‹ La neuvaine du CythèreChapitre 7 sur 13 · LE CHAR · texte numérisé non relu

LE CHAR

Le frais du soir calmait lardeiir du jour; L'azur du fiel et ses vapeurs humides De la nuit sombre annonçaient le retour. Lorsque le char dont Vénus tient les guides De l'air serein fend les i)laines liquides. Mille zéphyrs voltigeaient alentour ; Dans les cheveux de la mère d'Amour Us se jouaient, et d'une aile folâtre Les étalaient sur deux globes d'albâtre.

Dont les sommets, à la rose pareils.

Du doux baiser sont les trônes vermeils. Ce corps charmant, que le grand Praxitèle Dans sa Vénus a si bien modelé.

Et que Paris avait vu dévoilé Lorsqu'il donna la pomme à la plus belle. Ce corps pressait sous le plus doux satin Les muscles bruns du faune libertin.

En souriant, sa divine conquêle

Se renversait, penchait vers lui sa tète.

Et l'animait du geste et du regard.

De ses deux bras le mouvement cynique

Excite en lui cette ardeur sympathique

Qui du plaisir électrise le dard.

Mais comment peindre, en ce moment critique.

Du dieu lascif les désirs partagés ?

Là deux autels, à l'amour érigés,

S'offrent à lui sous un même portique.

A l'un, à l'autre il adresse des vœux.

Mais il ne peut les encenser tous deux :

Le culte est double, et l'offrande est unique.

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