‹ La neuvaine de CythèreChapitre 3 sur 9 · VI NOTICE · texte numérisé non relu

VI NOTICE

rAcadémie française. Mais rien ne se perd en littérature, et le poème voluptueux devait se retrouver dans les papiers posthumes de Marmontel; bien plus : une édition devait en être faite, sous la Restauration, par la maison Firmin Didot * . L'avant-propos rappelle les succès de lecture obtenus jadis par l'auteur avec la Dfeuvaine de Cythère : « C'est ce qui a décidé son fils à permettre qu'on publiât un ouvrage où quelques censeurs sévères trouveront peut-être quelques images un peu trop vives ; le poète a su, du moins, donner à son style la décence que ses pensées n'avaient pas toujours. »

Ce volume manque aujourd'hui complètement en librairie; il faut savoir gré à M. Barraud de l'avoir fait reparaître pour un petit nombre d'amateurs. Les conditions exceptionnelles de luxe et de goût dans lesquelles il se produit, les charmants dessins de M. Fesquet, les caractères de M. Quantin, la qualité des papiers, fabriqués exprès par la maison Morel et C'% tout lui assigne une place de haut rang dans les bibliothèques.

Bien que je n'aie pas eu la prétention d'écrire une biographie de Marmontel, mais une simple esquisse d'un des côtés de sa physionomie, je m'en voudrais de

1. (Euvres posthumes de Marmontel j de P Académie française, ornées de gravures. A Paris, 4820; 1 vol. in-8. Portrait gravé de Piccini.

II y a eu une réédition en format in-4 2.

SUR MARMONTEL. vu

ne pas faire profiter mon lecteur d'une découverte assez curieuse : celle du tombeau définitif de l'auteur de la Neuvaine de Cythère. Je savais comme tout le monde qu'il était mort le 31 décembre 1799 dans un hameau près d'Evreux ; mais là s'arrêtaient mes renseignements. Mon ami Albert de la Fizelière a bien voulu, l'an dernier, suivre cette piste pour moi et me communiquer les détails inédits qui vont suivre. Ses souvenirs datent du temps où il était le secrétaire de Jules Janin, citoyen de Passy en hiver, et châtelain en été du château des Rotoirs, dans le département de l'Eure.

a En 18611, une cérémonie religieuse amena dans la paroisse de Saint-Aubin-sur-Gailloiv M**" Olivier, évêque d'Evreux. Ce fut entre l'ancien aumônier de la reine Marie-Amélie et notre cher Horatius Janin une charmante reconnaissance remplie de mille retours sur le passé. Cette intimité de vingt-quatre heures fit éclore sur leurs lèvres, également façonnées au bien dire, des récits qu'il eût été sans doute bien intéressant de recueillir. Je n'en ai su qu'un trait, qui m'a été rapporté, au retour, par Jules Janin.

(( Durant les loisirs de l'après-midi on fit une promenade; on visita le potager de M. le curé, et aussi, par occasion, on franchit la porte du modeste cimetière de Saint-Aubin, car la cure est adossée à l'église.

(( Quelques dalles de pierre, plus encore de monticules de terre surmontés de croix de bois noir, quelques couronnes fanées ; çk et là un nom obscur, Pierre ou

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