
EXPOSÉ DES SOMMAIRES. XXIII
Type LMC. -- On ne constate les phénomènes de la neurasthénie qu'au début ou à la fin de l'alcoolisme ; ils sont toujours marqués pendant la période active de cette intoxication. — Il existe de nombreux cas venant à l'appui de cette affirmation. — L'un de ces cas est celui d'un jeune homme qui a présenté les plus graves symptômes de l'alcoolisme. Au commencement de son intoxication il a eu des accidents neurasthéniques presque toujours compliqués d'excitation nerveuse. Complètement voilés quand les symptômes caractéristiques de l'étliylisme se sont manifestés, ils ont reparu à la fin de la maladie revêtus d'un cachet d'épuisement 1res appréciable. Je dois ajouter qu'à ce moment le patient a éprouve une forte émotion qui a certainement provoqué l'explosion d'une véritable neurasthénie. Mais il m'a paru que les détériorations occasionnées par l'alcoolisme avaient préparé l'avènement de cette névrose.
Type LUC. — Neurasthénie développée chez un jeune homme dont le père est mort d'une cirrhose du l'oie de nature alcoolique. — Ce neurasthénique héréditaire a eu dans sa première jeunesse les symptômes d'un grand épuisement nerveux qui, à la suite d'une violente commotion ont pris subitement les traits des phénomènes caractéristiques delà maladie de Beard. — Cette névrose serait peut être restée longtemps à l'état lalent et elle n'aurait probablement , pas éclaté si l'organisme du jeune malade n'avait pas été dominé par l'influence d'une intoxication ancestrale. — C'est avec raison que le médecin traitant a pu dire que la neurasthénie du fils était une création de l'alcoolisme du père.
Type LIC. — 11 s'agit ici d'un malade qui est atteint d'une neurasthénie intermittente qui ne fait son apparition qu'après un copieux repas et des libations abondantes. — Ses traits sont nettement caractérisés; mais ils s'etfacent parfois avec une rapidité surprenante. — Tous les samedis il assiste à un déjeuner pantagruélique après lequel il rentre chez lui accablé de fatigue et présentant les phénomènes habituels de la neurasthénie qui ne conservent leur véritable allure que pendant deux ou trois jours. -■ Je soigne ce malade depuis fort longtemps et je n'ai jamais constaté d'autres phénomènes morbides que ceux qui accompagnent habituellement la maladie de Beard. — Cet homme dont la résistance organique est considérable restera t— il, malgré ses excès gastronomiques, un simple neurasthénique ou deviendra-t-il un alcoolique? — Il n'est pas facile de répondre, dès à présent, à cette question emb'arassante et de connaître l'avenir pathologique réservé à ce robuste débauché.
Type C. — La neurasthénie a-t-elle des relations avec la dipsomanie?— Elles ne sont pas cliniquement établies. — J'ai vu un très petit nombre de malades venir me demander d'apaiser des troubles neurasthéniques qu'ils considéraient comme le prélude de leur vésanie. — Mes tentatives ont été à peu près infructueuses et il a fallu confier ces infortunés aux soins des aliénistes.
Des rapports de la neurasthénie avec les intoxications produites par la morphine, la cocaïne, le chloral, 1'élher, le chloroforme, le haschich, l'opium, le laudanum et d'autres substances exerçanl une action stupéfiante sur le système nerveux. — Phénomènes neurasthéniques que présentent quelquefois les malades intoxiqués par les céréales altérées, les gaz délétères sulfo carbonés ou autres, le tabac, l'absorption du plomb, du mercure, de l'arsenic, du phosphore, de l'iode, etc.
Type CI. — Ce type est consacré aux malades qui se livrent à un abus immodéré de la morphine pour calmer des douleurs trop vives, des spasmes angois-
IV EXPOSE DES SOMMAIRES
sa ni s ou pour se soustraire à des influences morales qui troublent leur esprit. — L'évolution de l'intoxication que provoque cet agent pharmaceutique peut être divisée en trois phases. — La première est caractérisée par une sensation de bien être que provoquent les premières doses du médicament et qu'on désigne sous le nom d'euphorie. — La seconde est la phase qui constitue l'intoxication proprement dite. — La troisième est la phase terminale caractérisée par un véritable état cachectique. — La neurasthénie ne fait guère son apparition qu'au début de la seconde période. — Ses traits sont souvent déformés par le contact des perturbations que la morphine provoque dans le système nerveux et par les troubles de nutrition qu'elle détermine dans tout l'organisme. — Elle est presque toujours une névrose d'avant-garde qu'il faut traiter sévèrement si l'on veut arrêter le progrès de l'intoxication. s— Dans ce cas spécial l'hydrothérapie rationnelle et la psychothérapie prévoyante offrent aux praticiens de précieuses ressources. — Quand le morpbinisme a atteint son complet développement, il exige un traitement particulier qui n'a rien de commun avec celui de la neurasthénie.
