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des désordres nerveux plus ou moins tardifs et d'une durée parfois indéfinie.
Rôle de Vémolion. — Presque tous les individus atteints de névrose traumatique ont éprouvé ou sont supposés avoir éprouvé une frayeur plus ou moins vive en même temps qu'ils étaient blessés. Parfois la blessure paraît relativement légère, et la terreur au contraire très intense, de sorte qu'il semble légitime dans certains cas de considérer l'émotion comme le facteur étiologique le plus important. Il est même signalé dans un petit nombre d'observations comme ayant agi seul.
Je crois cependant que le rôle de l'émotion a été parfois exagéré, et qu'il y a quelques réserves à faire sur ce point.
Je rappelle tout d'abord que les individus blessés même dans les circonstances les plus dramatiques et les plus propres à occasionner une violente émotion, échappent presque toujours à la névrose traumatique si les blessures ne rentrent pas dans la catégorie spéciale indiquée au paragraphe précédent. Il est permis de supposer que les effets de l'émotion sont considérablement aggravés quand celle-ci agit sur un cerveau qui est en même temps ébranlé plus ou moins fortement par un choc physique.
D'autre part, il est des cas, rares à la vérité, où il semble certain qu'aucune émotion n'a pu accompagner la blessure à la suite de laquelle se développe la névrose traumatique. Ce sont ceux où un individu (comme dans les observations XVI et XIX) est surpris brusquement par un traumatisme absolument imprévu qui le plonge immédiatement dans le
coma. Quand le blessé sort de ce coma au bout de quelques heures où même de plusieurs jours, il ne reprend connaissance que très graduellement, n'a aucune notion de ce qui lui est arrivé, et il est bien difficile d'admettre que dans ces conditions il soit capable d'être ému rétrospectivement par l'accident qu'il a subi.
Même en laissant de côté ces cas exceptionnels, il en est beaucoup d'autres où il semble bien que le blessé, atteint ultérieurement de névrose traumatique grave, n'a guère été ému au moment de l'accident. On devrait même dire que le plus souvent le développement et la gravité de la névrose traumatique ne sont nullement en rapport avec la violence de l'émotion ressentie au moment de l'accident, s'il était permis de juger de l'intensité d'une émotion par ses manifestations extérieures. Parmi les cas les plus graves, on trouve des individus qui assurent n'avoir pas été effrayés et qui se sont comportés en effet avec beaucoup de calme et de sang-froid, envisageant comme peu sérieuses les conséquences de l'accident. En revanche on voit, dans une catastrophe de chemin de fer par exemple, des individus qui sont restés un certain temps emprisonnés dans les débris d'un wagon sans qu'on les en puisse retirer malgré toutes leurs supplications, des femmes qui assistent en hurlant d'épouvante au sauvetage et au défilé des blessés, d'autres qui courent affolées sur le lieu du sinistre à la recherche de leurs enfants disparus, avec toutes les marques du désespoir et de la terreur ; or, ces personnes ne sont pas, plus spécialement que d'autres, atteintes parla névrose traumatique.
ÉTIOLOGIE.
Il en est de même chez d'autres individus qui, à la suite par exemple d'une catastrophe de chemin de fer, présentent immédiatement un état cérébral particulier, très voisin du somnambulisme, pendant lequel l'activité intellectuelle se restreint à un automatisme portant sur un très petit cercle d'idées. J'ai déjà indiqué autrefois (1) que ce n'est pas parmi les blessés de ce genre que l'on trouve plus particulièrement des cas de névrose traumatique grave et tenace. C'est un point que je puis confirmer aujourd'hui. Depuis lors en effet j'ai noté l'état cérébral dont je viens de parler chez sept des victimes de l'accident de Saint-Mandé ; aucune d'elles n'a été atteinte d'une forme grave et prolongée de la névrose traumatique, et plusieurs étaient guéries au bout de peu de jours.
Voici du reste le résumé de ces sept observations :
Observation XX. — Accident de chemin de fer. Obnubilation et automatisme intellectuels. Ultérieurement pas de troubles graves.
Mademoiselle La..., 14 ans, a reçu, au moment de là collision des trains, des contusions sans gravité à la face et aux membres inférieurs.
