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anesthésie cornéo-conjonctivale absolue. Pas de lésions cornéennes, pas d’iritis.
On constate par contre, à l’examen de la musculature interne, une dilatation marquée de l'iris qui ne réagit plus ni à la lumière ni à l’accommodation. L’examen de la musculature externe permet, en outre, de constater une paralysie totale du moteur oculaire externe et, semble-t-il, du pathétique et une paralysie parcellaire du moteur oculaire commun, atteignant le releveur de la paupière; les muscles droits supérieur, inférieur et interne, touchés à un degré moindre mais encore notable, peuvent esquisser quelques mouvements dans leur sens d’action respectif.
Dés le 30 décembre 1926, la vision de l'O. G. était presque complètement abolie. Au début, l’aspect de l’affection était celui d’une névrite optique ou plus exactement d’une papillite œdémateuse. L'examen ophtalmoscopique révélait une papille légèrement floue avec des vaisseaux dilatés sans autres lésions du fond. La tension de l’O. G. était normale et égale à 15 mm. de mercure. L’examen nasal, négatif, montrait simplement une folliculite narinaire gauche et quelques croûtelles nasales. Plusieurs examens, au cours desquels on assiste à une décoloration papillaire à marche rapide, sont ensuite pratiqués.
15 janvier 1927 : L’ophtalmoscope montre une papille floue en voie de décoloration et des artères grêles. La tension au tonomètre de Bailliart O. G. D.—25.
Le 21 janvier 1927, une instillation d’atropine dans l’œil gauche, n’entraîne aucune modification du diamètre de la pupille. On songe à la paralysie probable, mais non certaine du sympathique, la pupille étant, à l’état de repos, en dilatation manifeste, ce qui semblerait indiquer qu’il persiste une certaine tonicité sympathique.
8 février 1927 : On pratique une ponction lombaire, qui montre une tension du liquide céphalo-rachidien de 32 en position assise. L'examen cytologique décèle une lymphocytose nette (13 éléments blancs à la cellule de Nageotte, comprenant 7 lymphocytes et 6 polynucléaires, L'examen bacté-
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tiologique donne 0 gr. 50 p. 1000 d’albumine; la quantité de sucre est normale. Le Wassermann est négatif. :
15 février 1927 : La malade quitte le service; la papille est alors complètement blanche et présente des vaisseaux filiformes extrêmement rétrécis ; la vision est abolie en totalité ; la paralysie motrice est toujours la même. Le tégument est pigmenté dans la moitié gauche du front où se trouvent quelques cicatrices déprimées.
21 octobre 1927 : La malade revient nous voir.
L'examen de l'O. D. montre une opacité cristallinienne au début; la papille est normale. L’O. G. présente des opacités, une atrophie papillaire notable avec un rétrécissement considérable des vaisseaux et une excavation atrophique. La pupille est dilätée et ne réagit pas. On constate la paralysie du moteur oculaire externe gauche, la parésie du moteur oculaire commun portant uniquement sur le petit oblique et le sphincter pupillaire.
9 novembre 1927 : La malade accuse de vives douleurs, l’examen nous montre quelques plaques de leucodermie dans la région de distribution du nerf frontal gauche; en ce point, douleurs spontanées, vives et profondes. Anesthésie douloureuse très nette. Vision normale à droite.
OBSERVATION II (Hutchinson)
Zona du front et surtout d’un côté du nez. — Névrite optique probable.
Tandis que ces feuilles allaient à l’impression, un autre et peut-être le cas le plus instructif que j’ai jamais vu, est tombé sous mon observation. Hier, 1e novembre, une femme âgée d’environ 60 ans, est venue chez moi, à Moorfields, ayant la moitié droite du nez envahie très profondément de la racine à la pointe, par des cicatrices d’herpès. Sur son front, se
trouvent, éparsés, quelques cicatrices caraëtéristiques, mais le mal atteint sa plus grande intensité au niveau des territoires nerveux du trochléaire et du nasal, et ceci à un degré que je n’avais jamais constaté jusqu’à présent. Ceci fait songer à la possibilité de voir un cas dans lequel ces nerfs sont seuls touchés, le frontal échappant entièrement à toute atteinte. Cette malade raconta qu’elle venait juste de guérir d’ « une très grave atteinte d’érysipèle ». Elle n’a pas la moindre perception lumineuse. La cornée est légèrement trouble, mais sans opacité marquée; la pupille est dilatée à deux fois ses dimensions normales et absolument fixe. Il semble qu’il y ait quelques synéchies, mais elles sont petites et la pupille n’est pas obstruée. L’iris a perdu son éclat. La tension du globe oculaire n’est pas augmentée. La paupière supérieure tombe de manière à couvrir complètement l’œil, mais la malade peut l’élever légèrement. Aucun des muscles droits n’est paralysé ou considérablement affaibli.
L’existence d’une dilatation pupillaire associée à de l’herpès est nouveau pour moi, de même que le ptosis accompagnant cet herpès. Il est hors de doute que ces deux signes sont liés à une altération de la III° paire. Le Docteur Broadbent vient de publier un cas très intéressant d’herpès occupant une certaine partie du bras, et suivi de faiblesse musculaire, et un autre cas absolument semblable. à celui qu’il cite est venu récemment attirer mon attention. Jusqu'ici, l’herpès a été considéré comme n’atteignant que les nerfs sensitifs, mais nous avons ici trois exemples de paralysies motrices qui en sont la conséquence. Dans tous les cas que j’ai observés et dans lesquels l’œil était atteint, une paralysie de l’iris et une immobilité totale de la pupille s'étaient ensuivies.
OBSERVATION III (Bowman)
Zona fronto-naso-temporal gauche. — Atrophie du nerf optique.