Type CIL — Il s'agit ici des personnes qui font un usage excessif de la coraïne, du chloral, de l'éther, du chloroforme, du haschich. des opiacés en général et de toutes les substances médicamenteuses qui ont une action stupéfiante sur le système nerveux. — Ces agents pharmaceutiques calment souvent les névralgies, apaisent les phénomènes d'excitation et procurent un sommeil factice visité quelquefois par des rêves très agréables. — Mais ils produisent chez les malades qui en font un grand abus des désordres qui ont une certaine ressemblance avec ceux de la névrose de Beard. — Il est toujours facile de s'apercevoir que cette analogie est éphémère et fragile. — Ces malades sont de faux neurasthéniques.
Type CM. — L'absorption de certaines céréales altérées provoque, suivant la nature spéciale du végétal ingéré, les symptômes de l'ergotisme, de J'acrodynie ou de la pellagre. — Elle produit .m même temps des troubles nerveux qui rappellent parfois ceux du syndrome de Beard. — Mais ces désordres ne semblent pas appartenir à cette entité morbide et obéissent à des causes qui ne sont pas les siennes — Ils disparaissent quand les intoxications qui les a engendrés sont améliorées ou guéries. — Ils n'ont pas les traits de la véritable neurasthénie.
Type CIV. — Le séjour prolongé dans un milieu impur et mal ventilé où peuvent s'accumuler l'acide carbonique, les gaz sulfo- carbonés, et certains miasmes méphitiques occasionne toujours un empoisonnement qui peut dans certaines circonstances favoriser le développement de. la neurasthénie. — Cette généalogie est difficile à établir ; mais il existe des faits qui attestent sa réalité et qui méritent d'être cités.
Type CY. — Les relations qui enchaînent la neurasthénie avec les intoxications dues à la nicotine sont indéniables. — Les grands fumeurs présentent souvent tous les symptômes classiques de la maladie de Beard. — Ils guérissent toujours en renonçant à l'usage du tabac et se débarrassent de tous les désordres neurasthéniques causés par la nicotine en suivant avec régularité une cure hvdi'othérapique appropriée à leur état.
Type CV1. — Les intoxications produites par le plomb, le mercure, l'arsenic, le phosphore, l'iode ou par d'autres métalloïdes déterminent dans l'organisme
EXPOSE DES SOMMAIRES. XXV
humain des altérations qui permettent de reconnaître leur nature respective. Elles ont presque toutes une action néfaste sur la système nerveux: mais elles donnent très rarement naissance à la neurasthénie proprement dite. — On ne voit apparaître cette névrose que lorsque l'intoxication arrive à sa période terminale et lorsque l'organisme envahi porte encore les traces de l'épuisement causé par les épreuves qu'il vient de subir. — Celte forme d'asthénie nerveuse est très heureusement modifiée par l'hydrothérapie reconstituante.
Relations de la neurasthénie avec les auto-intoxications.
C'est aux importants travaux du professeur Bouchard et de ses disciples qu'il faut avoir recours pour être éditie sur la nature des auto-intoxications et sur le traitement qui leur convient. — C'est à ce grand maître qu'on doit les conceptions les plus complètes et les plus rayonnantes sur ces états morbides qu'il considère comme des toxi-infections, sur ce groupe pathologique qu'il a baptisé du nom de neuro-arthritique, sur les dialhèses en général et sur quelques dystrophies. — ('."est en m'inspirant de l'oeuvre de ce merveilleux novateur, que j'ai entrevu et saisi les rapports intimes des auto-intoxications et de la neurasthénie. — Je m'en suis servi pour établir et démontrer que, selon les circonstances, cette névrose peut être essentielle, symplomatique, ou trouver son origine dans les troubles, répandues à travers toutes les régions ou viennent s'épanouir les nerfs de la sensibilité. — Quelques explications sur l'ensemble de ces phénomènes.
