‹ La neurasthénieChapitre 17 sur 163 · ÉBRANLEMENT NERVEUX D'ORIGINE TRAUMÀTIQL'E · texte numérisé non relu

ÉBRANLEMENT NERVEUX D'ORIGINE TRAUMÀTIQL'E

n'agit pas autrement. Ils croient sincèrement que l'organisme qui vient de subir un choc physique ou moral est immédiatement inondé de toxines ou de déchets que le liquide sanguin véhicule dans toutes les régions du corps pour les livrer finalement aux organes chargés se procéder à leur expulsion. Ils supposent que dans cette traversée dont il est difficile de préciser l'étendue et la direction, les centres nerveux reçoivent une empreinte délétère qui, en altérant leur nutrition, les dispose à engendrer la neurasthénie. Cette interprétation est séduisante par sa simplicité; mais elle me paraît bien exclusive. Tout en reconnaissant, comme nous l'a appris Brown-Séquard il y a déjà cinquante ans, que les troubles de la nutrition se trouvent presque toujours à l'orée de la plupart des affections du système nerveux, je ne puis donner mon adhésion à cette hypothèse qu'en l'entourant de quelques réserves. J'aime mieux en choisir une autre qui, tout en donnant satisfaction à mes goûts, paraît inspirée par les grandes doctrines médicales de Cl. Bernard.

Dans un grand nombre de cas et surtout dans ceux où la neurasthénie se développe à la suite d'un choc physique ou moral ou d'une émotion excessive, c'est l'ébranlement nerveux qui constitue l'acte primordial de cette névrose. C'est l'irritabilité fonctionnelle inhérente à tous nos tissus, telle qu'elle a été signalée par Cl. Bernard, qui est la première atteinte. La perturbation .qu'elle éprouve détermine dans les éléments morphologiques placés sous sa dépendance uneperversiou de leur sensibilité qui est bientôt remplacée par une dépression de leur pouvoir neuro-moteur. Elle intéresse tous nos organes et détermine, principalement dans les centres nerveux, des phénomènes d'excitation et d'épuisement qui constituent le prélude de la neurasthénie. Ce n'est que plus tard que l'irritabilité nutritive, propriété exclusive de nos cellules formatrices, se trouve éprouvée à son tour. C'est alors seulement que les actes d assimilation et de désassimilation perdent leur régularité et finissent par engendrer des substances toxiques qui, en pénétrant dans le protoplasma, le noyau et les membranes des cellules régénératrices, contribuent à l'élaboration et au maintien de la neurasthénie.

Cette hypothèse me semble plus vraisemblable que celle de mes adversaires. Je lui donnerai, au moment voulu, une plus grande amplitude. J'aurai même recours à elle lorsque je m'occuperai du traitement hydrottrérapique qui convient à certaines particularités de la maladie de Beard.

Los considérations qui précèdent me permettent de dire que les

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