Mai 1864 : M. D... âgé de 44 ans, présentait en janvier der-
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nier, uñe inflammation localisée à un côté du visage, qui fut prise pour un érysipèle. Elle occupait la moitié gauche du visage, s'étendant jusqu’au niveau du lobe de l'oreille, mais épargnant l'oreille elle-même et le nez, sauf la région environnant la racine de ce dernier; elle s’étendait aussi à la région temporale gauche, et un peu au-dessous du sourcil, nulle part ailleurs. En 10 jours, elle avait atteint son maximum d’intensité, et au bout de trois semaines, le patient était très gravement malade, avec une forte enflure des paupières gauches et une grande douleur. Quand le gonflement disparut, l’œil gauche était aveugle. Cinq semaines après, quand le visage revint normal, le genou droit devint très enflammé et enflé — son périmètre actuel est supérieur de deux pouces et demi à celui du genou opposé, et a été mis dans un plâtre de Paris pendant six semaines.
Actuellement, la paupière supérieure gauche est légèrement boursouflée, la fente palpébrale ne possède que la moitié de sa hauteur normale. Les mouvements du globe sont normaux — pas de paralysie de la IIl° paire — globe gauche, tension normale, pupille dilatée et ne réagissant seulement qu’aux impressions lumineuses reçues par la rétine à droite, les sensations lumineuses ne sont pas perçues. — Les milieux réfringents sont clairs, le disque optique est blanc, — les artères et les veines diminuées de calibre.
L’œil droit est normal. La sensibilité cutanée est parfaite en tous les points.
OBSERVATION IV (Daguenet)
Zona ophtalmique droit avec névrite optique et atrophie papillaire du côté correspondant.
M. C.., âgé de 50 ans, officier supérieur de l’armée, est exempt de tout antécédent morbide. Il est d’un tempérament nerveux et présenté tous les attributs d’une bonnes consti-
tution,
eu D —
Au mois d'avril de l’année dernière, après bon nombre de journées passées à cheval par le froid et par le vent, M. C.... est subitement atteint de douleurs névralgiques semblant partir du globe oculaire droit et s’irradiant dans le front et la tempe du même côté. En même temps le malade remarque, selon son expression, qu’un petit bouton lui est poussé entre les deux souréils, sur la partie droite de la racine du nez. Ce bouton est le siège de vives démangeaisons.
Pendant trois jours les douleurs sont assez supportables, mais dans la nuit du quatrième jour elles s’exaspèrent, s’accompagnent de gonflement de la paupière supérieure et restent extrêmement violentes, pendant 48 heures, que le malade passe dans une chambre complètement obscure. Enfin la crise se calme, mais quel n’est pas l’effroi du malade en constatant qu’il ne voit presque plus rien de l’œil droit. C’est alors qu’il me fait mander, et voici les conditions dans lesquelles je le trouve.
ETAT GÉNÉRAL : Courbature, anorexie, fièvre légère, céphalalgie.
ETAT LOCAL : Au-dessus du sourcil droit, sur le trajet du
nerf sus-orbitaire, on remarque un gonflement et une rougeur de la peau dans une étendue de 3 à 4 c.
Sur la partie droite de la racine du nez et ne dépassant pas la ligne médiane, on voit une grande plaque très rouge, ulcérée au centre et recouverte de croûtes.
. Üne autre tache rouge voisine de la précédente, et de date plus récente, car elle est encore recouverte de quelques vésicules, existe un péu au-dessous du tendon de l’orbiculaire droit.
La paupière supérieure présente un gonflement œdémateux assez prononcé.
Toutes ces parties sont anesthésiées, ce que l’on constate en piquant les téguments avec une épingle. Toutefois, la compression du nerf sus-orbitaire provoque une douleur sourde.
ETAT DE L’œIL : Du côté de l’œil, la conjonctive est légère-
ent injectée, sans chémosis, sans traces de vésicules. Le larmoiement est assez considérable.
La cornée est saine. L’iris est normal, toutefois la pupille est un peu plus dilatée que celle de l’autre côté.
A l’ophtalmoscope, tous les milieux réfringents ont leur transparence physiologique, mais on trouve les signes classiques d’une névrite optique fortement accentuée. Ainsi, la papille est tuméfiée et complètement masquée par des exsudats, de sorte qu’elle ne se reconnaît plus que par le point d’émergence des gros vaisseaux. Ceux-ci sont sinueux, tortueux, surtout les veines qui paraissent interrompues par places et divisées en tronçons.
Un affaiblissement considérable de la vision accompagne ces Symptômes. De l’œil atteint, le malade ne peut compter les doigts à un pied de distance et distingue à peine la lumière d’une lampe placée à un mètre.
L’œil gauche reste sain et complètement indemne.
Le traitement employé fut le suivant : iodure de potassium à l’intérieur, frictions sur le front et la tempe droite avec une pommade hydrargyrique contenant également du chlorhydrate de morphine, purgations répétées et révulsion sur
la nuque avec une pommade stibiée.
Une amélioration sensible ne tarda pas à se manifester. Les symptômes inflammatoires cessèrent, et la vision revint peu à peu. Quatre mois après les débuts du mal, on trouvait S=1/6.
La papille présentait alors tous les caractères d’une atrophie consécutive. Il y avait encore parfois des douleurs névralgiques sur le front et la tempe du côté droit. Ces douleurs ne disparurent définitivement que deux mois après.
Aujourd’hui, l’acuité visuelle est restée 1/6 et le malade
porte sur le front et près de la racine du nez, trois cicatrices indélébiles, dont l’une mesure près d’un demi-centimètre de
diamètre,