‹ La normalienne en belles-lettres [microforme]Chapitre 14 sur 78 · LES PRINCIPAUX MOTS MAGIQUES · texte numérisé non relu

LES PRINCIPAUX MOTS MAGIQUES

56.—(a) Les belles métiphores. — Exemple: sur des enfants morts au berceau :

Boutons à peine éclos à l'arbre de la vie, Ils s’en allaient fleurir, Quand les anges de Dieu, pour orner la Patrie, Sont venus les cueillir.

(Sir A.-B. Rouraier.) (b) Les belles métonymies. Exemples :—la partie pour le tout. En parlant de son foyer A Désilets écrit :

Nous en ferons le joyeux nid Où chantera l’essaim béni Des yeux bleus autour de ma table.

Le contenant pour le contenu :

Mais la ferme est dans la détresse

Si l'érable ne pleure pas. (CHAPMAN.) L'abstrait pour le concret :

Et le feu des vrais héroïsmes

Pâlit devant les égoïsmes

D'un peuple au courage émoussé. (Jules TREMBLAY.)

(ce) Des comparaisons fraîches. Chapman écrit de Crémazie, notre poète national:

Comme en jets débordants, la sève dans l’érable, L'amour de ton pays coulait dans tes chansons.

57.—(d) De belles épithètes. Il n'avait pas tort celui qui donnait ce conseil aux écrivains : Aimez la phrase qui se tient debout par la seule force du substantif.

En vérité, l'épithète qui n’accroît pas l'effet de la pensée, du sentiment ou de l'image, est encombrante. Evitons cette verbosité insipide.

Mais l'épithète est belle et magique quand elle masque un substuntif ou moins noble, ou mal 80nore, où bien encore quand elle allume sur le nom qu'elle accompagne un éclat pittoresque ou psycho-

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