‹ La normalienne en belles-lettres [microforme]Chapitre 1 sur 78 · LL · texte numérisé non relu

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Réflexions Préliminaires

No 1.—La portée de ce Manuel; utilité de ces formules ; No 2.— Nécessité de l’esthétique à l’école ;

N° 3.—Nature de l'esthétique à l’école ;

No 4.—Les pages littéraires à l’école ;

No 5.—Les belles pages ; leur nature.

1.—Les formules du beau. — L'objet de ce manuel. ‘‘L’esthétique, enseigne i Nouveau-Larousse, est cette branche des sciences j hilosophiques qui a pour objet le beau, c’est-à-dire a la fois la théorie du beau et la philosophie de l’art’’ — Nous n'’entrons pas dans ces profondeurs avec les Belles-Lettres de li Normalienne. Nous ne prétendons pas donner une esthétique transcendante où les manifestations du beuu par les arts divers sont doctement appréciées. Nous nous confinons à une esthétique d'initiation au beau littéraire ; c'est une connaissance et une pratique de formules ct de théories, tirées de classiques exemples, suffisantes à la maîtresse de la petite école pour créer les belles pages et en causer convenablement. -

Il en est qui crieront: ‘Encore des formules; encore des recettes littéraires.’”’ — Des recettes! Hé! j'y consens; mais cela est bien nécessaire. Les génies s’en passent admirablement, je le sais. Mais les simples talents, et c’est le très grand nombre à l’école et dans la vie, les simples talents ne doivent-ils pas suivre prudemment les traces des créateurs spontanés? M. Lanson affirme que ce genre d'étude aboutit à un savoir littéral sans vertu littéraire. Si les formules du beau n'étaient, chez les

normaliennes, qu'une science ‘‘logée au bout de leurs lèvres" comme parlait Montaigne, ces procédés, j'y consens, ne seraient plus qu’un impuissant mécanisme ; mais si les normaliennes comprennent, pratiquent, s'assimilent ces ‘‘Manières précises’' des grands Maîtres, ces formules contiennent une esthétique féconde. Les illustres auteurs du XVII: siècle avaient, ce me semble, pour principe de jeter leurs pensées personnelles dans les moules classiques des siècles de Périclès et d'Auguste, et ils nous ont légué des chefs-d'œuvre. Si les génies créatenrs se font des manières, comment serait-il inutile aux normaliennes de se les assimiler !

Après quelques années d'expérience, je me suis persuadé que les normaliennes profiteraient remarquablement de ce manuel. L'événement prouvera si je m'abuse. En tout cas, je laisse aller ce petit livre avec confiance. Si quelque érudit parcourt ce nanuel et se croit tenu de crier: ‘‘Plagiat’”, pour le dispenser de ce devoir, je déclare que tout ce que je dis de bon, je l’ai pillé quelque part, mais ce riche butin, je l'ai accommodé à mon goût, et ce mérite très modeste me suffit.

2.— Nécessité de l'esthétique à l’école. À l’homme. né pour s'éprendre du beau, il faut ou qu'il s’élève avec les jouissances d'art, ou qu'il descende et glisse bien bas avec la sensation vulgaire et même infâme. Si l’on veut faire sortir de l'école des hommes ‘‘bien élevés”, éclairons donc l'esprit des jeunes disciples de saines clartés ; formons leur cœur au vouloir chrétien; mais prenons garde aussi de cultiver de bonne heure leur faculté esthétique. ‘Dès l'enfance, écrit Schiller, entourez l’homme des plus belles formes intellectuelles ; enfermez-le dans les images de beauté parfaite.” — Cette préoccupation sera l'un des soins, l’un des bonheurs de l’institutrice. L'esthétique de celle-ci est incomplète, il est vrai :

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