ÉT10L0GIE
pimétrie). Pas de paralysie, pas de tremblement, de contracture; réflexes normaux. La miction et la défécation se font bien.
En somme, on peut dire qu'une contusion violente agissant uniquement sur le crâne provoque souvent la névrose traumalique, associée ou non à d'autres symptômes qui n'appartiennent pas en propre à cette affection. D'autre part, on trouve en lisant les observations de névrose traumatique qui ont été publiées par les divers auteurs, qu'un grand nombre de cas concernent des individus qui ont reçu, entre autres blessures, et souvent comme principales blessures, des contusions à la tête et au rachis. Il est certain qu'il y a eu un ébranlement physique, une commotion des centres nerveux chez tous ces individus, qui figurent dans une forte proportion parmi les cas de névrose traumatique.
Je crois que les autres, ceux qui n'ont pas reçu de blessures directement à la tête, ont également subi, pour la plupart, une commotion soit de l'encéphale, soit du rachis, soit de tout le système nerveux. Cette hypothèse me paraît nécessaire pour expliquer le fait que la névrose traumatique se développe à peu près exclusivement chez une catégorie bien spéciale de blessés, à savoir ceux qui ont subi un accident de chemin de fer ou de voiture, qui sont tombés de haut, qui ont été atteints par la chute d'un corps pesant, qui ont été victimes d'une explosion, d'un éboulement, etc. Il semble bien en effet que le caractère commun à tous ces traumatismes, c'est de produire, outre des blessures localisées, un ébranlement général de tout le corps, et notamment du système nerveux.
Il est d'ailleurs des cas où l'on peut acquérir la preuve que cet ébranlement s'est réellement produit; ce sont ceux où il a été assez violent pour occasionner des le'sions matérielles de certains organes. On voit quelquefois en effet des hémoptysies, des hématémèses abondantes survenir immédiatement ou très peu de temps après un des accidents en question, chez des individus qui affirment n'avoir pas reçu de blessures à la poitrine ou à l'abdomen, et qui en effet n'en portent pas de traces.
Le système nerveux, et notamment l'encéphale, participe dans une mesure plus ou moins grande suivant les cas, à cet ébranlement du corps. La preuve en est que quand l'ébranlement a été très violent, par exemple chez les individus qui se tuent en tombant d'une grande hauteur, il n'est pas très rare de trouver à l'autopsie des contusions multiples du cerveau, sans aucune lésion du crâne et de ses enveloppes.
Il est inutile d'insister sur ce point. La commotion cérébrale, produite par le mécanisme en question, est admise depuis longtemps et décrite dans tous les traités de pathologie chirurgicale. Seulement la conception classique de la commotion cérébrale n'est pas complète, je crois, si on ne lui attribue comme effets qu'un coma plus ou moins persistant, suivi de quelques troubles passagers des fonctions cérébrales. Il conviendrait, à mon avis, d'élargir cette notion, et de dire que la commotion, l'ébranlement physique de l'encéphale ou, plus généralement, du système nerveux, peut déterminer, avec ou sans grands phénomènes immédiats,