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OBSERVATION V (Puech)
Zona ophtalmique droit; atrophie optique post-névritique uni-
latérale.
Jeanne D.., 46 ans, ménagère à Belin, vient à la clinique du Docteur Puech, en janvier 1895, avec le diagnostic d’érysipèle de la face : c’est pour cette affection qu’elle a été soignée jusqu’à ce jour. Le Docteur Puech ne tarde pas à reconnaître, étant données la rougeur spéciale qui persiste sur le côté droit de la face et la présence de taches anesthésiques disséminées sur le trajet du frontal et du nasal externe, qu’il s’agit d’un zona ophtalmique à la période de cicatrisation. L’éruption a débuté il y a trois semaines. La malade a présenté des douleurs extrêmement violentes, survenant par crises, une fièvre intense, de l’anorexie, des vomissements et de la courbature. Ces troubles généraux graves coïncidant avec l’éruption de la face ont induit en erreur le premier praticien. j
Actuellement, la malade est fatiguée, et se plaint d’un affaiblissement de la vision de l’œil droit qui a coïncidé avec l’éruption de son zona. L’examen permet de constater sur le trajet des filets du frontal et du nasal externe, des cicatrices irrégulières, déprimées, de coloration brunâtre. Au niveau de ces cicatrices, il existe une anesthésie complète au contact et à la piquüre. Du côté de la conjonctive et de la cornée, insensibilité complète. L’examen des milieux transparents de l’œil, permet de constater un trouble du corps vitré caractérisé par la présence de flocons, probablement de nature hémorragique. Pas d’herpès cornéen, pas d’iritis. Le fond de l’œil, difficile à distinguer à cause des troubles du vitré, permet cependant de constater l’existence d’une névrite œdémateuse qui a évolué vers l’atrophie. Trois mois après, les troubles du vitré ont sensiblement disparu, l’atrophie papillaire est complète. Trois ans après, la papille est toujours
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d’un blanc nacré, ses vaisseaux filiformes et l’œil s'est dévié en dehors (strabisme externe par non usu). Les zones d’anesthésie sur le trajet du frontal et du nasal existent toujours, mais sont en voie d’amélioration. De même, l’anesthésie cornéenne a diminué. La malade accuse toujours des crises de douleurs névralgiques intermittentes. Rien à noter dans ses antécédents ; à relever cependant ge dans l’entourage de la malade un homme aurait présenté un zona ophtalmique
et celle-ci attribue son affection à la contagion.