J'ai déjà publié, dans le chapitre consacré à la neurasthénie gastro-intestinale, des faits révélant les liens qui existent entre la plupart des maladies infectieuses du tube digestif et ia névrose de Beard. — Je vais encore en citer quelques autres, choisis de préférence parmi les plus significatifs.
Type CV'Ii. — 11 s'agit ici d'un malade qui. après avoir été empoisonné par des aliments très avariés, eut un catarrhe gastro-intestinal à la suite duquel se déclara une très appréciable auto intoxication. — Sous l'influence d'un régime sévère régulièrement suivi, le malade ressentit une grande amélioration. — Mais il eut bientôt une rechute assez sérieuse qui donna naissance à une véritable neurasthénie. — Ce malade n'avait dans son lot héréditaire ni dans ses antécédents personnels aucun stigmate de nervosisme. — On pouvait donc croire que sa neurasthénie était bien sous la dépendance de son auto-intoxication : il en fut complètement débarrassé par un traitement hydrothérapique régulier et très prolongé.
Type CVIII. — Le sujet de cette observation appartient à la race des névropathes.— C'est un grand paresseux et un fin gourmet. — Il a souvent des embarras gastriques et ses digestions sont presque toujours lentes et difficiles. — 11 a des phénomènes d'auto-intoxications auxquels viennent se joindre des troubles de nutrition. — On constate chez lui la plupart des accidents de la neurasthénie. — Un régime diététique bien conçu el l'usage régulier de l'hydrothérapie ont rétabli l'équilibre de sa santé.
Type Cl\. — C'est un malade qui a de nombreux troubles névropathiques et circulatoires et dont l'aspect est celui d'un homme constamment menacé d'une congestion cérébrale. — Il mange beaucoup, marche peu et est toujours absorbé par des travaux financiers très fatiguants. Les émotions qu'il
éprouve dans l'exercice de sa profession lui donnent de légers accès de neurasthénie que les douches tempérées apaisent presque toujours. - .Mhis ses babi-
NXVI EXPOSE DES SOMMAIRES
tudes gastronomiques développent chez lui une auto-intoxication qui parfois produit des troubles nerveux sans importance, mais qui, dans d'autres circonstances, l'ont craindre l'explosion d'une congestion cérébrale ou le début d'une artério-sclérose. — Il a quelquefois des accalmies très rassurantes qui sont malheureusement interrompues par de nouveaux excès. — Et, comme c'est un malade dangereux par son indocilité, on peut supposer qu'il est menacé d'une affection cérébrale grave dont sa neurasthénie intermittente n'est que le prélude
Type CX. — C'est l'histoire de deux sœurs nées de parents artbritiques et nerveux. — Elles ont loules les deux des troubles névropathiques prenant chez l'une la forme île l'hystérie mondaine et chez l'autre celle d'un simple nervosisme qui, sous l'influence d'une vive émotion s'est transformé en une véritable neurasthénie. — Le milieu dans lequel elles ont vécu, l'éducation défectueuse qui leur a été donnée, certaines habitudes anti-hygiéniques, un régime diététique mal surveillé ont pi'ovoqué chez elles une dyspepsie compliquée de fermentations acides insupportables. — Sous l'influence d'un traumatisme violent survenu dans une chute, l'une d'elles eut une crise d'hystérie et l'autre un accès de neu" raslhénie. — La première fut assez promptement guérie par l'hydrothérapie administrée sous forme de douches écossaises et de douches froides, la seconde guérit plus lentement ; il fallut recourir pendant plusieurs semaines à la douche tempérée qui fut plus tard remplacée par des douches à température variable se terminant à la fin par des aspersions convenablement rafraîchies.
— La généalogie de l'état nerveux rie ces deux jeunes filles, est assez difficile à établir. — L'hérédité neuro-arthritique, les mauvaises dispositions acquises développées sous l'influence d'un mauvais milieu et d'une éducation incorrecte, la dvspepsie bientôt suivie d'une auto-intoxication manifeste, enfin le traumatisme physique et moral dont elles ont été victimes doivent avoir leur part dans le développement de ces états nerveux.