Elle a perdu absolument tout souvenir de ce qui s'est passé immédiatement après l'accident. Quand elle reprit conscience (très incomplètement) d'elle-même, elle était sur le talus et marchait à quatre pattes pour gagner le trottoir de la voie. Elle est revenue ensuite à pied chez elle, et pendant tout le trajet elle était comme une somnambule, ne paraissant rien voir de ce qui se passait autour d'elle. Arrivée à son domicile, sa mère, extrêmement inquiète de ce retard dont elle ne connaissait pas la cause, lui a
(1) Congrès de médecine légale de 1889.
160 CONTRIBUTION A i/ÉTUDE DE LA NÉVROSE TRAUMATIQUE.
demandé des explications. Elle n'a pu en donner aucune, et se bornait à répéter : « Je t'en prie, laisse-moi dormir. » Elle a reçu sans protester quelques claques que sa mère lui a administrées. Elle s'est couchée sans avoir dit un mot de l'accident, elle a été très agitée et n'a pas dormi.
Les deux jours suivants, elle est restée comme « ahurie et hébétée », suivant l'expression de sa mère, pleurant pour le motif le plus futile, par exemple en apercevant la robe qu'elle portait au moment de l'accident.
Cependant deux semaines après, elle était presque rétablie. Elle était encore très émotionnable, éprouvait quelques maux de tête, et de l'aslhénopie accommodative. C'est ce dernier symptôme qui, seul, l'empêchait de reprendre ses occupations habituelles.
Observation XXI. — Accident de chemin de fer. Obnubilation intellectuelle immédiatement après. Troubles ultérieurs légers et peu durables.
Madame Dem..., 26 ans, l'ingère, n'a reçu que des contusions insignifiantes. Elle ne s'est pas évanouie, mais elle a perdu cependant la conscience de ce qui se passait. Elle ne sait pas comment elle est descendue de wagon; elle cherchait ses enfants qu'elle avait laissés à la maison ; elle ne voulait pas croire qu'elle était à Saint-Mandé, mais pensait qu'elle se trouvait en Suisse, à Mœnchenstein, où une catastrophe de chemin de fer avait eu lieu quelque temps auparavant. Au bout d'une demi-heure, elle a commencé à soigner des blessés, puis elle a été prise d'un grand tremblement et on l'a ramenée chez elle.
Les jours suivants, elle a souffert de maux de tête, d'insomnie avec cauchemars, d'un tremblement intense. Elle était prise d'une grande oppression après les repas même très légers.
Treize jours après l'accident, tous ces phénomènes étaient déjà très atténués, sauf le tremblement qui était encore assez accentué pour empêcher cette dame de coudre.
ÉTIOLOGIE.
Observation XXII. — Accident de chemin de fer. Obnubilalion intellectuelle immédiatement après. Troubles ultérieurs peu graves.
Mademoiselle F..., 24 ans, a reçu de légères contusions à la tête. Elle n'a pas perdu connaissance au moment de l'accident, mais pendant plusieurs heures elle est restée à peu près inconsciente, errant à l'aventure sans chercher à regagner son domicile, et pleurant abondamment.
Les trois premières nuits, elle a assez bien dormi, mais depuis lors le sommeil lui est presque impossible, et elle passe une partie de ses nuils debout. En même temps, elle a été prise d'accès de rire convulsifs qui se renouvellent plusieurs fois par jour. Elle est devenue irascible et triste ; elle a peur de tout. Elle mange très peu, et de préférence des salades, des légumes crus. Elle souffre de l'estomac et a souvent des nausées.
Cependant cette personne a pu reprendre son métier d'employée treize jours après l'accident, et le conlinuer depuis.
Observation XXIII. — Accident de chemin de fer. Obnubilation intellectuelle ; guérison rapide.
Mademoiselle D..., 16 ans, est restée quelques instants emprisonnée dans les débris du wagon qu'elle occupait. Jusqu'au moment où elle est rentrée chez elle, conduite par sa mère, elle n'a pas compris qu'elle venait d'échapper à un accident de chemin de fer. Les jours suivants, [elle est restée hébétée, au point que le commissaire de police, qui le surlendemain est venu lui demander des détails, n'a rien pu en tirer et a déclaré dans son rapport qu'elle était devenue folle.
