APPLICATIONS PLUS OU MOINS PROLONGÉES DE L'EAU FROIDE
application est très prolongée, elle détermine des phénomènes de sédation très appréciables. Certains neurasthéniques n'ont pas la patience d'attendre l'arrivée de cette sédation tardive et réclament un apaisement immédiat. Dans ce cas il faut substituer aux compresses excitantes les compresses sédatives ou rafraîchissantes qui produisent plus promptement les effets salutaires que l'on recherche. On les trempe dans l'eau froide et on les recouvre comme les précédentes ; mais pour accentuer leur efficacité, il est indispensable d'en renouveler l'application toutes les cinq ou six minutes jusqu'à ce que les régions avec lesquelles elle se trouvent en contact soient débarrassées de leur irritabilité ou de leur souffrance.
Ces compresses sont, en général, bien supportées; néanmoins, quelques malades montrent pour elles une certaine intolérance et, pour les satisfaire, on les remplace par des compresses chaudes qui, lorsqu'elles sont appliquées avec soin, finissent par fomenter un doux et salutaire apaisement.
Quelques hydropathes et un certain nombre de médecins, se rappelant encore l'importance que Trousseau accordait à la vertu sédative de l'eau froide, n'hésitent pas à conseiller l'usage des applications froides aux neurasthéniques, alors même qu'ils sont sous l'influence d'une agitation excessive. Ils emploient tour à tour les immersions, les bains, les demi-bains avec ou sans friction, les alfusions, les frictions avec le drap mouillé tordu ou ruisselant d'eau et même la douche.
Tout le monde sait que lorsque ces diverses applications ont une courte durée l'impression de froid qu'elles déterminent est presque toujours fugitive et ne tarde pas à être remplacée par une sensation de chaleur agréable que l'on considère avec raison comme le prélude de la réaction et qui provoque le plus souvent une détente bienfaisante apportant avec elle un appréciable bien-être.
Ces applications spéciales conviennent à certains névropathes; mais beaucoup de neurasthéniques, poussés par une résistance qui tient à la fois de la rébellion et de la pusillanimité, refusent nettement de se soumettre à ce traitement. Ils redoutent l'impression du froid et constatent que l'explosion de la réaction détermine dans leur système nerveux une excitabilité qui les importune. On parvient a vaincre cette double répugnance en élevant la température de l'eau et en prolongeant la durée de l'application hydrothérapique. Parmi les procédés que je viens d'indiquer, la douche convenablement raffraîchie doit être choisie; elle offre, dans ce cas spécial, autant de