NEURASTHÉNIE CÉRÉBRO-SPINALE CAUSÉE PAR. UN CHOC PHYSIQUE
attention et, après avoir constaté l'absence de toute lésion, lui fit administrer une potion cordiale et des calmants. En quelques jours, ce malade fut débarrassé de la commotion générale occasionnée par sa chute; mais il comprit bien que son organisme avait été profondément secoué et reconnut, à. son grand regret, que ses forces physiques étaient très amoindries et ses nerfs fort surexcités. Son médecin, qui venait le voir tous les jours, reconnut bien vite le développement progressif d'un accès de neurasthénie qu'il attribua avec raison à l'ébranlement causé par le traumatisme dont il avait été victime et aussi à la dépression morale occasionnée par la perte de sa fortune. Il lui conseilla de faire un traitement hydrothérapique.
Les douches sédatives données dès le début de la cure calmèrent assez promptement ses phénomènes d'agitation. Les douches, tout d'abord attiédies et progressivement refroidies, lui rendirent ses forces un instant compromises. Les fonctions digestives qui, dans le cours de cette maladie, avaient présenté les signes d'une atonie désespépérante, étaient devenues normales. Les actes de la nutrition avaient repris leur cours régulier. Le malade dormait bien et n'éprouvait plus, en se réveillant, cette lassitude matutinale qui l'empêchait de se mouvoir
Heureux de ce résultat, il voulut reprendre la direction de son établissement industriel et parvint, grâce à son activité et à sa prévoyance, à réparer les brèches qu'un mauvais génie avait faites à son patrimoine.
Voilà un cas de neurasthénie cérébro-spinale essentielle dont les traits caractéristiques se sont développés sous la double influence d'un accident traumatique et d'une dépression morale très manifeste.
Type VIII. — Neurasthénie cérébro-spinale survenue longtemps après un grand traumatisme. — Déraillement et collision sur une ligne de chemin de 1er. — Blessures très graves localisées dans les membres inférieurs. — Convalescence lente et difficile. — Immédiatement après la guérison des accidents traumatiques, apparition d'un accès de neurasthénie caractérisé par une grande dépression mentale et par une excitabilité nerveuse compliquées de douleurs musculaires et articulaires assez pénibles (le malade est d'origine arthritique), de troubles variés de l'estomac et d'une diminution très accentuée de la virilité génésique.
Le cas que je veux exposer dans ce type est celui d'un des derniers survivants de la terrible catastrophe qui eut lieu sur le chemin de fer de la petite ceinture parisienne, à la station de Saint-Mandé.
Chez ce malade, la neurasthénie n'a pu être réellement reconnue