Type CXI. — C'est le cas d'une neurasthénie développée chez une malade présentant tous les signes de la diathèse neuro-arthritique. — Elle a eu dans le cours de son existence, des coliques hépatiques, des poussées d'eczéma ou de lichen plan compliquées de démangeaisons insupportables et des accidents nerveux mal définis qui, sous l'influence d'une émotion et d'une gx-ande fatigue, ont pris plus tard la forme d'un véritable accès de neurasthénie. — Elle a eu plusieurs fois des crises de dyspepsie, des désordres localisés dans les intestins, dans le foie, dans les reins et finalement une auto-intoxication que ses médecins attribuèrent k l'usage de la viande crue et d'aliments très fermentescibles
— A la suite d'un accident qui condamna la malade à un repos forcé tous ces malaises furent remplacées par une excitation nerveuse démesurée qui amena l'explosion d'un accès de neurasthénie heureusement modifié par le traitement hydrothérapique. — Cette malade put jouir pendant plusieurs années d'une santé satisfaisante ; elle se maria, eut trois enfants; mais quelque temps après sa troisième couche, elle fut tourmentée par des douleurs ovarieunes qui déterminèrent plus tard une crise d'hystérie également guérie par l'hydrothérapie.
— En tenant compte de l'extrême mobilité qui est le trait caractéristique des manifestations nerveuses que provoque le neuroarlhritisme. on peut admettre que la jeune femme étudiée dans ce type a été atteinte d'une névrose arthritique.
— Placée sous la domination des nombreuses causes qui ont ébranlé ses fonc-
EXPOSE "DES SOMMAIRES. XXVII
Uons nerveuses; cette malade esl devenue, suivant la nature de l'inlluence subie, une névrophalhc vulgaire, une hystérique ou une neurasthénique. — Celte manifestation nerveuse à facettes multiples esl l'expression féminine du neuroarthritisme comme la goutte en est l'expression masculine.
Type CXII. — 11 s'agil d'un homme vigoureux qui est un joyeux convive et un ami de tous les plaisirs. — C'est un arthritique héréditaire qui a eu des manifestations rhumatismales dans sa jeunesse et plus tard des calculs vésicaux dont il a été délivré par l'opération de la lithotritie. — Guidé par un médecin attentif et perspicace il s'est condamné à un régime sévère qui lui a procuré pendant un temps assez long une existence très paisible. — Cependant, à la suite d'un surmenage mental exagéré il eut un accès de neurasthénie qui fut promptemenl guéri par l'hydrothérepie. — Débarrassé de tous ses malaises il eut la malencontreuse idée de satisfaire, trop généreusement peut-être, ses goûts pour la bonne chère et pour les pldisirs sexuels. — Il fut subitement arrêté dans ses débauches malencontreuses par un accès de goutte qui dura près de trois mois. — Affaibli par cette rude épreuve il vint spontanément me demander de lui administrer des douches écossaises dont il avait à plusieurs reprises constaté les effets réconfortants: il put, grâce à elles, retrouver l'intégrité de sa santé. - Un jour, il me demanda si je ne pouvais pas lui appliquer des douches capables de lui rendre sa neurasthénie. — Après ma réponse négalive, il manifesta de grands regrets, en me disant avec les accents flottants d'une conviction mal assise que c'est la disparition de sa neurasthénie qui avait provoqué son accès de goutte dont il redoutait le retour. — Ce singulier malade s'est condamné depuis cette époque à une vie austère ; il a aujourd'hui un âge avancé et se porte merveilleusement.
Type * .X III. — Il s'agit d'une jeune malade, fille d'un père goutteux souvent tourmenté par des contractures musculaires insuportables. — Elle a eu de nombreux accès d'asthme se lerulinant subitement tantôt par une hypersécrétion pulmonaire d'aspect mousseux, tantôt par une abondante émission d'urine. — Plus lard, elle fut atteinte de spasmes fonctionnels localisés dans la face et assez promplement remplacés par des mouvements choréiques disséminés dans tous les membres. — Cette agitation musculaire qui durait toute la journée et déformait les traits de son visage lui causait un grand chagrin, augmenté, dit-on, par de vives contrariétés dont on n'a pu apprécier la véritable nature. — Les désordres moteurs disparurent et cédèrent la place à un accès de neurasthénie, contre lequel on lui conseilla de suivre un traitement hydrothérapique. — La malade prit dès le début une série de douches sédatives qui furent remplacées par des douches écossaises auxquelles succédèrent plus tard des douches reconstituantes appliquées avec beaucoup de douceur. — Sous l'influence de cette cure dont la durée fut très prolongée, les trouble$ nerveux disparurent et les forces vitales se développèrent ; depuis celle époque, déjà assez lointaine,
la malade a retrouvé une saute qui est aujourd'hui à l'abri de toute atteinte. — On peut trouver dans les causes el dans la succession des phénomènes mordides que je viens dé décrire la genèse ou l'explication de celle neurasthénie,
Type CXIV. — Ce type est consacré à mettre en relief les relations de la neurasthénie avec cet asthme spécial qu'Herberl appelle la lièvre de foin, Gueneau de .Mussy. la rhinite spasmodique el le professeur Dieulafoy, l'asthme
annuel. — Les faits démontrent que par une heureuse coïncidence la douche
fcXVlII EXPOSÉ DES SOMMAIRES.