Cependant treize jours après, cette jeune fille ne présentait plus aucun trouble de la santé. Elle m'a déclaré qu'elle était tout à fait rétablie, et c'était aussi l'opinion de sa mère.
Observation XXIV. — Accident de chemin de fer. Hébétude pendant trois jours. Troubles nerveux s' atténuant assez rapidement.
Madame L..., 26 ans, a reçu des contusions nombreuses, mais peu graves (le 26 juillet). Elle n'a pas perdu connaissance au mo- Ch. Vibert. 1 1
ment de l'accident ; elle a cherché longtemps son mari et son enfant qu'elle croyait morts.
Transportée à l'hôpital, elle est restée pendant les trois premiers jours dans un état de véritable hébétude, ne sachant pas où elle se trouvait, ne demandant même pas de nouvelles de son mari. Pendant l'une de ces journées elle a présenté une éruption analogue à celle de la rougeole, et qui n'a duré que quelques heures.
Le 5 août, nous l'avons trouvée en état de répondre aux questions, mais émotive, tremblant de tout le corps et surtout de la langue, souffrant d'une courbature extrême, de maux de tête violents, incapable de marcher, de lire, de se livrer à une occupation quelconque. Elle a pu cependant quitter l'hôpital le 8 août.
Le 24 août, son état s'est beaucoup amélioré ; mais elle est loin d'être guérie. Elle travaille trois ou quatre heures par jour en s'inlerrompant fréquemment à cause des maux de lêle et des étourdissements que lui occasionne un elfort d'attention. Elle a maintenant, principalement sur le cou, une éruption érythémateuse avec quelques papules, et elle déclare qu'après chaque repas il lui vient des « boutons » qui la démangent beaucoup (urticaire ?).
Observation XXV. — Accident de chemin de fer. Amnésie et obnubilation intellectuelle pendant quarante-huit heures. Pas de troubles nerveux ultérieurs.
Le sieur V..., 72 ans, a reçu des contusions à la tête, et a eu une jambe fracturée,
Il ne s'est pas évanoui au moment de l'accident ; mais pendant quarante-huit heures il a perdu la notion des événements accomplis ; il demandait à tout moment où il était et pourquoi on l'avait amené à l'hôpital. Il était d'ailleurs fort calme et nullement délirant. Il est revenu en peu de jours à son état normal, et trois semaines après l'accident il ne présentait pas de troubles nerveux notables.
ÉTIOLOGIE.
Observation XXVI. — Accident de chemin de fer. Violente émotion avec légère aberration intellectuelle. Ultérieurement, quelques troubles nerveux, vite dissipés.
La dame P..., 27 ans, allaitait son bébé au moment où le choc des trains a eu lieu. Elle a été violemment secouée, mais n'a pas reçu de blessures ayant laissé de traces. Elle s'est sauvée avec ses enfants et a regagné son domicile à pied. Elle était très excitée et très troublée, au point qu'à tous moments elle demandait aux passants son chemin, que cependant elle connaît fort bien.
Pendant plusieurs jours elle a eu des maux de lête, des étourdissements, de l'insomnie, de l'agitation. Mais au bout de deux semaines, elle était tout à fait rétablie et vaquait sans difficulté aux soins de son ménage (1).
Rôle de la prédisposition. — Le traumatisme et l'émotion suffisent à provoquer la névrose traumatique. Il n'est pas besoin que, pour être efficaces, ces causes agissent sur un individu paraissant prédisposé aux affections du système nerveux, par son hérédité, ses antécédents personnels ou
(1) L'enfant que nourrissait cette femme était une petite fille de 4 mois, bien portante. Elle n'a reçu aucune blessure. Sa mère lui a donne le sein à plusieurs reprises, pendant la nuit suivante. Dès le lendemain matin, l'enfant a eu des coliques et de la diarrhée verte. Le surlendemain au soir, elle a été prise d'une éruption qui, 14 jours après, était bien développée et consistait en un érythème intense parsemé de petites vésicules remplies de sérosité, disposé symétriquement sur les deux aisselles, la partie supérieure des bras, le cou et la face.
