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Ce n'est pas d'aujourd'hui que le mot bénéfice sonne agréablement à l'oreille. Ce terme a, dans le droit canon, une signification particulière ; il sert à désigner le revenu joint à un office ecclésiastique. Les bénéfices avaient, avant la Révolution, une très grande variété de formes. Depuis révoque, haut et puissant seigneur, jusqu'à l'humble congruiste de campagne ; depuis le grand prévôt de cathédrale jusqu'au plus petit prébende du chœur; depuis le brillant abbé commendalaire, roulant dans le monde en fastueux équipage, jusqu'au religieux inconnu, quelle multitude de tenanciers participant dans
une mesure inégale au fief de TEglise ! Évêchés, cures et vicairies ; cathédrales et collégiales; abbayes en commende et abbayes en règle; dans ces abbayes ou ces chapitres, les dignités, les prébendes, les offices claustraux; au-dessous déiâ simples chanoines, les officiers du bas chœur ; ailleurs, les chapitres nobles, pour chanoines et chanoinesses ; religieux rentes ou mendiants ; prieurés, chapelles, obits, prestimonies, etc.. , quelle variété infinie d'appellations, de bénéfîciers, de titres, et aussi,quelle multitude de ruisseaux, de rivières, parfois de fleuves, où circulait la fortune du clergé de France (1)!
Nous voudrions faire connaître les dispensateursdecesbiens,lefonctionnementde ces bénéfices. Il s'agit de dégager la situation d'une multi-
1. On distinguait les bénéfices séculiei^ et les bénéfices réguliers, lesquels devaient être possédés par des religieux. Les bénéfices séculiers se divisaient en bénéfices à charge d'àmes, tels que évêcliés,cures,etc., et en bénéfices simples qui n'imposaient pas charge d'âmes. Tandis qu'à l'origine il y avait des charges sans rétribution pécuniaire, soit des offices, on vitjpar la suite, àes rétributions pécuniaires sans charge d'àmes, où le bénéfice était tout et l'office presque rien. Tels étaient les chapelles, les obits, la plupart des prébendes et des prieurés.
lude innombrable d'ouvrages qui traitaient alors de la matière bénéficiale.^ Il n'est pas sans intérêt de produire une des pages les plus ignorées de notre histoire. Nous doutons que les lecteurs qui voudront bien nous suivre soient tentés de verser des pleurs sur une législation que la Révolution a emportée sans retour.
La part du roi dans la distribution des bénéfices.
A tout seigneur tout honneur. Sa Majesté le roi de France était le grand dispensateur des biçnç d'Église. Le concordat de François I^'' et de LéonX, en lui attribuant la collation d^s bénéfices consistoriaux(l),c'est-à-dire,desévêchés, des abbayes, sans conipter les prieurés et une foule de canonicats de cathédrale et de collégiale, avait placé dans ses mains la fortune du clergé de France.
1. On appelait bénéfices consistoriaux ceux dont les provisions passaient par le consistoire du pape,
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