tempérée qui est si efficace dans la neurasthénie, produit de très heureux effets dans l'asthme annuel. - Quelques faits suivis d'un commentaire destiné à indiquer el à expliquer les connexités qui existent entre la névrose de Beard et l'asthme annuel.
Type CXV. — Il s'agit ici d'un jeune malade dont le père avait un rhumatisme noueux rebelle à toute thérapeutique et dont la mère était très nerveuse.
— A la suite d'une chute de cheval il ressentit de vives douleurs dans la hanche droite qui le condamnèrent à rester pendant quelques jours allongé dans son lit. — L'articulation coxo-iémorale devint le siège d'un gonflement assez prononcé ; et lorsque les traces de la contusion eurent disparu, on vit se dévellopper une série de phénomènes localisés dans les muscles et les nerfs du voisinage formant par leur groupement et leur allure, ce syndrome spécial que j'ai décrit il y a plus de trente ans sous le nom de névro-myopathie périarticulaire. — Cet état morbide, en excitant le système nerveux et en amoindrisantles forces de l'organisme, prépare l'éclosion de la neurasthénie. — Le l'ait contenu dans ce type indique cette succession qui. du reste, a été facilitée par les prédispositions innées et acquises accumulées dans la constitution du malade.
— On lui conseilla un traitement hydrothérapique durant lequel on eut successivement recours à la douche chaude, à la douche écossaise, à la douche alternative et à la douche tempérée. — L'intervention de ces divers procédés produisit un résultat très satisfaisant.
Type CX VI. — Relations de la neurasthénie avec les étals morbides que développe la localisation de la goutte dans le cerveau ou dans l'estomac— On constate quelquefois l'apparition de la neurasthénie avant l'explosion de ces états morbides ; mais il est très difficile de préciser la nature des liens qui unissent ces deux affections. — Je crois pourtant oser dire que l'hydrothérapie peut être utile à ces neurasthéniques que menacent de si graves complications.
La neurasthénie et le diabète.
Quelques considérations sur les relations de la neurasthénie avec le diabète. — Ces deux maladies peuvent être engendrées par des causes identiques : elles apparaissent tantôt simultanément et tantôt l'une après l'autre. — Dans ce dernier cas elles obéissent à un mode de succession qu'il imperte de bien connaître.
Type CXVII. — Il s'agit d'un homme de race neuro-arthritique, doué d'une grande énergie, absorbé pendant le jour à de rudes travaux intellectuels et devenant le soir un noctambule allant à la poursuite de tous les plaisirs mondains. — Malgré les apparences d'une santé très florissante ce malade ne put supporter dans un jour de malchance le contre-coup d'une violente déception.
— Il fut littéralement anéanti par elle et devint promptement neurasthénique. Celle neurasthénie ne présenta dans les premières semaines de son développement aucune complication sérieuse : mais plus tard on vit surgir à côté d'elle, les simptômes du diabète classique que ses médecins attribuèrent à sa névrose, à ses prédispositions constitutionnelles et aux irrégularités de sa vie. — Il fut soumis à un régime sévère, prit des médicaments appropriés et suivit une cure hydrothérapique assez prolongée. — L'intervention de ce traitement complexe le débarrassa de ses malaises el lui permit de reprendre sans faiblir ses travaux professionnels.