La mère n'a pas cessé d'allaiter; mais quand elle a été rétablie, l'enfant a cessé d'avoir la diarrhée et les coliques, l'éruption a cessé de s'étendre, puis est entrée en décroissance.
— Parmi les victimes de ce même accident de chemin de fer, il y avait une autre femme qui nourrissait son enfant. Cette femme, légèrement contusionnée, a eu des troubles nerveux très accentués, son nourrisson a été pris, le lendemain de l'accident, de vomissements et de diarrhée verte qui n'ont cessé que lorsque la mère a renoncé à lui donner le sein. L'enfant a été pris en outre d'un eczéma papuleux occupant les deux bras.
certaines particularités qui caractérisent les sujets dits névropathes.
Dans la majorité des cas publiés par les divers auteurs et de ceux que j'ai moi-même observés, on ne trouve en effet chez les blessés aucune trace d'une prédisposition de cë genre. Il s'agit même parfois d'individus d'un caractère remarquablement calme et aussi éloignés que possible du type des déséquilibrés.
Un petit nombre de blessés que j'ai examinés avouaient des antécédents neuropathologiques (presque toujours de l'hystérie). L'influence de la prédisposition s'est manifestée dans ces cas d'une manière assez variable.
Deux femmes hystériques qui avaient reçu, dans des accidents de voiture, des blessures relativement légères, ont eu, à la suite de l'accident, des attaques convulsives beaucoup plus nombreuses, mais n'ont présenté que d'une manière très atténuée les principaux symptômes de la névrose traumatique : maux de tête, insomnie, accès d'étourdissements, asthénopie accommodative, troubles psychiques.
Une jeune fille atteinte d'hystéro-épilepsie grave, ayant nécessité son internement à l'asile de Vaucluse pendant sept mois, a été blessée, légèrement d'ailleurs, par l'écroulement de la maison qu'elle habitait (en même temps que la malade de l'observ. XIII). Elle a eu, immédiatement après l'accident, une attaque violente d'hystérie ; mais depuis lors elle n'a présenté aucun trouble du système nerveux, et elle est restée quatre mois consécutifs sans avoir une seule attaque convulsive, ce qui ne lui était jamais arrivé.
ÉTIOLOGIE.
Un autre cas, résumé ci-dessous, concerne une jeune femme qui reconnaît qu'elle a toujours été « très nerveuse », mais qui n'aurait jamais eu d'attaques convulsives. Après un accident de chemin de fer, elle a été prise de toux hystérique.
Observation XXVII. — Accident de chemin de fer. Ultérieurement toux hystérique.
La dame R... se trouvait dans un train qui a été tamponné. Elle a ressenti une très violente secousse et a été projetée contre son mari placé en face d'elle : mais elle n'a pas reçu de blessures appréciables extérieurement.
Les jours suivants elle a éprouvé une forte courbature, des maux de tête et de l'insomnie avec cauchemars. Ces troubles se sont dissipés assez rapidement pour que cette dame ait pu reprendre son poste d'employée de commerce au bout d'une semaine.
Mais quinze jours après l'accident, elle a dû cesser de nouveau son travail, parce qu'elle a élé prise d'une toux sèche, non quinteuse, extrêmement fréquente, et qui était insupportable pour les clientes de sa maison. La toux persiste la nuit, et réveille souvent la malade, qui n'a d'ailleurs plus de cauchemars, ni de maux de tête. La voix n'est pas altérée, il n'y a pas d'expectoration ; les poumons ne présentent aucune lésion.
Dans d'autres cas, malgré une hystérie antérieure nettement caractérisée, en voit apparaître la névrose traumatique sous sa forme commune, sans mélange de symptômes sûrement hystériques. Il en est ainsi par exemple dans le cas suivant, où Ton ne peut guère relever qu'une particularité étrangère à la névrose traumatique, à savoir la volubilité et l'exubérance de gestes. Encore ce trait psychique n'appar-
tient-il point en propre à( l'hystérie, d'après les médecins les plus autorisés.
Observation XXVIII. — Accident de voiture. Hystérie antérieure. Maux de tête, rachialgie, insomnie, accès d'élourdissements. Dyspepsie. Troubles psychiques.
