NEURASTHÉNIE CÉRÉBRO-SPINALE. — COMMOTION NERVEUSE
do joie et de satisfaction. Commencé sous de très heureux auspices, il se termina, hélas! par une catastrophe que je dois indiquer en quelques lignes à cause du rôle important qu'elle joue dans le récit de mon observation médicale.
Nos voyageurs, décidés à rentrer en France, s'embarquèrent à New- York sur un transport de la Compagnie transatlantique qui, je crois, s'appelait La Champagne. Ils s'installèrent dans une cabine luxueuse qu'ils ornèrent de charmants bibelots et d'objets précieux.
Le vaisseau s'éloigna lentement de son point d'attache ; les passagers restés sur le pont ne tardèrent pas à remarquer, non sans émoi, (jue la grande cité qu'ils venaient de quitter était comme enveloppée dans une brume assez intense dont l'aspect semblait menaçant pour leur traversée.
A peine arrivé en pleine mer le paquebot fut troublé dans sa marche par l'apparition d'une violente tempête. Les voyageurs les plus confiants devinrent perplexes ; les moins hardis ne tardèrent pas à manifester une très vive inquiétude, Les uns se précipitèrent dans leur cabine ; les autres, avides de respirer l'air extérieur, restèrent sur le pont malgré la fureur des vagues qui les enveloppaient de tous côtés. Notre jeune Française était parmi ces derniers; elle était profondément agitée et son esprit épouvanté lui faisait croire à un naufrage imminent. Accrochée vivement au bras de son mari, soutenue par des voisins complaisants, elle parvenait à résister aux ballottages désordonnés du navire. Tout à coup, elle se sentit entraînée vers le bord sans pouvoir se défendre et perdit l'équilibre. Elle aurait été certainement projetée dans la mer si deux hommes vigoureux de l'équipage n'avaient pas eu l'habileté et la force de l'arrêter dans sa chute. On la transporta immédiatement à sa cabine où, sous l'influence de la forte commotion qu'elle venait d'éprouver, elle ne tarda pas à perdre connaissance.
C'est dans ce sombre réduit flottant que commença l'histoire pathologique de cette intéressante malade.
Le médecin de l'équipage fut aussitôt appelé; il parvint, après beaucoup d'efforts, à ranimer ses sens et à atténuer les désordres de la commotion. A peine remise de cette épouvantable secousse, elle se rendit compte de son état et fut profondément attristée de voir ses forces physiques presque détruites et ses facultés mentales très sensiblement amoindries.
Le médecin, en s'inspirant probablement des principes et de la pratique de Currie, ce grand précurseur de l'hydrothérapie scienti-