Type C.WIII. — Dans ce type se trouve le cas d'un diabète conjugal développé
EXPOSE DÉS SOMMA 1RES. XXÎX
chez deux époux habitués à vivre depuis longtemps dans des conditions déplorables, rendues anti-hygiéniques par la grande uniformité de leurs goûts, de leurs habitudes, de leurs mœurs et de leur alimentation. Le diabète de ces deux conjoints se manifesta chez leur fils qui fut atteint de la même maladie dès l'âge de 12 ans. Ces trois malades ont dans leur lignée ancestraïe dea névropathes, des goutteux, des rhumatisants et des eczémateux ; ils ont eu des troubles variés que leur médecin considéra comme des manifestations prémonitoires du diabète. — Après avoir analysé les urines de ses clients il leur déclara, sans le moindre ménagement, qu'ils étaient tous les trois des glycosuriques. — Cette révélation troubla les deux époux qui eurent, l'un et l'autre, un véritable accès de neurasthénie que le médecin attribua au diabète, à l'influence de leurs tares héréditaires, à leurs antécédents personnels et au trauma moral qu'ils avaient éprouvé le jour où on leur apprit que leurs urines renfermaient une grande quantité de sucre. — Ils furent tous les trois soumis à un traitement judicieusement adapté à leurs malaises respectils ; on modifia leur genre de vie, leur régime, et on leur conseilla une cure hydrolhérapique qu'ils suivirent avec une parfaite régularité. — Ces prescriptions furent très favorables à ces malades qui, après avoir supporté les oscillations qu'offre la marche de ces états morbides toujours compliqués, eurent la satisfaction de voir leur santé s'améliorer de jour en jour et obtenir à la longue une vigueur qu'ils n'avaient jamais possédée.
J'ai remplacé, pour ne pas fatiguer le lecteur, rénumération des nombreux faits que j'ai recueillis sur les rapports du diabète et de la neurasthénie, par un aperçu synthétique basé sur une étude attentive de leur évolution. — Je dois tout d'abord déclarer que les symptômes prémonitoires de cet ensemble pathologique se confondent souvent avec les caractères fondamentaux de la neurasthénie et provoquent en s'unissant une confusion qui trouble parfois l'esprit de l'observateur le plus attentif. — Pour éclairer les points obscurs de fc problème médical, et surtout pour donner à la thérapeutique une direction assurée, il faut s'efforcer de découvrir la généalogie des phénomènes qui forment ce tableau symptomatique dont l'apparence est déconcertante. — On ne peut réellement atteindre ce résultat qu'en recherchant dans les théories émises sur le diabète les notions exactes qu'elles conliennent sur révolution do cette maladie et sur les liens qui peuvent l'enchaîner à la neurasthénie. — L'examen de ces diverses théories et surtout de celles qui ont été promulguées par Claude Bernard, par Bouchard, par Chauveau et par quelques autres auteurs al testent le rôle important que jouent, principalement chez les arthritiques, les troubles de la nutrition. — Mais elles apprennent en même temps que le système nerveux a sur le développement de cette maladie une action génératrice très puissante. — Il peut altérer le fonctionnement régulier de tous nos organes el jeter un grand désarroi dans les mutations nutritives de nos cellules formatrices. — Entre les troubles de sécrétions qui forment l'essence du diabète et les désordres nerveux, il existe une connoxifé incontestable. — - C'est en étudiant la modalité de cette association que je suis arrivé à croire à l'existence du diabète neurasthénique et de la neurasthénie diabétique. — Ce double év,ent est sûrement le résultat d'un vice constitutionnel presque toujours d'origine arthritique, d'une tare héréditaire bien établie ou d'une blâmable imprévoyance pe sonnelle et d'une grande perturbation du système nerveux. — Je ne veux parler ici que du
XXX EXPOSE DES SOMMAIRES
diabète classique apparaissant, bien entendu, eu dehors de certaines lésions organiques bien connues. — 11 concentre son action nocive, d'après le professeur Robin, dans les organes où s'accomplit la transformation du sucre, principalement dans le foie et se répand ensuite dans tous nos tissus, en prenant pour agent de propagation le système sanguin et le système nerveux.
Après avoir reconnu les affinités de la glycosurie et de la neurasthénie, il me reste à indiquer les applications hydrotliérapiques qui conviennent à cet ensemble symptomatique dans lequel apparaissent simultanément ou se succèdent les uns aux autres, les phénomènes que provoque chacune de ces affections.
