‹ La Névrite Optique ZostérienneChapitre 18 sur 24 · RES AE · texte numérisé non relu

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maine de celui-ci des troubles divers, excitation, parésie, paralysie. On sait que le trijumeau renferme, outre des fibres sensitives, motrices et sécrétoires, des fibres vaso-motrices et irido-dilatatrices; il joue aussi un rôle trophique très important.

‘Partant de ces considérations, on a songé à attribuer une origine réflexe aux altérations du nerf optique consécutives à des lésions du ganglion de Gasser et des rameaux périphériques du trijumeau.

En réalité, nous sommes obligés de recourir à de pures hypothèses dans les voies centrifuges de:ces réflexes. Il est impossible, en effet, comme l'écrit Berger, de les expliquer par simple dilatation réflexe des vaisseaux.

Nous croyons bon, avant d’aller plus avant dans notre exposé pathogénique, de rappeler brièvement quelques notions d’anatomie quant aux liaisons anastomotiques du trijumeau avec les autres paires craniennes. C’est ainsi que le nerf ophtalmique qui s’échappe du ganglion de Gasser pour gagner l'orbite, envoie, au niveau de la paroi externe du sinus caverneux, un filet sensitif allant s’anastomoser avec le nerf moteur oculaire commun. Deux autres branches se dégageant, d’autre part, de l’ophtalmique, près du dit ganglion, vont s'unir au pathétique. Enfin, dans son trajet, le nerf moteur oculaire externe s’anastomose avec le nerf ophtalmique et le grand sympathique. A l’intérieur de la cavité orbitaire, on trouve encore quelques fines anastomoses : à ce niveau, en effet, les nerfs ciliaires, branches efférentes du ganglion ophtalmique, fournissent quelques filets très

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déliés à la gaine externe du nerf optique et à l'artère ophtalmique. « Les nerfs ciliaires longs, écrivent Poirier et Charpy, branches collatérales du nerf nasal, donnent souvent des filets très ténus à la gaine durale du nerf optique. »

Il est donc aisé de comprendre pourquoi l'intensité de l'exanthème siégeant dans la zone de distribution du nerf nasal, est toujours en rapport avec la gravité et l’étendue des lésions oculaires ; comme exemple, rappelons l'observation de Daguenet dans laquelle l’éruption présentait son maximum d’intensité au niveau de l’angle interne de l’œil, du côté de la racine du nez.

Deuxième théorie : Rôle du filet anastomotique réunissant le nerf ophtalmique au nerf optique. — Nous ne saurions oublier de mentionner enfin un dernier détail anatomique qui a son importance : Tiedmann et Sappey, dans leurs traités d'anatomie humaine, décrivent un filet des nerfs ciliaires qui pénètre dans l'intérieur du nerf optique avec l’artère centrale de la rétine, unissant ainsi le nerf ophtalmique au nerf optique.

Il est, dès lors, tentant, d’après la connaissance de ces anastomoses nerveuses, d'expliquer, comme il suit, le mécanisme par lequel les nerfs de voisinage subiraient le retentissement des altérations du trijumeau: une infection venue du ganglion de Gasser descendrait peu à peu le long du tronc nerveux de l’ophtalmique et l’inflammation consécutive du petit rameau ciliaire se propageant au nerf optique, créerait secondairement l’hypérémie des vaisseaux, la.

stase du sang, le gonflement du nerf optique étranglé en quelque sorte dans l’anneau sclérotical inextensible, avec toutes les manifestations qui en découlent. La névrite optique ainsi constituée serait donc une névrite de propagation s'étendant, telle une tache d'huile, par l'intermédiaire du filet anastomotique de Tiedmann.

Ce qui se passerait pour le nerf optique pourrait aussi se produire pour les autres nerfs craniens en relation avec le trijumeau, et les troubles névritiques ou paralytiques apparaissant au cours de l’herpès zoster vrai, seraient alors expliqués.

Les données qui précèdent semblent faire entendre que les complications survenant tant au cours du zona symptomatique que du zona vrai, relèvent d’un agent infectieux ou toxique, ou encore de lésions né-. vritiques ou de troubles trophiques occasionnés par les altérations que présente le trijumeau.

Le zona étant une maladie infectieuse, pourquoi ne serait-il pas susceptible de provoquer comme telle des lésions du nerf optique ?

- Il est probable qu’une névrite optique qui survient au cours d’un zona ophtalmique ou bien d’une tuber-culose, d’une maladie de l’encéphale, du tabès, est intimement liée à la nature infectieuse ou toxique de ces diverses affections. Dans d’autres cas, lorsque l’origine mécanique de l’herpès Zoster paraît être seule en cause, lorsqu'une tumeur, une gomme syphilitique, par exemple, envahissent une portion du trijumeau, le mécanisme de constitution de la névrité

semble être alors moins aisé à expliquer; il serait.ce-

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pendant imprudent de rejeter toute origine toxique ignorant en effet le mode d’action de la tumeur, de la gomme sur le nerf de la V* paire; ce dernier ne réagirait-il pas d’une bien étrange façon à une action purement mécanique? C’est pour cette raison que le zona ophtalmique, maladie infectieuse et immunisante à symptômes généraux parfois intenses pouvant se compliquer de névrite optique ou de paralysies oculaires, nous semble relever d’une cause infectieuse ou toxique. à

Troisième Théorie : Réaction méningée dans le zonà ophtalmique. — Nous ne saurions terminer ce chapitre sans attirer l’attention du lecteur sur la constance des réactions méningées au cours du zona ophtalmique, réactions auxquelles on attribue aujourd’hui le rôle le plus certain dans la production de la névrite optique zostérienne.

Le zona ophtalmique apparaît en effet, comme un syndrome relevant d'un processus toxi-infectieux d'origine variable, ou d’yn agent pathogène spécial, localisé au ganglion de Gasser, et s'accompagnant en outre d’une réaction méningée atténuée histologiquement et cliniquement, de formule lymphocytaire.

La relation observée entre l’inflammation du ganglion de Gasser et la méningite, s'explique anatomiquement par la connaissance des rapports intimes du dit ganglion avec les culs-de-sac sous-arachnoidiens de la base du crâne: Si donc le processus inflammatoire du ganglion de Gasser est susceptible de retentir secondairement sur les méninges adjacentes, ce qui est généralement admis et confirmé par la

lymphocytose tardive, on imagine aisément que l’inverse puisse se produire, ce que l’on a, du reste, constaté dans nombre de cas.

Tantôt donc les lésions ganglionnaires semblent primitives, tantôt la méningite peut être sans aucun doute considérée comme la première en date. Comme l’a montré M. Bourdier, c’est par une véritable méningite optique primitive, propagée le long des gaines du nerf optique, que se constituent les lésions du tractus sous-jacent dans les infections des méninges. La névrite optique zostérienne aurait donc la même origine toxi-infectieuse que la méningite qui l’a occasionnée.

Dans le cas que nous avons observé, il semble bien être question d’un processus de ce genre, l'examen cytologique du liquide céphalo-rachidien ayant décelé l’existence d’une lymphocytose nette. C’est pourquoi cette dernière hypothèse nous semble présentement pouvoir être adoptée.

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