MONTFORT
Au nom de N. S. J. C. et Tan de son Incarnation 1214, le 7 des ides de novembre. Qu'il soit connu que moi, Henri, comte de Rodez, ayant foi en votre loyauté envers tous, Monseigneur Simon, par la grâce de Dieu, comte de Leycestre, seigneur de Montfort, et par sa sagesse divine, vicomte de Béziers et de Carcassonne, de vous, je reprends en fief les comtés de Rouergue et Rodez , la vicomte de Cambolas, et l'abbaye qui en dépend, ainsi que tout le pays que je possède en deçà du Lot, sans toutefois préjudice des droits de N. S. P. le pape sur Montrosier, de ceux de l'église du Puy sur le château de Ségur, et sauf aussi les droits qu'a l'évêque de Rodez sur la monnaie et les châteaux de Loupiac et de Combret. Je déclare pour ledit fief vous faire hommage, vous prêtant, la main sur les saints évangiles, serment de fidélité, ainsi qu'à monseigneur Amauri, votre fils premier-né. Je déclare encore pour moi et mes héritiers que, soit en guerre, soit en paix, en querelle ou en repos, je suis tenu, aussitôt que j'en aurai été requis, de rendre le fief susdit à vous ou à vos héritiers; et vous et eux, à moi et aux miens, le restituerez sans dommage, ni pour eux, ni pour moi , comme vous le devez en bon maître. Je m'engage, en outre, au sujet du domaine dit en commençant, a faire la guerre pour vous et vos successeurs, à tel homme qu'il
504 LA NOBLESSE DE Fit ANGE
vous plaira. Et si, d'aventure, j'avais été requis par Votre Grâce pour faire la guerre, et que je ne la fisse pas, je suis tenu de vous rendre ledit fief, comme il est dit précédemment.
Et nous, Simon, comte de Leyceslre, à vous, Henri, comte de Rodez, et à vos héritiers, concédons en fief toute la contrée ci-dessus dite, sous la réserve du service que, pour elle, vous nous devez à nous et à nos héritiers ; et nous reconnaissons que cette contrée déjà citée, ou la part que vous en aurez remise à nous et à eux, devra être restituée à vous et aux vôtres intégralement comme nous l'aurons occupée ; nous engageant pour nous et nos héritiers, envers vous et les vôtres, à n'acquérir en aucune manière de vos vassaux, le fief dont nous serions détenteur, sans votre aveu; et, de plus, s'il vous était nécessaire de maintenir et défendre le fief susdit, ainsi que vos autres droits, durant le temps que vous et vos successeurs persévérerez dans votre fidélité, nous vous secourrons loyalement. En outre, s'il est quelque injustice que vous ayez faite à nous et aux nôtres, nous vous les pardonnons pleinement. Le service auquel vous êtes tenu envers nous pour le fief susdit sera le môme que celui auquel vous étiez engagé envers le comte de Toulouse.
Et nous concluons cet accord et convention avec le conseil et par l'entremise des très-vénérables pères évoques de Mende, de Castres, de Rodez, de Carcassonne et d'Albi, et de maître Thédise, chanoine de Gênes, etc. Fait à Rodez en chambre épiscopale, en présence de I). R., évoque d'Uzès; P. Garcie, archidiacre; B. M. de Montpellier; Gilhelm, archiprôtre de Conques; Pierre de Prades; maître W., chanoine de Rodez; W. Farcat, V. de Branieres, Pierre Arnauld, Raymond, doyen de Saint-Amans, W. de Modembourg, W. de la Mote, W. de Cracoville, Bernard de Caumont, Bernard de Cardaillac, Philippe de Goloin, Guillaume le Bègue de Caumont, G. de Mirabel, Bernard de Paris, Bernard de Provins, V. de Savignliac, Begon de Cambolas.