La dame P..., âgée de 43 ans, a eu, pendant quatre ans, des attaques convulsives d'hystérie qui se produisaient plusieurs fois par semaine. A la suite d'un traitement par le bromure de potassium et les douches, qui a duré pendant deux ans, elle était, ditelle, complètement guérie.
Un an après, elle a été renversée par un fiacre, et a. reçu à la région lombaire et à la fesse droites des contusions qui paraissent avoir été peu graves et qui n'ont laissé aucune trace. Mais à partir de ce moment, elle a été prise de troubles nerveux qui ont persisté sans modifications depuis quatre et cinq mois. Elle se plaint de douleurs dans la tête et dans les reins, douleurs continuelles, mais qui parfois s'exaspèrent au plus haut point et s'accompagnent alors d'élourdissements, de vertiges et d'une sensation de défaillance, sans qu'il y ait eu toutefois une seule attaque convulsive depuis l'accident. Elle dort peu et très mal, étant souvent réveillée par des cauchemars et des douleurs de tête. Elle a des troubles delà circulation qui se manifestent par des palpitations de cœur (que nous avons constatées), par des bouffées de chaleur suivies d'un refroidissement glacial. Les digestions sont lentes et pénibles, accompagnées de ballonnement et d'oppression. A cela se joignent quelques troubles psychiques. La mémoire est affaiblie ; la malade oublie à tout moment ce qu'elle vient de faire ; elle est devenue irascible, très émolionnable, mécontente de tout, incapable de rester quelque temps en place. Sa conversation reflète cet état mental; elle est d'une volubilité extraordinaire, et l'exubérance des gestes égale celle des paroles.
Pas de troubles sensoriels, pas d'anesthésie ; hypéreslhésie de presque toute la région rachidienne.
ÉTIOLOGIE.
Dans les deux observations suivantes, l'hystérie ne paraît pas non plus avoir imprimé d'une façon incontestable sa marque aux troubles nerveux développés à la suite d'accident.
Observation XXIX. — Accident de chemin de fer. Hystérie antérieure. Maux de tête, insomnie, émotivité extrême, accès d'angoisse, tremblement. Irrégularité du pouls.
La dame D..., 33 ans, couturière, a toujours été nerveuse, et ^aurait eu quelques rares attaques de nerfs. Elle se trouvait dans un des trains tamponnés à Saint-Mandé ; elle a été violemment secouée, mais n'a reçu que quelques contusions.
Elle n'a pas perdu connaissance au moment de l'accident. Mais depuis lors (examen 20 jours après), elle a constamment un tremblement ou plutôt une vibration analogue à celle du goitre •exophtalmique, qui à certains moments devient beaucoup plus ample aux mains, aux muscles du visage. Elle est dans un état perpétuel d'émotion ; les bruits, la vue du mouvement lui sont insupportables et lui arrachent des larmes. Elle est obligée de se •confiner dans sa chambre, où elle reste à peu près oisive ; elle ne peut ni coudre, ni lire, ni supporter une conversation un peu prolongée, parce qu'alors elle est prise de maux de tête, puis d'angoisse et d'un malaise extrêmement pénible qu'elle ne peut définir. Elle dort très mal. La langue est chargée. Le pouls est faible et irrégulier.
Il n'y a pas eu d'attaque convulsive ni de perte de connaissance depuis l'accident. La sensibilité cutanée paraît normale.
Observation XXX. — Accident de chemin de fer. Hystérie antérieure. Maux de tête, étourdissements ; insomnie. Évanouissements.
La dame R..., 20 ans, reconnaît qu'elle a toujours été nerveuse et sujette aux attaques de nerfs. Dans un accident de chemin de fer, elle a reçu au côté droit du front une plaie contuse, longue de 2 centimètres, ayant divisé toute l'épaisseur de la peau.
Immédiatement après l'accident, elle a perdu connaissance pendant quelques minutes. Depuis lors (3 semaines après) elle s'évanouit deux ou trois fois par jour, sous l'influence de la moindre fatigue ou de la moindre émotion ; mais elle n'a pas eu une seule attaque convulsive.
Elle se plaint d'insomnie, de maux de tête et d'élourdissements; elle ne peut ni lire ni écrire, parce que tout effort d'attention la fatigue et occasionne un évanouissement.