EMPLOI DES AFFUSIONS ET DES DOUCHES REFROIDIES
fîque, eut l'idée de faire jeter tous les jours sur les épaules de la malade un grand seau d'eau de mer. Ces affusions lui firent beaucoup de bien, procurèrent du sommeil et ranimèrent ses forces. Débarrassée des accidents nerveux de la première heure, elle put, sans encombre, terminer cette traversée dont le début fut si émouvant. Elle arriva au Havre où elle se bâta de prendre place dans un wagon de chemin de fer. qui la ramena à Paris.
Elle eut la satisfaction de revoir ses parents ; et, après leur avoir raconté les épisodes saillants de son voyage, elle se coucha dans son lit, brisée par l'émotion et par la fatigue.
On continua à lui faire des affusions quotidiennes avec de l'eau froide suivies immédiatement de frictions très énergiques.
Plus tard, son médecin lui conseilla de suivre un traitement hydrotbérapique plus complet.
C'est en ce moment que je vis la malade pour la première fois. Elle présentait tous les symptômes de la neurasthénie cérébro-spinale essentielle dont la grande intensité paraissait proportionnée à la violence du choc physique et moral qui l'avait produite.
Il n'existait chez elle aucun indice permettant de soupçonner l'existence d'une lésion organique. On remarquait de temps en temps l'évolution de phénomènes hystériformes à peine visibles et aussi fugitifs que ceux qu'avait déterminés la commotion accidentelle subie par les centres nerveux du cerveau et de la moelle épinière.
Seuls les véritables caractères de la neurasthénie semblaient dominer la scène morbide ; la malade ne se plaignait guère que de céphalée constrictive, d'amyosthénie, d'atonie gastrique et d'un certain affaiblissement d'esprit qui provoquait de l'hésitation et de la tristesse.
Les douches froides prises pendant plusieurs semaines rendirent la santé à cette jeune malade qui ne tarda pas à retrouver son ancienne vigueur physique en même temps qu'une harmonieuse pondération de son système nerveux.
Cette silhouette nous fournit l'exemple d'une neurasthénie exclusivement produite par un grand traumatisme physique et moral chez une personne indemne de toute prédisposition innée ou acquise capable de favoriser l'explosion de cette névrose.
Type VI. — Neurasthénie cérébro-spinale essentielle due à un violent traumatisme. — Collision en tramway. — Jeune homme ayant une honne constitution. — Bons antécédents. — Pas de stigmates héréditaires.
Ce cas est celui d'un jeune homme qui se trouvait dans un tram-