Lorsque les diabétiques présentent les caractères d'une neurasthénie ayant l'allure d'une véritable excitation et que la transformation du sucre se montre chez eux trop rapide ou trop exagérée, il faut recourir à la douche sédative qui a le double avantage d'apaiser leurs nerfs et de ralentir ses mouvements de désassimilation.
Quand les diabétiques manifestent les troubles nerveux qui appartiennent à la neurastbénie dépressive, on peut tout d'abord faire intervenir la doucbe sédative, mais il faut se bâter de lui substituer la doucbe rafraîchie et même la douche froide qui devront être rigoureusement soumises à des règles d'application bien précises.
Quelques diabétiques ont des accidents qui prennent tantôt la forme d'une excitation éclatante, tantôt celle d'un véritable épuisement. — El comme ces troubles discordants se- manifestent parfois presque simultanément, il faut, pour éviter une fausse manœuvre, mettre en jeu la douche à température variable, mixte ou panachée dont j'ai souvent décrit le mode d'application. — La douche tempérée, la douche écossaise à transition douce, la douche chaude courte et assez énergique et même la douche froide employée isolément, peuvent, selon les cas et la susceptibilité des malades, rendre d'importants services
Aux neuro-diabétiques qui sont incommodés par des sensations de refroidissement souvent très désagréables, je recommande les douches chaudes. — Par contre j'engage ceux qui sont importunés par des sensations de chaleur souvent compliquées d"une transpiration abondante, à faire usage d'une douche alimentée avec de l'eau plus ou moins rafraîchie.
Les neuro-diabétiques sont souvent tourmentés par des douleurs localisées dans les plexus nerveux et dans les faisceaux musculaires. — On les soulage presque toujours par la douche chaude par la douche écossaise on par la douche de vapeur dirigée spécialement sur les régions endolories.
Quant à ceux qui sont sujets à des poussées d'eczéma, de lichen plan, d'urticaire et qui sont incommodés par des démangeaisons cutanées ou par un prurit insupportable il faut les soumettre aux applications hydrotliérapiques les plus sédatives et employer surtout la douche tempérée qui devra être administrée dans toute sa rigueur.
Influence des dystrophies sur la neurasthénie. — Manifestations neurasthéniques associées à la chlorose et au cloro-brightisme.
Quelques considérations sur les liens qui semblent unir la chlorose et la neurasthénie.
Type CXIX. — C'est le cas d'une jeune fille très nerveuse qui, après avoir éprouvé une très vive émotion, devint subitement neurasthénique. — Dans le cours de cette névrose et surtout vers la fin de son évolution, la jeune malade
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présenta tous les symptômes de la chlorose.— Elle suivit un traitement sédatif et reconstituant qui lui rendit la santé. — Après une longue période d'accalmie, elle vit ih nouveau apparaître les manifestations chloroliques dues cette fois à de vives préoccupations et à une grande' fatigue. — Elles déterminèrent au bout d'un certain temps l'explosion d'un accès de neurasthénie absolument semblable à celui qu'elle avait eu dans les premières années de sa vie et dont elle fut heureusement débarrassée par les applications sédatives et reconstituantes de l'hydrothérapie. — Cette observation, en montrant les liens qui unissent la neurasthénie et la chlorose, permettent de croire que la chlorose a, comme la névrose de Beard, une origine nerveuse incontestable.
Type CXX. — ■ C'est le cas d'une jeune fille chez laquelle les symptômes particuliers delà chlorose étaient manifestement associés à ceux de cet état morbide que le professeur Dieulafoy a désigné par le nom de chloro-brightisme. — Cette jeune malade a eu des accidents neurasthéniques qui ont précédé, accompagné et suivi l'évolution de cette affection. — Sans pouvoir démontrer la nature des influences que la neurasthénie exerce sur le chloro-brightisme et celles que le chloro-brightisme a sur la neurasthénie, cette observation prouve qu'il existe entre ces deux maladies des relations incontestables. — Est-il permis de supposer qu'elles peuvent être à tour de rôle sous la dépendance l'une de l'autre ? — Je n'ose pas le dire. — Mais en revanche, je puis affirmer que l'hydrothérapie, sous la forme d'une douche agréablement chaude et toujours très courte, qui est celle du reste qu'on emploie avec succès chez les albuminuriques. est toujours très bienfaisante. — Elle' aide même les malades à bénéficier du régime lacté auxquels ils sont longtemps condamnés 307