RÉARN, RELATIVES A LA CROISADE
Je veux que mon héritier dans la vicomte de Béarn envoie outre-mer cinq hommes de guerre béarnais, nés dans le pays môme, lesquels devront être choisis par les exécuteurs de mes volontés et resteront pendant un an outremer pour l'accomplissement du vœu que j'avais fait en prenant moi-môme la croix. Je veux que chacun d'eux reçoive trois mille sous morlans, et je ne veux pas que d'autres hommes de guerre soient choisis ou envoyés s'ils ne sont nés en Béaru. J'exige que ces dispositions et legs ne puissent être commués en d'autres usages ou assignés à d'autres personnes par le pape ou tout autre. S'il arrivait qu'on tentât de le faire, l'argent devrait être retiré, et je révoque, dans ce cas, et annulle formellement ledit legs. Si pourtant le legs ayant son exécution, le pape ou tout autre voulait et pouvait contraindre mes héritiers à remplir eux-mêmes en personne le vœu que j'avais fait, je veux que l'argent assigné auxdits hommes de guerre soit compté exactement pour l'accomplissement dudit vœu, de manière qu'alors il ne soit rien payé aux hommes de guerre précités. Je veux encore que si je vais moi-
même untre-mer, ledit legs se trouve annulé et considéré comme non avenu.
LETTRE DEBOHÉMOND,